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Politique - Enquête sur l'explosion au port de Beyrouth

Rejet du recours de Khalil et Zeaïter contre le juge Bitar

Le magistrat en charge de l'investigation sur le drame du 4 août 2020 peut désormais reprendre le dossier en main après en avoir été provisoirement dessaisi une deuxième fois mardi.

Rejet du recours de Khalil et Zeaïter contre le juge Bitar

Un motard passant devant le port de Beyrouth, le 27 septembre 2021. Photo REUTERS/Mohamed Azakir

La première chambre de la Cour de cassation civile présidée par le juge Naji Eid a rejeté jeudi matin le dernier recours déposé contre le juge d'instruction près la Cour de Justice Tarek Bitar par les députés chiites Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaïter, tous deux poursuivis par le magistrat dans le cadre de l'enquête sur l'explosion meurtrière du 4 août 2020 au port de Beyrouth. 

Mardi, Tarek Bitar avait émis un mandat d'arrêt contre le député Ali Hassan Khalil, poursuivi dans cette affaire et qui avait refusé d'être auditionné. Peu après l'émission de ce mandat par contumace, le juge avait été une deuxième fois temporairement dessaisi de l'enquête, après avoir été notifié d'une nouvelle plainte déposée contre lui par M. Khalil et son collègue Ghazi Zeaïter, qui sont tous deux des anciens ministres et membres du mouvement Amal et poursuivis dans le cadre de l'instruction. Les élus avaient présenté un recours devant la Cour de cassation pour dessaisir le juge Bitar de l'enquête.

M. Khalil est le deuxième responsable visé par un mandat d'arrêt dans ce dossier, après l'ancien ministre des Transports et des Travaux publics Youssef Fenianos (Marada). Avec MM. Zeaïter, l'ancien ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk et l'ancien Premier ministre Hassane Diab, ainsi que plusieurs responsables sécuritaires et judiciaires, ils sont poursuivis pour "intention présumée d'homicide, négligence et manquements".

La magistrat Bitar devait normalement auditionner mardi M. Khalil et mercredi MM. Zeaïter et Nouhad Machnouk. Le timing de ces convocations est crucial, les députés pouvant bénéficier de leur immunité parlementaire seulement jusqu'au 19 octobre, date de la reprise de la session parlementaire ordinaire.

Le juge doit aussi convoquer Hassane Diab, le 28 octobre. L'ex-Premier ministre, malgré un mandat d'amener émis contre lui, avait quitté le territoire libanais en septembre pour un séjour familial aux États-Unis. Ce voyage a été perçu par de nombreux observateurs comme un prétexte pour ne pas se plier à la décision du juge d’instruction dont l’ex-Premier ministre conteste la compétence, appuyé en cela par des responsables politiques et religieux, notamment dans les milieux sunnites. Mais M. Diab est finalement rentré à Beyrouth mercredi soir.

Analyse

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Dans un document officiel obtenu par notre correspondante Hoda Chedid, la Cour de cassation a donc rejeté jeudi ce recours, ce qui fait que le juge Bitar peut désormais reprendre l'enquête. Entre autres raisons avancées, la Cour de cassation affirme que le juge Bitar n'est pas membre de cette juridiction et qu'elle n'est donc pas compétente pour le dessaisir.

Une intense campagne de pressions et d'intimidations a été lancée par les dirigeants du tandem chiite Hezbollah-Amal contre le magistrat, dans le but de le dessaisir de cette enquête. C'est dans ce contexte qu'une mobilisation dans la rue de partisans du tandem chiite a rapidement dégénéré. Car plusieurs responsables politiques, notamment des députés chiites gravitant dans l'orbite du Hezbollah et d'Amal, sont poursuivis par le juge Bitar, dans l'enquête sur l'explosion de centaines de tonnes de nitrate d'ammonium stockés dans le port depuis des années sans mesures de sécurité. Le drame avait fait plus de 200 morts, 6.500 blessés et détruit des quartiers entiers de la capitale.

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Mercredi, pour la deuxième fois en 48 heures, le tout nouveau gouvernement de Nagib Mikati a risqué l’implosion en raison de profonds désaccords sur l’enquête du port et le juge Bitar. Mardi, suite à une longue intervention du ministre de la Culture Mohammad Mortada sur la nécessité de prendre position en Conseil des ministres sur le dessaisissement du juge d’instruction, de profondes divisions sont apparues et la séance a dû être levée. Et hier, la réunion qui devait avoir lieu a été reportée par décision conjointe du chef de l’État Michel Aoun et du Premier ministre. Le ministre de la Justice, Henri Khoury, a été mandaté par le président de la République pour trouver une solution qui soit acceptable par tous, mais sans résultat pour le moment.


La première chambre de la Cour de cassation civile présidée par le juge Naji Eid a rejeté jeudi matin le dernier recours déposé contre le juge d'instruction près la Cour de Justice Tarek Bitar par les députés chiites Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaïter, tous deux poursuivis par le magistrat dans le cadre de l'enquête sur l'explosion meurtrière du 4 août 2020 au port de...

commentaires (9)

Excellent !!

