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Monde - Pédocriminalité

Les évêques de France reconnaissent « la responsabilité institutionnelle » de l’Église

« Cette responsabilité entraîne un devoir de justice et de réparation », précise le président de la Conférence des évêques de France.

Les évêques de France reconnaissent « la responsabilité institutionnelle » de l’Église

La Conférence des évêques de France lors d’une messe dans le sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes, le 2 novembre 2021. Valentine Chapuis/AFP

Les évêques de France ont pris tous ensemble la décision par un vote hier à Lourdes : ils reconnaissent officiellement la « responsabilité institutionnelle de l’Église » catholique dans les milliers d’abus sexuels commis avec une « dimension systémique » depuis 70 ans. Le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr Éric de Moulins-Beaufort, l’a annoncé lors d’une conférence de presse. « Cette responsabilité entraîne un devoir de justice et de réparation », a-t-il ajouté. En outre, l’ensemble de l’épiscopat reconnaissent que ces actes pédocriminels, dont l’ampleur a été mise au jour par le récent rapport « Sauvé », « ont été rendus possibles par un contexte général, des fonctionnements, des mentalités, des pratiques au sein de l’Église », a-t-il dit. En mars, les évêques avaient déjà annoncé que l’Église voulait « assumer sa responsabilité en demandant pardon pour ces crimes et pour ces défaillances ». À la lumière du rapport « Sauvé », elle le dit désormais « de manière plus forte, plus nette, plus catégorique », a insisté Mgr de Moulins-Beaufort.

La réunion des évêques, qui avait débuté mardi, doit se poursuivre jusqu’à lundi, et « c’est sur cette base commune que nous allons travailler » pour examiner les autres recommandations du rapport, a-t-il expliqué, sans préciser les implications financières de cette reconnaissance de responsabilité. L’épiscopat suit ainsi l’une des principales recommandations de la commission « Sauvé », qui proposait de reconnaître la responsabilité civile et sociale de l’Église « indépendamment de toute faute personnelle de ses responsables ».

Selon le rapport issu des travaux de cette commission, quelque 216 000 personnes de plus de 18 ans ont fait l’objet de violences ou d’agressions sexuelles, quand elles étaient mineures, de la part de prêtres, diacres, religieux ou religieuses depuis 1950. La commission estime par ailleurs à environ 3 000 le nombre de prédateurs impliqués en 70 ans. « Pour moi, c’est une première étape très importante. Maintenant, c’est vrai qu’on attend surtout ce qui va avoir lieu derrière, les votes et les décisions qui seront prises à l’issue de cette assemblée plénière », a réagi Olivier Savignac, du collectif de victimes Parler et revivre. François Devaux, cofondateur de l’association de victimes La parole libérée aujourd’hui dissoute, a salué une « première étape essentielle ». « Il faut finir d’éclaircir la reconnaissance de la responsabilité institutionnelle de l’Église pour les majeurs. Après, peut-être qu’il serait intéressant de parler réparation », a-t-il dit.

Quelle indemnisation ?

La commission « Sauvé » préconise également d’individualiser le calcul de l’indemnisation due à chaque personne victime en fonction des « préjudices subis ». Pour financer le fonds d’indemnisation, elle écarte la piste d’un appel aux dons des fidèles, préconisant de financer les indemnités versées aux victimes « à partir du patrimoine des agresseurs et de l’Église de France ». Une recommandation au sujet de laquelle la CEF s’est pour l’instant montrée réticente. En mars, l’épiscopat a en effet annoncé le versement aux victimes, à partir de 2022, d’une « contribution financière », mais qui n’est selon elle pas une indemnisation. Elle a en outre annoncé un « fonds de dotation » qui pourra être abondé par « les dons des évêques, des prêtres, des fidèles et de toute personne qui voudra y participer ».

Les modalités financières doivent être précisées « dans les prochains jours, les prochaines semaines », a expliqué hier le porte-parole de la CEF, Hugues de Woillemont. Selon lui, « aujourd’hui, l’Église s’est engagée à réparer et à contribuer financièrement à toutes les demandes; il n’y en pas une qui ne sera pas honorée ».

La réunion des évêques se déroule à huis clos. Cinq victimes avaient été entendues par les prélats mardi, mais aucun des collectifs et associations de victimes n’a fait le déplacement, déplorant que le rapport « Sauvé » ne soit pas le sujet unique de l’assemblée.

Source : AFP

Les évêques de France ont pris tous ensemble la décision par un vote hier à Lourdes : ils reconnaissent officiellement la « responsabilité institutionnelle de l’Église » catholique dans les milliers d’abus sexuels commis avec une « dimension systémique » depuis 70 ans. Le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr Éric de Moulins-Beaufort, l’a annoncé lors d’une conférence de presse. « Cette responsabilité entraîne un devoir de justice et de réparation », a-t-il ajouté. En outre, l’ensemble de l’épiscopat reconnaissent que ces actes pédocriminels, dont l’ampleur a été mise au jour par le récent rapport « Sauvé », « ont été rendus possibles par un contexte général, des fonctionnements, des mentalités, des pratiques au...
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