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Culture - Festival

Le cinéma pour porter haut et fort la voix de la jeunesse libanaise

La seconde édition du Festival du film libanais de France (FFLF) se tient dès ce soir et jusqu’au 3 octobre à Paris, et comprend un large programme de films et débats, ainsi qu’une compétition de courts-métrages.

Le cinéma pour porter haut et fort la voix de la jeunesse libanaise

Sarah Hajjar, présidente du FFLF.

Aujourd’hui plus que jamais, le Liban a besoin de montrer et de partager sa production cinématographique. Et surtout, les Libanais ont besoin de rêver et de se libérer. Dans sa seconde édition, du 30 septembre au 3 octobre, le Festival du film libanais de France (FFLF) a défié le contexte sanitaire contraignant en opposant à la situation incertaine du pays une certitude : l’art peut toujours porter haut et fort les voix des artistes libanais, et en particulier des cinéastes.


L’affiche du Festival du film libanais de France 2021.

Fondé à Paris en 2019, le FFLF a un double objectif. D’une part, montrer toute la richesse et la diversité du cinéma libanais en rendant accessible au grand public une large palette de créations, de la fiction au documentaire, en passant par les essais et le film expérimental, que ce soit à travers de longs ou de courts-métrages. D’autre part, le festival ambitionne de tisser des liens entre les professionnels du secteur, de donner aux films libanais une possibilité supplémentaire d’être repérés et d’être diffusés ailleurs en France et en Europe. Il envisage également de se développer dans les régions françaises sur le long terme. « Dès lors que le festival a commencé à émerger, confie Sarah Hajjar, directrice et fondatrice de cet évènement, il a été assez rapidement repéré par les cinéastes et les professionnels du milieu qui ont été très encourageants ; il y avait une réelle attente de la part à la fois du public et des cinéastes. »


Au programme du Festival du film libanais de France 2021, quatorze courts-métrages d’étudiants en compétition, mais aussi une sélection de films de cinéastes confirmés. Photos DR

Hajjar s’estime ravie des « passerelles qui sont créées avec d’autres festivals européens, notamment le Festival du film arabe de Fameck et le Festival international du film oriental de Genève qui nous ont tous deux rejoints en tant que partenaires cette année. Nous poursuivons également cette année le partenariat avec le Lebanese Film Festival de Beyrouth, le Festival du film libanais du Canada et celui de l’Australie, ce qui nous permet de continuer de consolider le réseau, de se nourrir mutuellement les uns les autres dans le même objectif commun : la promotion du cinéma libanais partout dans le monde ».Concernant sa programmation, bien qu’axé sur la création actuelle, le festival ne manque pas de faire découvrir ou redécouvrir des classiques de son cinéma à travers des films qui ont marqué l’histoire du cinéma libanais.


Au programme du Festival du film libanais de France 2021, quatorze courts-métrages d’étudiants en compétition, mais aussi une sélection de films de cinéastes confirmés. Photos DR

Les courts-métrages en compétition

Pour la directrice du festival, la première édition avait tout pour être reportée. « Créé début 2019 pour une première édition en 2020, rappelle-t-elle, le projet a été soumis à rude épreuve avec la crise sociale et politique sans précédent au Liban, la pandémie mondiale ou encore l’explosion de Beyrouth le 4 août 2020. En dépit de toutes les difficultés, notamment matérielles, le festival a bénéficié de la solidarité d’un grand nombre de figures du cinéma libanais – comme Philippe Aractingi, Danielle Arbid, Christine Choueiri ou encore Jimmy Keyrouz –, de nombreux partenaires, sans oublier le soutien précieux de la diaspora libanaise en France. » La première édition a ainsi pu voir le jour comme prévu du 7 au 11 octobre 2020 à l’Institut du monde arabe et au Lincoln en rassemblant plus de 700 spectateurs, et cela en pleine pandémie mondiale. « Malgré la situation rude et critique que traverse le Liban, dans ce panorama morose, il était urgent encore cette année de ne pas délaisser la culture, qui a plus que jamais besoin de soutien », martèle Hajjar.


Au programme du Festival du film libanais de France 2021, quatorze courts-métrages d’étudiants en compétition, mais aussi une sélection de films de cinéastes confirmés. Photos DR

L’édition 2021 du FFLF possède une particularité : une compétition de courts-métrages réalisés récemment. « Cette compétition de films d’étudiants en dehors du pays est la seule occasion pour offrir une visibilité aux talents libanais », note la directrice du festival, en indiquant par ailleurs que l’association Valises pour Beyrouth, née au lendemain des explosions du 4 août 2020, sera ainsi présente tout au long du festival pour une collecte de dons en faveur du Liban.


