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Lifestyle - Architecture

Un prix britannique récompense un projet lié au 4 août 2020

Le jeune architecte libanais Charbel Etel décroche le premier prix du Young Visionary Architecture Competition 2021 dans la catégorie Monument pour son projet conçu en hommage aux victimes.

Un prix britannique récompense un projet lié au 4 août 2020

À l’intérieur, un retour aux grands moments de l’histoire du Liban, notamment la guerre civile libanaise et la tragédie du 4 août 2020. Photo DR

Les résultats viennent d’être annoncés. Le projet Freedom’s Anchor – The Beirut Blast Memorial, conçu par Charbel Etel en hommage aux victimes de la double explosion au port de Beyrouth, le 4 août 2020, a remporté le prix du concours international Young Visionary Architecture Competition 2021, dans la catégorie Monument (YVAC 2021). Basé en Grande-Bretagne, l’YVAC implique des projets non construits et conçus par des jeunes diplômés du monde entier, dans le but de booster les talents cachés dans le domaine de l’architecture et du design, et de mettre en lumière les projets individuels. Diplômé d’un master en architecture de l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK), major de la promotion 2019 à l’unanimité du jury, et fondateur de la start-up Pilcrow Architects, Charbel Etel n’en est pas à son premier concours. Il avait participé à Unbuild the Wall – Nogalès, Mexique avec son projet The Wound et remporté la 2e place au People’s Choice Award (août 2017). De même, il a terminé demi-finaliste au concours étudiant de design CTBUH (Council on Tall Buildings & Urban Habitat) de Chicago, en août 2019). Aujourd’hui, il a voulu offrir un lieu de rassemblement à toutes les familles qui ont vécu la tragédie d’août 2020, et aux survivants traumatisés. À L’Orient-Le Jour, il dévoile en avant-première son monument Freedom’s Anchor – The Beirut Blast Memorial, (l’Ancre de la liberté – le mémorial de l’explosion de Beyrouth).

Le projet « Freedom’s Anchor-The Beirut Blast Memorial », conçu par Charbel Etel en hommage aux victimes de la double explosion au port de Beyrouth, en août 2020. Photo DR

L’heure de la réparation

L’ensemble du projet s’articule autour d’une structure inspirée de la forme d’une ancre. « Cet objet est symbole de stabilité », dit Etel. « Solidement amarrée au fond marin, l’ancre donne au bateau la stabilité dont il a besoin. Elle prend souvent dans ses représentations la signification de fidélité et d’espérance. Là, elle incarne notre foi pour la liberté et la lutte contre les avanies politiques et la corruption, qui a atteint son apogée à l’été 2020 », poursuit-il. « De plus, la mémoire collective touche de manière essentielle la question du principe de cohésion sociale. Il était donc nécessaire de la repenser en créant un processus de guérison qui s’étende au-delà de l’impact physique des événements, dans le conscient ou subconscient des Libanais. C’est dans ce contexte que l’Ancre de la liberté a commencé à prendre forme », ajoute le jeune architecte.

En clin d’œil aux silos à grains, le monument de forme cylindrique se dresse au milieu de la structure. Son sommet est entaillé par des bandes lumineuses diagonales qui symbolisent la puissance de l’explosion. « Tels des piercings, des matraques légères traversent le cylindre. Pendant la journée, ces massues apparaissent comme des éléments opaques, forts et sombres, pour rappeler des âmes perdues. » Et quand la nuit tombe, elles revêtent un habit de lumière, « elles s’illuminent, faisant revivre le souvenir des victimes innocentes », précise-t-il. Le nombre des matraques est égal à celui des victimes, plus un (212). « Pourquoi plus un ? Pour les “soldats inconnus”, les personnes qui ont perdu la vie ce jour-là et qui n’ont plus personne pour raconter leur histoire », ajoute le lauréat. Interrogé sur le lieu où il aimerait poser L’Ancre, Charbel Etel répond : « N’importe où, évidemment sur le littoral. »

Charbel Etel, lauréat de l’Award dans la catégorie Monument, du concours international Young Visionary Architecture 2021 (YVAC 2021). Photo DR

Événements et témoignages

Pour accéder au mémorial, aménagé sous l’esplanade, le visiteur traverse deux rampes le long desquelles s’élèvent les murs gravés des noms des victimes. Le bout du chemin aboutit à « un plan d’eau créant un sentiment de paix intérieure ». Éclairés par une série de patios qui permettent à la lumière naturelle de circuler à travers le projet, des espaces accueillent les différents éléments du programme. À savoir une salle d’exposition où les artistes partageront leurs œuvres inspirées des oublis et des erreurs des grands moments de l’histoire du Liban, notamment la guerre civile et la tragédie du 4 août 2020. De même qu’une zone d’animation vidéo, émaillée de témoignages.

Un autre espace, dit de « Réhabilitation et de Conciliation » offre deux sections. « L’une réservée à des activités psychosociales et à l’initiation du travail de la mémoire. L’autre dédiée à un centre de recherche pour évaluer les dommages urbains et architecturaux issus de l’explosion et des différentes crises qu’a traversé le pays. Ainsi, le mémorial fonctionne comme une entité permettant d’optimiser notre bien-être et par conséquent de reconstruire notre capitale qui s’étendra, un jour, au-delà du tissu urbain de Beyrouth », souligne encore l’architecte. Et d’ajouter :

« L’Ancre de la liberté nous rappellera qu’il y a des décisions à prendre et que celles-ci ont forcément un impact direct sur notre vie, notamment dans le maintien de la liberté. Une liberté irriguée par le sang des innocents de ce tragique 4 août. » À l’instar du jeune Charbel Etel, de nombreux architectes plaident en faveur d’un mémorial. « Ce serait une grave insulte de ne pas offrir aux familles des victimes, aux survivants et à l’ensemble du peuple libanais un lieu de mémoire et de recueillement digne de ce nom, qui rende justice et rende compte de l’ampleur et de l’enjeu de l’événement », avait souligné dans ces mêmes colonnes l’architecte Carlos Moubarak, auteur d’un projet de parc mémorial.

Toutefois, jusqu’à aujourd’hui, aucun acte officiel n’a été posé pour l’édification d’un monument.


Les résultats viennent d’être annoncés. Le projet Freedom’s Anchor – The Beirut Blast Memorial, conçu par Charbel Etel en hommage aux victimes de la double explosion au port de Beyrouth, le 4 août 2020, a remporté le prix du concours international Young Visionary Architecture Competition 2021, dans la catégorie Monument (YVAC 2021). Basé en Grande-Bretagne, l’YVAC implique des...

commentaires (3)

Le projet de Charbel Etel, trouvera sa réalisation un jour en mémoire des victimes, au même emplacement du hangar de la mort.

Esber

13 h 44, le 12 octobre 2021

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Commentaires (3)

  • Le projet de Charbel Etel, trouvera sa réalisation un jour en mémoire des victimes, au même emplacement du hangar de la mort.

    Esber

    13 h 44, le 12 octobre 2021

  • L'Ancre du salut de la stabilité et de la paix! Merci.

    Wlek Sanferlou

    13 h 31, le 12 octobre 2021

  • Il faut rendre hommage dans le monument aux aides venues du monde entier et surtout la France qui a été instantanément en mode soutien massif

    CBG

    12 h 28, le 12 octobre 2021

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