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Moyen-Orient - Diplomatie

Entretien téléphonique Assad-Abdallah II, le premier en 10 ans

Une normalisation entre les deux pays constitue une aubaine pour le régime syrien.


Entretien téléphonique Assad-Abdallah II, le premier en 10 ans

Le roi Abdallah II de Jordanie (g.) et le président syrien Bachar el-Assad. Photos d’archives AFP

Le roi de Jordanie Abdallah II s’est entretenu hier au téléphone avec le président syrien Bachar el-Assad pour la première fois depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, a annoncé le palais royal. « Le roi Abdallah II a reçu dimanche un appel téléphonique de la part du président Assad », indique un communiqué du palais. Les deux hommes ont discuté « des relations entre les deux pays frères et des moyens de les renforcer », ajoute le texte. Abdallah II a assuré M. Assad « du soutien de la Jordanie aux efforts visant à préserver la souveraineté, la stabilité et l’unité territoriale de la Syrie », est-il précisé.

« Il semble que la Jordanie soit à l’avant-garde des pays qui veulent relancer leurs relations avec Damas », a affirmé un analyste politique à Damas sous couvert d’anonymat, soulignant que l’appel représentait « un nouveau chapitre » dans les relations entre les deux pays.

Ces dernières semaines, le rapprochement s’est accéléré entre les deux pays. Plusieurs rencontres entre responsables syriens et jordaniens se sont déroulées. Une réunion ministérielle de deux jours à Amman a ainsi eu lieu, au cours de laquelle les délégations des pays auraient discuté de sujets sécuritaires, mais aussi économiques, comme par exemple d’une possible levée des barrières tarifaires.

Mercredi dernier, les autorités jordaniennes ont rouvert le point de passage de Jaber-Nassib, à la frontière syrienne, après deux mois de fermeture. Les deux pays ont également procédé à une levée des restrictions de déplacement en place dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Le poste-frontière de Jaber-Nassib a d’ailleurs connu plusieurs épisodes d’ouvertures et de fermetures à cause notamment de l’instabilité due aux combats coté syrien. La reprise totale de la région de Deraa (Sud) par les forces loyalistes syriennes début septembre semble avoir convaincu Amman d’envisager la réouverture du poste-frontière de Jaber-Nassib, alors que la Jordanie voit d’un mauvais œil la présence de milices affiliées à l’Iran à sa frontière nord. Le royaume hachémite avait en outre annoncé la semaine dernière la reprise prochaine des vols directs en direction de Damas.La Jordanie est l’un des rares pays arabes à avoir gardé des relations avec la Syrie depuis le début de la guerre dans ce pays en 2011. Et dernièrement, Amman œuvre d’arrache-pied pour se rapprocher de Damas et réintégrer le régime de Bachar el-Assad sur la scène régionale et arabe.

Lors de la rencontre entre le président américain Joe Biden et le roi Abdallah à Washington en juillet dernier, ce dernier aurait abordé entre autres sujets la question d’une levée des sanctions adoptées dans le cadre de la loi César. Le rapprochement avec la Syrie aurait également été au cœur des discussions entre le souverain jordanien et le président russe Vladimir Poutine, parrain du régime syrien, lors de leur rencontre le 23 août dernier.

Ces efforts auraient ainsi permis la rencontre tripartite qui a eu lieu en septembre à Amman entre les délégations libanaise, syrienne et égyptienne afin d’établir un plan de travail et un calendrier pour l’acheminement vers le Liban de gaz et d’électricité via la Syrie.

L’initiative jordanienne fait, semble-t-il, partie d’une stratégie politique, dépassant le simple cadre économique du projet, et ce suite au feu vert reçu de Washington et permettant à la Jordanie de lancer cette initiative.

La guerre en Syrie, qui a commencé en 2011, puis la crise liée au coronavirus ont lourdement affecté les liens commerciaux entre les deux pays. Or, Amman espère restaurer les niveaux de commerce d’avant la guerre. L’enjeu est de taille pour la Jordanie, son économie étant en partie dépendante de son commerce avec la Syrie. Le pays a subi de plein fouet la crise syrienne. La Jordanie accueille quelque 650 000 réfugiés syriens qui sont enregistrés auprès du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, mais Amman affirme avoir reçu environ 1,3 million de déplacés. Sans oublier les retombées négatives sur l’économie nationale, engendrant une double crise économique et sociale.

Ce rapprochement constitue par ailleurs une aubaine pour le régime syrien mis au ban de la communauté internationale et isolé sur la scène régionale depuis sa répression sanglante du soulèvement populaire de 2011. Pour Bachar el-Assad, normaliser ses relations avec la Jordanie est un gain politique et diplomatique majeur. Ce sera une brèche par laquelle il pourrait briser son isolement arabe. Le projet de gazoduc passant par la Syrie pourrait aussi lui rapporter des gains financiers, alors que la situation économique en Syrie empire de jour en jour.


Le roi de Jordanie Abdallah II s’est entretenu hier au téléphone avec le président syrien Bachar el-Assad pour la première fois depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, a annoncé le palais royal. « Le roi Abdallah II a reçu dimanche un appel téléphonique de la part du président Assad », indique un communiqué du palais. Les deux hommes ont discuté « des...

commentaires (1)

L'ouverture du poste-frontière de Jaber-Nassib entre la Syrie et la Jordanie doit être aussi une aubaine pour l'agriculture libanaise car ce passage constitue le seul débouché (moins coûteux))pour les produits agricoles libanais en direction des autres pays,et particulièrement les pays du Golfe. Le nouveau ministre de l'Agriculture est,sans aucun doute, conscient de l'importance de ce projet. M.Z

ZEDANE Mounir

01 h 26, le 04 octobre 2021

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Commentaires (1)

  • L'ouverture du poste-frontière de Jaber-Nassib entre la Syrie et la Jordanie doit être aussi une aubaine pour l'agriculture libanaise car ce passage constitue le seul débouché (moins coûteux))pour les produits agricoles libanais en direction des autres pays,et particulièrement les pays du Golfe. Le nouveau ministre de l'Agriculture est,sans aucun doute, conscient de l'importance de ce projet. M.Z

    ZEDANE Mounir

    01 h 26, le 04 octobre 2021

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