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Monde - Covid-19

Poutine met les Russes en congé et les exhorte au vaccin

Poutine met les Russes en congé et les exhorte au vaccin

Des médecins portant des équipements de protection individuelle travaillent dans l’unité de soins intensifs pour les patients atteints du Covid-19 à l’hôpital d’urgence Sklifosovsky, hier à Moscou. Dimitar Dilkoff/AFP

Le président Vladimir Poutine a ordonné hier une grosse semaine chômée début novembre en Russie et imploré les nombreux récalcitrants à se faire vacciner pour tenter de circonscrire une flambée épidémique de Covid-19 hors de contrôle. Signe de la gravité de la situation, le pays, qui est déjà le plus endeuillé en Europe, a enregistré hier un nouveau record de décès quotidiens dus au Covid-19, avec 1 028 morts, ainsi que 34 073 contaminations, selon les chiffres du gouvernement. La Russie est confrontée depuis juin à une flambée épidémique que les autorités ne parviennent pas à maîtriser, sous l’action combinée du variant Delta du virus, très contagieux, d’une vaccination poussive et de faibles restrictions sanitaires.

Pour tenter de mettre un coup d’arrêt à l’épidémie, M. Poutine a donc ordonné de déclarer la période du 30 octobre au 7 novembre comme chômée, une décision annoncée à l’issue d’une réunion gouvernementale consacrée au Covid-19. Le président russe a également donné la possibilité aux régions d’entamer plus tôt ou de prolonger la semaine de congé si la situation épidémique le justifie. Il a aussi exhorté les Russes, très récalcitrants, à se faire vacciner. « S’il vous plaît, soyez responsables, a-t-il dit, il n’y a que deux manières de sortir de cette période (d’épidémie) : soit en tombant malade, soit en se faisant vacciner. » Il a qualifié de « dangereux » le faible taux de vaccination en Russie.

Dans le passé, le président russe a plusieurs fois décrété des périodes de congés payés pour tenter de juguler l’épidémie. Annoncées pour une courte durée, ces périodes chômées ont parfois été étendues à de longues semaines. M. Poutine a toujours préféré cette mesure, destinée à limiter la circulation des gens et donc du virus, plutôt que de confiner la population, une restriction impopulaire qui risque de surcroît de freiner la fragile reprise économique. Néanmoins, le Kremlin, qui a jusque-là surtout laissé aux régions le soin de prendre leurs propres mesures sanitaires, semble se résoudre à agir face à la dégradation de la situation.

Vaccination à la traîne

La Russie a recensé à ce jour près de 230 000 morts du Covid-19, selon le bilan gouvernemental qui est largement sous-estimé, l’agence nationale de statistiques Rosstat ayant, elle, dénombré plus de 400 000 décès à la fin août. Devant ce constat, le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a annoncé mardi des « mesures urgentes » pour protéger les catégories les plus vulnérables, notamment les personnes âgées, alors que le nombre de cas graves augmente « de jour en jour ». Les autorités de Moscou ont ainsi ordonné la vaccination obligatoire de 80 % des employés des services publics, contre 60 % actuellement, d’ici au 1er janvier 2022, le confinement de tous les plus de 60 ans non vaccinés du 25 octobre au 25 février et le télétravail d’« au moins 30 % » du personnel des entreprises.

Pour nombre d’experts, la bataille contre le virus se joue sur le terrain de la vaccination, où la Russie, pourtant l’un des premiers pays à avoir développé un sérum contre le Covid-19, est à la traîne. Moins du tiers des quelque 144 millions de Russes sont complètement vaccinés, selon le site spécialisé Gogov qui établit un bilan quotidien, la majorité de la population restant sceptique vis-à-vis des vaccins développés localement. Selon des sondages indépendants, plus de la moitié des Russes ne comptent pas se faire vacciner.

Face à cette situation, le Kremlin semble perdre patience. Son porte-parole, Dmitri Peskov, a appelé mardi les Russes à être « plus responsables » au lieu de « blâmer l’État pour tout ». Il a néanmoins admis que les autorités n’avaient pas fait assez pour expliquer aux Russes que « la vaccination n’a pas d’alternative ».

Confrontées à la réticence vaccinale en dépit de la flambée de l’épidémie, certaines régions russes ont réintroduit l’obligation de présenter un passe sanitaire pour accéder à des lieux publics. Ainsi, Saint-Pétersbourg, la deuxième ville du pays, a annoncé lundi la mise en place d’un tel certificat à partir du 1er novembre pour accéder à des événements sportifs ou culturels réunissant plus de 40 personnes, et à partir du 1er décembre aux restaurants et aux magasins.

Source : AFP


Le président Vladimir Poutine a ordonné hier une grosse semaine chômée début novembre en Russie et imploré les nombreux récalcitrants à se faire vacciner pour tenter de circonscrire une flambée épidémique de Covid-19 hors de contrôle. Signe de la gravité de la situation, le pays, qui est déjà le plus endeuillé en Europe, a enregistré hier un nouveau record de décès quotidiens...

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