L’équipe des États-Unis célébrant sa victoire sur l’équipe de l’Europe en soulevant le trophée de la 43e Ryder Cup de golf. Richard Heathcote/Getty Images/AFP
Les États-Unis, portés par une nouvelle génération aussi talentueuse que décomplexée, se sont adjugés la Ryder Cup pour la 27e fois de leur histoire, ravissant (19-9) le trophée aux vétérans européens, dimanche à Whistling Straits dans le Wisconsin (hier tôt le matin au Liban).
Menant 11 à 5 après les épreuves en duo (foursomes et fourballs), les Américains n’avaient plus que 3,5 points à glaner en simples pour être sacrés. Ils n’ont pas tremblé face à des Européens condamnés à un exploit jamais réalisé dans l’histoire de la compétition et qui attendra pour l’être : combler un retard de six points à l’entame de l’ultime journée. Ces derniers n’y sont pas parvenus, car, soutenus par quelque 40 000 supporteurs en fusion sur le parcours niché entre falaises et collines le long du lac Michigan, les Américains n’ont jamais faibli. Comme un symbole, c’est Collin Morikawa qui a apporté le demi-point permettant de boucler l’affaire dès le 5e des 12 matches au programme. Son birdie sur le n° 17, après un exceptionnel drive l’ayant approché à quelques centimètres du trou, a été décisif, pour finir à égalité avec le Norvégien Viktor Hovland. Le vainqueur du dernier British Open, âgé de 24 ans, est le plus jeune des six rookies convoqués par l’entraîneur Steve Striker, surtout béni de bénéficier de neuf joueurs figurant parmi les 11 meilleurs mondiaux. L’inexpérience face à l’armada de vétérans européens n’a pas été un frein au succès des États-Unis.
Plus tôt, la marche triomphale, entrevue au cours des deux jours précédents, s’était poursuivie avec trois victoires également cruciales, notamment celle d’un autre débutant, Scottie Scheffler (25 ans) face au n° 1 mondial Jon Rahm (4 & 3). L’Espagnol, lauréat du dernier US Open et qui avait été jusque-là un des rares à surnager côté européen, n’a rien pu faire. Dans la foulée, un autre rookie, Patrick Cantlay a surclassé l’Irlandais Shane Lowry (4 & 2). Avant même que la victoire, certes promise, soit acquise, il assurait : « Une nouvelle ère s’ouvre pour l’équipe américaine en Ryder Cup. Cette nouvelle génération est là pour un bon moment, je voudrais envoyer ce message. » S’adressait-il à l’Europe ou aux vétérans américains dont font partie, entre autres, Tiger Woods – toujours convalescent sept mois après son grave accident de voiture qui lui a brisé la jambe droite –, Phil Mickelson ou encore Bubba Watson ? L’histoire le dira. En attendant, le « Tigre », qui n’a jamais vraiment brillé en huit participations (13 victoires, 21 défaites, 3 nuls et un trophée glané en 1999), a salué sur Twitter « la performance et la domination américaines ».
Un succès qui s’est aussi bâti sur le carton plein du n° 2 mondial Justin Johnson (cinq victoires en autant de matches) et sur les bombes envoyées par Bryson DeChambeau, également décisif (3 & 2) contre Sergio Garcia, l’autre principale menace adverse. L’Espagnol peut se consoler, car il a porté à 25 le nouveau record du nombre de victoires dans l’histoire de la compétition. Rory McIlroy, lui, semblait en revanche inconsolable malgré sa victoire sur le champion olympique Xander Schauffele (3 & 2), qui a maintenu un semblant de suspense, mais n’a pas effacé son calvaire durant cette 43e Ryder Cup, avec trois défaites initiales. « Je n’ai jamais trahi d’émotion ou pleuré pour ce que j’ai fait en individuel. Je m’en fous. Mais là, j’aime tellement faire partie de cette équipe, j’aurais dû faire plus pour elle cette semaine », a-t-il dit les yeux embués de larmes.
Une semaine qui aurait dû se conclure de toute façon par un miracle, mais l’Europe partait de trop loin. La voilà bloquée à 14 succès, presque deux fois moins que les Américains, auxquels s’ajoutent deux nuls. La prochaine édition aura lieu en 2023 à Guidonia Montecelio, près de Rome en Italie.
Source : AFP


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