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Économie - Pénurie de courant au Liban

Risque de blackout total fin septembre, prévient EDL

"Toutes les options ont été épuisées", constate l'office public.

Risque de blackout total fin septembre, prévient EDL

Un quartier d'Achrafié, à Beyrouth, quasiment plongé dans le noir en raison des pénuries de courant. Photo Matthieu Karam

L'organisme public Electricité du Liban (EDL), en charge du réseau électrique du pays, a prévenu jeudi que tout le territoire risquait d'être plongé dans un blackout total d'ici la fin du mois, donc dans les prochains jours, en raison d'une insuffisance de production de courant dans un Liban en pleine crise depuis deux ans. Ce n'est pas la première fois que les autorités mettent en garde contre une coupure totale du courant électrique dans le pays, alors que l'alimentation actuellement fournie par le gouvernement ne dépasse pas les deux ou trois heures quotidiennement, tandis que les générateurs privés prennent la relève avec difficulté.

Toutes les options épuisées

Dans un communiqué publié jeudi après-midi, EDL annonce que ses stocks de carburant "ont gravement diminué". Ceux-ci sont notamment "entièrement épuisés dans la centrale thermique de Jiyyé (au sud de Beyrouth) et sur les deux navires-centrales turcs Orhan Bey et Fatma Gül, ce qui les a poussés à arrêter de produire du courant". "Les stocks des centrales de Zouk et ceux équipés de moteurs-inversés à Zouk et Jiyyé sont également presque à sec et ne pourront bientôt plus fonctionner", prévient l'office. "(...) Toutes les options ont été épuisées",  constate EDL.

Reportage

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Depuis la fin de la guerre civile libanaise en 1990, le réseau électrique public, largement déficient et dont les infrastructures sont dans un piteux état, coûte chaque année au Trésor des milliards de dollars, aggravant toujours plus la dette publique.

Le Liban, qui poursuit sa descente aux enfers depuis le début d'une grave crise à l'été 2019, n'a aujourd'hui plus de liquidités suffisantes pour se procurer le fuel nécessaire pour le fonctionnement de ses centrales électriques, et les générateurs privés, qui prennent normalement le relais lors des périodes de rationnement du courant public, ne parviennent plus à se procurer du mazout en raison de la pénurie de carburant. Pour ne rien arranger, et faute de liquidités suffisantes, la Banque du Liban (BDL) a presque totalement levé ses subventions en place depuis deux ans sur les carburants et autres produits et matières de première nécessité. Cela a provoqué une flambée des prix des carburants.

Entre temps, les autorités continuent de miser sur des solutions à court terme, comme l'importation de fuel irakien. En vertu d'un accord conclu le 23 juillet, Bagdad a accepté de fournir au Liban, chaque mois et pendant un an, entre 75 000 et 85 000 tonnes de carburant. Ces quantités de fuel, dont la teneur en soufre est trop élevée pour les centrales libanaises, sont destinées à être échangées au même rythme contre du carburant compatible fourni par des entreprises tierces choisies selon un processus auquel le Liban et l’Irak prennent part. Le 18 septembre, une première partie d’une cargaison de 31 000 tonnes de gasoil à destination d'EDL a été déchargée.

"Vrai risque de coupure totale et généralisée"

"Les quantités de fuel irakien ne suffisent qu'à produire 500MW de courant au mieux, et cela menace la stabilité du réseau et laisse entrevoir un effondrement total à tout moment", a dans ce cadre expliqué EDL. L'office rappelle que durant les deux dernières semaines, "sept coupures générales sur tout le territoire ont été recensées". "Si la situation se poursuit de la sorte, il existe un vrai risque de coupure totale et généralisée d'ici la fin du mois de septembre, après l'épuisement de tous les stocks de carburant et en raison de l'instabilité du réseau si la production se limite à 500MW", a prévenu l'office.

Dernièrement, les ministres jordanien, égyptien, syrien et libanais de l’Énergie se sont entendus sur une feuille de route pour envoyer du gaz égyptien vers le Liban, via la Jordanie et la Syrie, afin d'alimenter les centrales électriques libanaises. Cette réunion était intervenue à la suite d’un feu vert exceptionnel accordé par les États-Unis pour permettre aux pays arabes de contourner les sanctions américaines (la loi César) visant le régime syrien.

L'organisme public Electricité du Liban (EDL), en charge du réseau électrique du pays, a prévenu jeudi que tout le territoire risquait d'être plongé dans un blackout total d'ici la fin du mois, donc dans les prochains jours, en raison d'une insuffisance de production de courant dans un Liban en pleine crise depuis deux ans. Ce n'est pas la première fois que les autorités mettent en garde...
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"Cette réunion était intervenue à la suite d’un feu vert exceptionnel accordé par les États-Unis pour permettre aux pays arabes de contourner les sanctions américaines (la loi César) visant le régime syrien." Et on veut nous faire croire que les américains sont les gentils et les pays de l'est les méchants. LAISSEZ MOI RIRE

Zorkot Mohamed

15 h 58, le 23 septembre 2021

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Commentaires (1)

  • "Cette réunion était intervenue à la suite d’un feu vert exceptionnel accordé par les États-Unis pour permettre aux pays arabes de contourner les sanctions américaines (la loi César) visant le régime syrien." Et on veut nous faire croire que les américains sont les gentils et les pays de l'est les méchants. LAISSEZ MOI RIRE

    Zorkot Mohamed

    15 h 58, le 23 septembre 2021

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