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Lifestyle - Sur le net

Perles, gaffes et ratés... le bêtisier récurrent de la politique libanaise

Ils sont ministres, ils sévissent aujourd’hui ou l’ont fait hier. Et souvent, trop souvent, ils dérapent. Petit rappel de quelques moments qui nous ont fait rire (jaune), à l’occasion du passage d’un gouvernement à l’autre.

Perles, gaffes et ratés... le bêtisier récurrent de la politique libanaise

Parodie de Tintin qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux.

« Affrontons la crise en renonçant à certains produits secondaires. En Chine, on n’utilise ni couches ni kleenex. La population a recours à des serviettes en tissu lavable. » Et, « en France, on boit de l’eau du robinet ». Ces conseils « sanitaires » que distillait le nouveau ministre des Affaires sociales Hector Hajjar à des ONG, peu avant sa prise de fonctions, ont été repris par les chaînes de télévision le jour de sa nomination. Dans la foulée, le hashtag #LeMinistreDesCouchesCulottes s’est répandu comme une traînée de poudre sur Twitter. « Laissons nos bébés vivre fesses nues pour lâcher leur caca-pipi en toute liberté dans la maison. Après tout, on laisse bien nos leaders nous ch... dessus », a répondu un internaute, avant de citer une phrase de Sir George Bernard Shaw : « Les hommes politiques et les couches doivent être changés souvent… et pour les mêmes raisons. » Fraîchement débarqué sur la scène politique, son confrère Georges Cordahi, nouveau ministre de l’Information, s’en est, pour sa part, pris aux « analystes et génies » des médias qui livrent « des commentaires pessimistes sur le gouvernement ». Les commentaires ont, là aussi, fusé. En référence à l’émission Qui veut gagner des millions ? qu’il animait dans sa version arabe sur la chaîne saoudienne MBC entre 2004 et 2010, un internaute lui lançait ainsi : « Monsieur Cordahi va animer un nouveau jeu : à qui et comment voler des millions ? »

La brosse du Premier ministre

Qui dit que la coquetterie est l’apanage des femmes ? Elle est aussi affaire d’hommes. Et, dans ce domaine, l’ancien Premier ministre Hassane Diab n’est pas en reste. Il était représenté, récemment, dans une caricature, quittant son poste au Sérail, chargé d’une maxi brosse à cheveux. Un dessin faisant référence à une tournée au Liban-Sud, où l’ancien Premier ministre avait sorti son peigne pour arranger sa tignasse touffue que le vent avait ébouriffée. « La coquetterie renvoie étymologiquement au cri du coq, mâle par excellence », explique Jean-Claude Bologne, auteur de l’Histoire de la coquetterie masculine.

Démoralisé par les Bédouins ?

À la mi-mai, sur le plateau d’al-Hurra TV, l’ex-chef de la diplomatie libanaise Charbel Wehbé, après avoir accusé les monarchies du Golfe de liens avec le groupe État islamique, avait été incommodé par les répliques d’un intervenant saoudien au point de quitter le plateau. Non sans avoir, au préalable, lancé : « Je refuse d’être insulté par les Bédouins. » Quelques jours plus tard, il faisait son mea culpa et démissionnait. Entre-temps, les internautes s’en étaient donné à cœur joie. « On a besoin de Mme Claude pour gérer ce bordel », commentait l’un d’eux. « Comment sommes-nous tombés de Ghassan Tuéni et Charles Malik, à cette (sans) classe politique répugnante ? » se demandait un autre. Avait également été postée une composition picturale représentant d’une part les gratte-ciel du Golfe miraculeusement surgis du désert et, de l’autre, un tunnel plongé dans le noir (Beyrouth) au bout duquel « une lumière ? » semblait pointer. « Non ce n’est qu’un pneu brûlé », était-il indiqué.

Let Women cook

Quant à l’ancien ministre de l’Intérieur, il avait un don pour mettre les pieds dans le plat. Interviewé en novembre 2020 par la chaîne LBCI dans le cadre d’un reconfinement général du pays, Mohammad Fahmi avait déclaré que l’interdiction des livraisons de plats cuisinés, par les restaurants, le dimanche, n’était pas un problème. « Que les femmes cuisinent un peu. C’est bon pour la santé. Les citoyens perdront du poids », avait-il lancé. Tournant en dérision ses paroles, un internaute avait invité toutes les femmes à une grève dominicale. « Il oublie que son gouvernement s’est chargé de mettre la moitié de la population au régime », lançait un autre, en référence à la crise économique.

Le banquet de Hassan

Dans la série des boulettes, comment oublier ce cliché montrant l’ancien ministre de la Santé, Hamad Hassan, et son collègue de l’Économie, Raoul Nehmé, présidant un déjeuner d’une quinzaine de personnes. Agapes organisées pendant la pandémie de Covid-19 et au cours desquelles aucune règle de distanciation ne semblait respectée, alors même que le ministre de la Santé dénonçait alors le manque de respect des Libanais des mesures sanitaires anticoronavirus. « Gouverner en montrant l’exemple », ironisait alors le blogueur BlogBaladi… « Bon appétit, M. le Ministre, quelle belle réunion », commentait l’Observatoire populaire pour la lutte contre la corruption, sur son compte Twitter, avant d’appeler les forces de sécurité à verbaliser toutes les infractions.

Le nouveau ministre des Affaires sociales Hector Hajjar revu par Paul Sader sur sa page Facebook.

À dos de mules

Et dans la série des lourdes maladresses, l’on trouve celle l’ex-ministre de l’Énergie, Raymond Ghajar. « Ceux qui ne peuvent pas payer 200 000 LL les 20 litres d’essence doivent trouver d’autres moyens de transport », avait-il lancé, le 16 juin dernier, alors que les prix essence avaient entamé leur fulgurante ascension sur fond de grave pénurie et de levée progressive des subventions. Les internautes, alors, s’étaient lâchés. L’on avait vu toute une série d’illustrations inspirées : à l’aéroport, une file de mules attendant les voyageurs ou encore des vans circulant sur des patins à roulettes rustiques.

Et les transports en commun alors ? Bannis du système, les Libanais n’ont plus qu’à marcher, plutôt à slalomer entre les déchets, les bouteilles en plastique et les emballages de nourriture qui noient les trottoirs, et où batifolent cafards, rats et autres organismes nuisibles...


« Affrontons la crise en renonçant à certains produits secondaires. En Chine, on n’utilise ni couches ni kleenex. La population a recours à des serviettes en tissu lavable. » Et, « en France, on boit de l’eau du robinet ». Ces conseils « sanitaires » que distillait le nouveau ministre des Affaires sociales Hector Hajjar à des ONG, peu avant sa prise de...

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