Le chef du groupe parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, à Aïn el-Tiné. Photo Hassan Ibrahim/Parlement libanais
Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a estimé jeudi que la guerre menée par Israël contre sa formation avait « échoué », tout en invitant le gouvernement libanais à lire « avec précision et objectivité » l’accord conclu entre l’Iran et les États-Unis, qui prévoit, selon lui, « un délai de 60 jours » pour un retrait israélien complet du Liban-Sud.
« La guerre menée par l'ennemi pour anéantir la 'résistance' au Liban a échoué et n'atteindra pas ses objectifs », a écrit le député chiite dans un communiqué, estimant que l'accord signé entre Washington et Téhéran prévoit un retrait de l'armée israélienne du Liban-Sud, qui y occupe plusieurs dizaines de villages sur plus de 600 km².
« J’attire l’attention des autorités sur le fait que le délai accordé à l’ennemi pour se retirer complètement du territoire libanais est strictement de deux mois. Durant cette période, il doit respecter de manière rigoureuse un cessez-le-feu total sur les plans terrestre, maritime et aérien, et se préparer puis entamer son retrait dans un délai de soixante jours, sans qu’aucune négociation directe avec lui ne soit nécessaire », a-t-il avancé. Et d'ajouter : « J’appelle également les autorités à ne pas sous-estimer la capacité de l’Iran à honorer son engagement de dissuader l’ennemi sioniste si celui-ci persistait à violer les dispositions de l’accord qui le concernent ».
Le député du parti-milice se réfèrait au premier point du protocole d'accord, qui stipule une « cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban ». Un « délai maximal de 60 jours » est également prévu au troisième point pour conclure un accord final entre les États-Unis et l'Iran, « pouvant être prorogé d’un commun accord ».
M. Raad a par ailleurs appelé les autorités libanaises à « adopter un cadre pour des négociations indirectes » avec Israël, à quelques jours d'une nouvelle session de pourparlers directs — rejetés par le Hezbollah — entre les deux pays, prévue la semaine prochaine à Washington. Il a également estimé qu’au-delà de ce cadre, les autorités libanaises pourraient, « après un accord national conforme aux procédures constitutionnelles », « adopter la formule de négociations indirectes avec l’ennemi afin de réactiver l’accord d’armistice », conclu entre le Liban et Israël en 1949.
Mais alors que l'arrêt des hostilités et le retrait israélien du Liban-Sud sont au cœur de discussions entre les Israéliens et l'administration Trump, l'armée israélienne a officialisé jeudi dans une nouvelle carte ses avancées hors de la « zone tampon » initialement délimitée mi-avril, sur le littoral, dans le secteur central et la région de Nabatiyé.