Au programme du Festival du film libanais de France 2021, quatorze courts-métrages d’étudiants en compétition, mais aussi une sélection de films de cinéastes confirmés. Photos DR

À la tête d’une équipe jeune et dynamique, notamment Emilio Eid à la programmation, Catherine Otayek à la trésorerie et d’autres encore, la présidente Sarah Hajjar, créatrice de ce projet, s’est également entourée d’un jury composé de l’artiste et cinéaste libanaise Joanna Hadjithomas, de la productrice Anne-Dominique Toussaint, de Mathieu Fournet, directeur des affaires européennes et internationales au CNC (Centre du cinéma et de l’image animée, en France), de la directrice du Festival du film libanais depuis 2015, Wafa’ Céline Halaoui, de la comédienne Manal Issa ainsi que de Michelle Kesserwany, scénariste, réalisatrice et musicienne.


Au programme du Festival du film libanais de France 2021, quatorze courts-métrages d’étudiants en compétition, mais aussi une sélection de films de cinéastes confirmés. Photos DR

Le 7e art, outil de résistance

« Face à l’effondrement économique, politique et social, et à cette chute vertigineuse que vit le pays, que peut encore faire le cinéma ? », lance Joanna Hadjithomas, marraine de cette édition 2021. Et d’enchaîner sans hésiter : « Beaucoup. Rassembleur de générations différentes, ce festival, qui se déroule durant quatre jours dans deux cinémas de la capitale parisienne (Les 7 Parnassiens et le Lincoln), est surtout porteur de voix de jeunes à qui on a ôté le droit de parler. Il est également vecteur de rêves et libérateur, car il permettra des rencontres, des échanges, des découvertes, de la compassion, de la beauté, de la révolte et de la poésie. »


Au programme du Festival du film libanais de France 2021, quatorze courts-métrages d’étudiants en compétition, mais aussi une sélection de films de cinéastes confirmés. Photos DR

Au programme donc, quatorze courts-métrages d’étudiants en compétition, mais aussi une sélection de films de cinéastes confirmés, comme Memory Box de Joanna Hadjithomas et Khalil Joreige, présenté en ouverture du festival, suivi d’autres films de fiction, comme State of Agitation d’Élie Khalifé, C-Section de David Oryan ; des documentaires Enough ! Lebanon’s Darkest Hours de Daizy Gedeon, Le Cèdre d’octobre de Salim Saab, Agate Mousse de Selim Mourade, The Lebanese Rocket Society de Joana Hadjthomas et Khalil Joreige, mais aussi une séance jeune public du film Ghadi d’Amin Dora (2013), un essai de Philippe Aractingi, Thawra Soul, et le film de Maroun Baghdadi Beyrouth, ya Beyrouth (1975) qui trouve toute sa résonance dans l’actualité d’aujourd’hui.

Pour mémoire

Où trouver de l’art libanais à Paris en ce moment ?

Des tables rondes et des débats sont également au programme. À signaler dans ce cadre-là une intervention de Michel Tabbal sous l’intitulé : « Beyrouth au cinéma : de la Suisse de l’Orient à la poudrière de l’Orient ». De même qu’une table ronde suivie d’un échange avec le public et qui porte sur le thème « Révolte sociale et politique : quel impact et quel avenir pour la culture et le cinéma libanais ? » et enfin une master class de Joanna Hadjithomas et Khalil Joreige.

Porté par ses valeurs et accompagné par la fidélité de ses partenaires, en particulier la Vallée Village et la Chambre de commerce franco-libanaise pour cette seconde édition, le festival poursuit sa route et espère grandir d’année en année et devenir un rendez-vous incontournable de la scène culturelle française.

Les courts-métrages en compétition

There Are No lions on Mars, de Christophe Nassif ;

Immaculate, d’Anthony Yazbeck ;

Luna, de Samer Sayegh ;

Nafas, de Robert Mesnil ;

Listen to Me, Reda, de Sara Safieddine ;

Amygdala, de Dana Abdessamad ;

Rahil, de Rachel Makhlouf ;

Leila, de Hadi Bitar ;

Elle , de Wael Assaf ;

Till We Meet Again, de Mardig Otjian ;

Bruxelles-Beyrouth, de Thibaut ; Wohlfahrt et Samir Youssef ;

The Red Mountain, de Kamel Harb ;

Roadblock, de Dahlia Nemlich ;

In Search of Times Past, d’Aya Chouaib.


Bande-annonce FFLF



Aujourd’hui plus que jamais, le Liban a besoin de montrer et de partager sa production cinématographique. Et surtout, les Libanais ont besoin de rêver et de se libérer. Dans sa seconde édition, du 30 septembre au 3 octobre, le Festival du film libanais de France (FFLF) a défié le contexte sanitaire contraignant en opposant à la situation incertaine du pays une certitude : l’art...

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