Après 37 matches consécutifs sans défaite, record pour une sélection nationale, l’Italie championne d’Europe est brutalement retombée sur terre face à une audacieuse Espagne en demi-finale de la Ligue des nations européenne de football (1-2). Marco Bertorello/Pool/AFP
Bonucci expulsé, Donnarumma hué, San Siro insuffisant... L’Italie, après trois ans sans défaite, a été brutalement ramenée sur terre mercredi soir à Milan par une audacieuse Espagne (1-2), qui jouera la finale de la Ligue des nations européenne de football. En prenant sa revanche après la cruelle élimination aux tirs au but à Wembley en demi-finale de l’Euro il y a trois mois, la Roja met fin à 37 matches sans défaite des champions d’Europe, le record pour une sélection nationale. « Ça devait arriver tôt ou tard. À choisir, c’est mieux ce soir qu’en finale de l’Euro », a estimé le sélectionneur italien Roberto Mancini.
Un doublé de Ferran Torres (17e minute, 45e minute+2) et l’exclusion du capitaine Leonardo Bonucci (42e minute) ont assommé l’Italie avant la pause. Le but tardif de Lorenzo Pellegrini (83e minute) n’aura suffi qu’à rallumer le volcan du stade San Siro sur les dernières minutes. Privé de nombreux titulaires de l’Euro, le sélectionneur espagnol Luis Enrique est allé chercher la finale avec son audace : il a lancé d’entrée le milieu du FC Barcelone Gavi, devenu à 17 ans le plus jeune joueur à porter le maillot de l’Espagne. L’ailier de Villarreal Yéremi Pino, 18 ans, a aussi eu droit à sa première titularisation. Bien encadré par les expérimentés Sergio Busquets et Koke, Gavi a affiché un sacré sang-froid face à Marco Verratti, son « idole », selon Luis Enrique. « Je savais qu’il pourrait apporter beaucoup de caractère et de personnalité malgré son jeune âge (...). Il est le futur de notre équipe nationale, mais aussi son présent », a souligné le sélectionneur de la Roja.
Donnarumma sifflé et fébrile
C’est finalement le capitaine azzurro Leonardo Bonucci qui a perdu ses nerfs : son carton jaune pour contestation (30e minute) a pesé lourd quand est arrivé le second pour un coup de coude aérien. L’Espagne a pris le large dans la foulée, plombant l’ambiance à San Siro, ce stade où la Nazionale a vécu l’un des pires moments de son histoire, privée du Mondial 2018 en barrages de qualification contre la Suède (0-0) en novembre 2017.
Jouer à domicile devant 37 000 spectateurs (maximum possible, avec une capacité toujours limitée à 50 % en Italie en raison des restrictions sanitaires dues à la pandémie de Covid-19) n’aura donc pas suffi. Gianluigi Donnarumma, ex-portier de l’AC Milan, aurait d’ailleurs préféré être bien loin du stade San Siro pour échapper aux sifflets qui lui sont tombés dessus de la part de tifosi rossoneri n’ayant pas pardonné son départ pour le Paris Saint-Germain. Le héros des « Nuits magiques » de l’Euro a essayé de ne pas réagir, mais il a affiché une fébrilité inhabituelle en relâchant un ballon a priori facile sur son poteau (19e minute). Donnarumma n’a en revanche rien à se reprocher sur les buts espagnols : Ferran Torres a signé deux reprises parfaites, au ras du poteau, sur des centres millimétrés de Mikel Oyarzabal. « C’est navrant, c’est l’Italie qui jouait, ce n’était pas un match de clubs. Je pense qu’on pouvait mettre ça de côté pour un soir », a regretté le sélectionneur Roberto Mancini, en conférence de presse d’après-match, au sujet de ces sifflets.
Sans son avant-centre Ciro Immobile (blessé), l’Italie a quand même tenté, mais n’a pas su concrétiser ses belles occasions à onze contre onze. Federico Bernardeschi, titularisé dans un poste de « faux numéro neuf », a vu son tir dévié sur le poteau par Unai Simon (34e minute), et Lorenzo Insigne a manqué la cible en position idéale (35e minute). À dix contre onze, la Nazionale a attaqué à deux, insuffisant malgré les entrées en jeu de Moise Kean et Pellegrini, auteur du but de l’espoir. L’Italie et Jorginho ne gagneront pas d’autre trophée en 2021. Mais Donnarumma ne sera pas mécontent d’aller jouer dimanche à Turin où aura lieu la « petite finale » contre le battu de la demi-finale France-Belgique qui s’est jouée hier soir.
Source : AFP


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