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Société - Manifestation

« Ils nous ont volés » : des déposants se mobilisent violemment à Beyrouth

Des sit-in ont été organisés devant l’ABL, la BDL et une branche de la Bank of Beirut dans le centre-ville, où des employés ont été enfermés par les protestataires.

« Ils nous ont volés » : des déposants se mobilisent violemment à Beyrouth

Des manifestants frappant avec des pierres sur la porte de la Bank of Beirut, rue Foch. Photo Mohammad Yassine

Quelques centaines de personnes ont manifesté hier devant les sièges de l’Association des banques du Liban (ABL), dans le centre-ville de Beyrouth, et de la Banque du Liban (BDL), à Hamra, ainsi que devant une agence de la Bank of Beirut située rue Foch, afin de réclamer la fin des restrictions illégales imposées par les banques sur leurs dépôts.

Des déposants en colère et des activistes s’en prennent régulièrement aux banques depuis le début de la crise socio-économique et financière que traverse le Liban depuis deux ans, alors que les établissements bancaires imposent des limites drastiques sur les retraits et transferts, en devises et en livres libanaises. Ces limites sont illégales, en l’absence d’une loi sur le contrôle des capitaux, étudiée par les autorités depuis des mois.

En début d’après-midi, des dizaines d’activistes ont commencé par encercler une agence de la Bank of Beirut située rue Foch, dans le centre-ville, enfermant employés et clients à l’intérieur de l’établissement, selon le témoignage d’une personne travaillant dans cette banque. Frappant avec des pierres sur les portes de la banque, recouvertes de plaques métalliques, les manifestants réclamaient de pouvoir récupérer leurs fonds. Selon les contestataires, le président de l’ABL, Salim Sfeir, également PDG de la Bank of Beirut, se trouvait à l’intérieur de l’établissement et cette mobilisation visait à l’empêcher de quitter les lieux. Des slogans « Voleur, voleur, Salim Sfeir est un voleur ! » étaient scandés à tue-tête.

« Rumeurs »

Aïda, qui habite au Liban-Sud, participait à ce sit-in « pour faire quelque chose en vue de récupérer l’argent des gens, au lieu de rester à la maison, devant la télé », a-t-elle confié à notre journaliste Lyana Alameddine. « Mon père a travaillé pendant cinquante ans en Afrique pour assurer notre futur, mais tout son argent est bloqué, on ne nous le donne qu’au compte-gouttes », a-t-elle critiqué. « Ils nous ont volés », criait de son côté l’un des organisateurs de cette mobilisation, se disant prêt à manifester « tous les jours » pour récupérer ses droits. « Nous sommes venus chez Salim Sfeir pour réclamer notre argent », s’époumonait pour sa part Souad, 79 ans, avant d’accuser tous les responsables libanais d’être des « voleurs », tandis que certains manifestants lancaient des projectiles en direction du bâtiment.

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Selon notre journaliste sur place, des manifestants auraient aperçu Salim Sfeir quitter son bureau. Certains auraient alors essayé de le poursuivre et ce mouvement de foule a provoqué des tensions avec les militaires déployés sur les lieux.

Dans un communiqué, l’association « Le cri des déposants », qui a appelé à cette mobilisation, a déploré les « rumeurs » véhiculées dans les médias concernant leur sit-in, démentant avoir « pris en otage » des employés de banque et être arrivés sur les lieux avec des cocktails Molotov.

Sit-in devant la BDL

Parallèlement, des manifestants se sont rassemblés devant le siège de la BDL dans le quartier de Hamra afin de réclamer l’accès à leurs dépôts en devises et la fin des restrictions bancaires, a rapporté notre publication sœur en anglais, L’Orient Today. Les forces de sécurité ont été déployées en nombre sur les lieux.

Prenant la parole lors de ce sit-in, un représentant de l’Association des déposants a promis que cette organisation « continuera à paralyser le secteur bancaire jusqu’à ce que les fonds soient rendus aux déposants ». « N’attendez rien de la part de vos députés, ils font tous partie de la classe politique corrompue qui a participé au vol des dépôts », a ajouté ce protestataire, qui a appelé les Libanais à ne pas les réélire lors du scrutin législatif du printemps 2022. Il a encore annoncé que l’association organiserait des mobilisations « devant les maisons des responsables ». S’adressant aux employés de banques, il a affirmé savoir qu’ils n’ont « aucune responsabilité » dans les mesures imposées mais qu’il leur était « interdit de se rendre sur leur lieu de travail ».