Wow

18 h 21, le 14 octobre 2021

Tous les commentaires

Commentaires (9)

  • Excellent !!

    Wow

    18 h 21, le 14 octobre 2021

  • Bon on se calme, personnellement je pense à une 5eme colonne, pas sur des intentions de Amal, pour le Hezb, pas de doute, aucun intérêt à une implication sécuritaire interne. À voir les images, les snipers venu de l'est sont pas des amateurs du Dimanche....

    Eid Nasser

    17 h 04, le 14 octobre 2021

  • En 1975 la moitié des Libanais et la grande majorité des arabes soutenaient les armes illégales des palestiniens au Liban importées par l'ennemi assadien pour combattre le Liban à la place d'Israël, et malgré ça la résistance libanaise la vraie les a tenus en échec. En 2021 une petite minorité de Libanais soutient les armes illégales du Hezbollah, les autres libanais ainsi que l'immense majorité des arabes les haïssent, et qui croit que la vraie Résistance Libanaise ne les vaincra pas ? En tous cas ce jour du 14 octobre 2021 avec le rejet du deuxième recours contre le juge Bitar et les voyous du Hezbollah et de Amal qui ont été contraints de montrer leur vrai visage, est un jour où la justice libanaise a remporté une bataille décisive, qui prépare la vraie révolution libanaise qui chassera du pays l'axe safavide et ses suppôts locaux Mafia et Milice M&Ms, et le triomphe de la Résistance Libanaise.

    Citoyen libanais

    16 h 25, le 14 octobre 2021

  • Le temps des "oui mon général" est révolu ! Si le tandem Amal Hezbollah pense pouvoir continuer sur sa lancée, ils auront été prévenu tout au long des 10 dernières années. S'il veulent la paix et bâtir le pays ils trouveront la main qui leur a été tendu, sinon, ils retrouverons en face d'eux les FL et compagnie. Pour ceux qui craignent que nous soyons faibles devant le dit arsenal du Hezbollah, il leur faudra revoir leur copie d'histoire lorsqu'en 1975 nous avons dut nous battre avec des fusils de chasse pour chasser les palestiniens. Par après, malgré nos moyens limités, par apport a l’armée Syrienne, nous les avons bouté hors de nos régions et préservé le Liban Libre et souverain. Nous sommes prêt a le refaire si nécessaire, a bon entendeur salut.

    Pierre Hadjigeorgiou

    15 h 14, le 14 octobre 2021

  • Situation delicate pour le president qui ce calfeutre dans sont palais Est il toujours avec le partie de dieu OU le partie du droit

    Cyril Assouad

    12 h 33, le 14 octobre 2021

  • Bon gré mal gré, il existerait tout de même une justice immanente qui lierait une mauvaise action et sa sanction ... Les hezbollahis et leurs comparses, gouvernementaux chercheront une nouvelle fois de remettre le couvert, rien n'y fera la justice semble s'être réveillée.

    C…

    11 h 08, le 14 octobre 2021

  • Il est un peu rassurant de voir qu'il existe encore des magistrats intègres dans ce pays sous le joug de milices terroristes. Il est dommageable que Tony saliba et Abbas Ibrahim puissent échapper à la justice. Aussi je me demande laquelle solution "acceptable pour tous" le ministre de la justice va trouver. Sans doute un très mauvais compromis ...

    CAMAYOU

    11 h 03, le 14 octobre 2021

  • Le tandem chiite va encore usé de l’intimidation et de la terreur pour échapper à la justice. Corrompus et responsables de l’explosion du port, c’est maintenant quasiment certain étant donné tout le mal qu’ils se donnent pour dessaisir le juge Bitar. Ils vont lâcher leurs sbires dans les rues pour intimider le juge mais j’espère que le peuple ne laissera pas faire. La démocratie est remplacée par un régime de terreur mais tout régime de ce type sera victime de sa propre terreur. Robespierre et la révolution française…

    Karam Georges

    11 h 01, le 14 octobre 2021

  • Voilà pourquoi le président Michel Aoun a refusé l’enquête internationale. Non pas pour que la vérité soit diluée mais de crainte que la vérité ne soit divulguée au grand public. Moi, citoyen libanais ordinaire, accuse nominativement le Hezbollah d’être le propriétaire direct ou indirect du nitrate d’ammonium et ainsi le rend coupable intentionnellement ou non intentionnellement de l’explosion du 4 août qui est assimilée à un crime contre l’humanité. De ce fait, le secrétaire général du Hezbollah doit être immédiatement interpellé, mis en garde à vue et interrogé par le juge d’instruction. Je sais que je rêve debout en écrivant ces lignes mais ça soulage énormément

    Censuré par l’OLJ

    10 h 47, le 14 octobre 2021

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