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Monde - Diplomatie

Pour le Kremlin, le pouvoir taliban doit tenir ses engagements pour être reconnu à l’international

Les premiers pourparlers internationaux se sont tenus hier à Moscou avec les nouveaux maîtres de l’Afghanistan, une réunion à laquelle ont participé une dizaine de pays dont la Chine, le Pakistan et l’Iran.

Pour le Kremlin, le pouvoir taliban doit tenir ses engagements pour être reconnu à l’international

Des membres de la délégation talibane lors des premiers pourparlers internationaux sur l’Afghanistan, hier à Moscou. Photo AFP

Les talibans doivent tenir leurs engagements en matière de respect des droits humains et de pluralisme politique pour pouvoir compter sur une reconnaissance de la communauté internationale, a déclaré hier l’émissaire du Kremlin pour l’Afghanistan. « Cela a été dit à la délégation afghane, ce moment n’interviendra que si elle commence à se tenir à la majeure partie des attentes de la communauté internationale concernant les droits de l’homme et le caractère inclusif » du régime, a déclaré Zamir Kaboulov à l’issue de pourparlers internationaux avec les talibans à Moscou. Les talibans « ont assuré travailler là-dessus » et indiquent « qu’ils sont en train de travailler sur l’amélioration de la gouvernance, sur l’amélioration des droits de l’homme. Nous verrons bien », a ajouté M. Kaboulov.

Il a indiqué que la dizaine de pays ayant participé aux pourparlers d’hier, notamment la Chine, l’Iran, le Pakistan et les pays d’Asie centrale, ont appelé l’ONU à organiser « une conférence internationale des donateurs » face au risque de crise humanitaire. La délégation talibane ne s’est pas exprimée dans l’immédiat après les annonces de M. Kaboulov. Au début des discussions à Moscou, le chef de cette délégation, le vice-Premier ministre Abdul Salam Hanafi, a cependant jugé que son gouvernement était « déjà inclusif ». « Nous n’avons pas besoin d’aide militaire étrangère, nous avons besoin de soutien pour la paix en Afghanistan, nous avons besoin de reconstruction, de rénovation », a-t-il encore dit en anglais.

Intégration accrue

Si la Russie a reconnu hier les efforts des talibans pour stabiliser l’Afghanistan, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a relevé que toute la région, zone d’influence russe, était menacée par la présence sur le terrain de groupes « terroristes » comme l’État islamique. « Nous reconnaissons les efforts entrepris pour stabiliser la situation politico-militaire », a dit le chef de la diplomatie russe en ouverture des pourparlers. Selon lui, « de nombreux groupes terroristes, en premier lieu l’État islamique et el-Qaëda, cherchent à profiter » de l’instabilité du pays qui se prolonge, malgré la prise de pouvoir des talibans en août dans la foulée du retrait américain. « Il existe un réel risque que les activités terroristes et le trafic de drogue (...) débordent sur le territoire des pays voisins », a-t-il relevé. « La région d’Asie centrale nous inquiète particulièrement », a souligné le diplomate, en référence aux ex-républiques soviétiques de la région qui constituent une zone d’influence traditionnelle de la Russie. Face à la délégation talibane conduite par le vice-Premier ministre Abdul Salam Hanafi et le ministre des Affaires étrangères Amir Khan Muttaqi, M. Lavrov a également appelé la communauté internationale à venir en aide aux Afghans.

Cette réunion témoigne de l’intégration accrue des talibans dans le jeu diplomatique, après les rencontres au Qatar avec les Occidentaux et en Turquie la semaine dernière. Le porte-parole taliban Zabihullah Mujahid a jugé d’ailleurs mardi que ces pourparlers renforçaient « la stature » du gouvernement afghan. Pour la Russie, les pourparlers doivent ancrer sa position de puissance régionale en quête de stabilité à travers l’Asie centrale. Elle veut donc que les talibans soient en mesure de stabiliser la situation politico-militaire et qu’ils forment un gouvernement « inclusif » rassemblant au-delà de leur mouvement afin de juguler ensemble l’action des groupes jihadistes.

Depuis leur retour éclair au pouvoir en août, les talibans sont confrontés à la menace de groupes plus radicaux qu’eux, en particulier aux attentats sanglants de l’État islamique-Khorassan (EI-K). Si la Russie a raillé le retrait humiliant d’Afghanistan des États-Unis, son grand rival géopolitique, elle craint de voir le chaos s’étendre sur son flanc sud, région stratégique riche en matières premières. Moscou a d’ailleurs multiplié ces derniers mois les manœuvres militaires à la frontière afghane avec ses alliés régionaux, renforçant aussi sa base au Tadjikistan. La Chine a elle aussi mené des exercices dans la région. Russes, Turcs, Iraniens, Européens, pays d’Asie centrale : tous ont par ailleurs à cœur d’éviter une crise de réfugiés. M. Lavrov a notamment relevé hier que des jihadistes pourraient « se cacher dans des flux migratoires ». Si les autorités russes parlent aux talibans, mouvement interdit en Russie depuis des années, elles ne comptent pas dans l’immédiat les reconnaître comme le gouvernement légitime de l’Afghanistan.

Source : AFP


Les talibans doivent tenir leurs engagements en matière de respect des droits humains et de pluralisme politique pour pouvoir compter sur une reconnaissance de la communauté internationale, a déclaré hier l’émissaire du Kremlin pour l’Afghanistan. « Cela a été dit à la délégation afghane, ce moment n’interviendra que si elle commence à se tenir à la majeure partie des...

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"ils "sont beaux,quand-même, non? le temps des criminels, notre temps.!

Marie Claude

09 h 56, le 21 octobre 2021

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Commentaires (1)

  • "ils "sont beaux,quand-même, non? le temps des criminels, notre temps.!

    Marie Claude

    09 h 56, le 21 octobre 2021

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