Des manifestants contre la visite du chef de la diplomatie iranienne lors d’un rassemblement sur la place Sassine à Achrafieh. Photo Mohammad Yassine

Manifestation place Sassine contre la visite du chef de la diplomatie iranienne

Des dizaines de manifestants ont effectué hier une marche entre la place Sassine à Achrafieh et le siège du ministère des Affaires étrangères, situé quelques centaines de mètres plus loin, afin de protester contre la visite au Liban du chef de la diplomatie iranienne, Hossein Amir Abdollahian. Celui-ci était attendu le soir même à Beyrouth, où il doit s’entretenir aujourd’hui avec les responsables libanais et des factions palestiniennes.

Drapeaux libanais à la main, ainsi que des pancartes fustigeant le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, les protestataires sont venus dire « non à l’occupation iranienne » et « Iran dehors », selon notre journaliste sur place Mohammad Yassine.

« Nous sommes venus sous le slogan de la résistance libanaise et notre objectif est de libérer le Liban de l’occupation iranienne », affirme Régina, une avocate. « Vous détruisez le pays pour pouvoir faire du Liban une province du Velayet-e Faqih », dénonce Grace, une autre manifestante.


Quelques centaines de personnes ont manifesté hier devant les sièges de l’Association des banques du Liban (ABL), dans le centre-ville de Beyrouth, et de la Banque du Liban (BDL), à Hamra, ainsi que devant une agence de la Bank of Beirut située rue Foch, afin de réclamer la fin des restrictions illégales imposées par les banques sur leurs dépôts.Des déposants en colère et des...

commentaires (5)

Pendant ce temps le directeur de la banque centrale se la coule douce....alors que sa place et en prison c'est a ne RIEN comprendre pfffff....

Derwiche Ghaleb

13 h 58, le 07 octobre 2021

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Commentaires (5)

  • Pendant ce temps le directeur de la banque centrale se la coule douce....alors que sa place et en prison c'est a ne RIEN comprendre pfffff....

    Derwiche Ghaleb

    13 h 58, le 07 octobre 2021

  • "Système de Ponzi"; Madoff n'aurait pas mieux fait !

    Emile Antonios

    13 h 06, le 07 octobre 2021

  • Et pendant ce temps les ministres fraîchement nommés sont aux ordres des vendus et prennent leur temps pour fixer un RV avec le FMI après avoir accepté d’embaucher un audit qui ne fera pas long feu comme celui d’avant tout en empochant des sommes astronomiques pour un travail qu’on lui aurait refusé d’accomplir. Ils se montrent peu regardants sur les sommes gaspillées comme à leur habitude puisqu’il s’agit de l’argent des contribuables et ne leur coûte pas un centime de leur poche. Alors que le peuple crève n’est pas leur problème tant qu’il dispose du pays et de ses citoyens ils ne lésineront sur aucun projet foireux pour achever le pays

    Sissi zayyat

    11 h 19, le 07 octobre 2021

  • Il ne faut pas avoir peur des mots: il faut appeler un chat un chat: les banques ont en effet volé les fonds des déposants puisque cela fait 2 ans qu'ils retiennent ces fonds de façon complètement illégale, sans vouloir se déclarer en cessation de paiements, c'est-à-dire en faillite, donc en poursuivant leurs activités afin de continuer les opérations d'arnaque du déposant via la circulaire 151 et pour continuer à faire d'énormes bénéfices en jonglant entre les 4 ou 5 différents taux de change du dollar en vigueur au Liban. Une conspiration du silence leur permet de poursuivre impunément ce hold-up du siècle.

    Georges Airut

    06 h 12, le 07 octobre 2021

  • La BDL et les crapules bancaires sont en train d'appliquer illegalement avec les multiples taux de change un "haircut" effectif de 80% sur les depots. En deux ans de crise, Il ne s'est pas trouve un seul banquier, PAS UN SEUL, pour annoncer avoir mis en place un plan de redressement de sa banque visant a rembourser (meme partiellement, meme a terme) ses deposants. Crapules, voleurs....

    Michel Trad

    01 h 18, le 07 octobre 2021

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