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Nos Lecteurs ont la Parole

Retour affligé au passé lointain

Avant de créer la Terre, le Seigneur fit d’abord le Liban, comme prototype de perfection... Mais par la suite, il a dû modifier son modèle !

Il est de fait que le Liban présente un contraste étrange avec le reste du Proche-Orient. Le pays ne ressemble en rien à aucun de ses proches voisins, ne pense ni ne réagit exactement comme eux.

Dans une région caractérisée par des déserts plats, brûlants et sans eau, le Liban constitue une vaste oasis de fraîcheur avec ses montagnes, ses eaux abondantes, ses forêts verdoyantes et sa neige à telle profusion que le pays était devenu autrefois un centre de sports d’hiver. On pouvait se croire en Suisse ou sur la Riviera avec les corniches comme celle de Raouché, et l’on n’est point surpris de s’entendre dire que, selon une légende libanaise, c’est au Liban que se trouvait le paradis terrestre.

Les habitants du Liban se disent arabes, parlent l’arabe et font partie de la Ligue arabe « à laquelle nous faisons appel pour régler le contentieux politique actuel ». Le Liban est le seul État du Proche-Orient où le christianisme est aussi présent. Sa démocratie, de style occidental, est, en dépit de quelques imperfections, la mieux établie du monde arabe.

Aucun autre sol au monde n’est sans doute plus riche en souvenirs historiques. Ici vécurent les plus prestigieux des ancêtres libanais d’aujourd’hui, ceux qui s’appelaient Cananéens, ainsi que les nomme également la Bible, et dont la plupart des historiens n’ont retenu que le nom ultérieur de Phéniciens. Dans cet étroit mais opulent couloir, s’élèvent les métropoles Tyr, Sidon, Byblos et Tripoli.

Contiguë à cette bande côtière, se trouve la région haute, rocailleuse, désolée et magnifique dont la Bible chante si souvent les louanges : les monts du Liban. À la neige qui les couronne, le pays tout entier doit son nom (qui procède de la racine verbale sémitique « laban », ou « être blanc »), et les Libanais se disent encore, non sans fierté, « fils de la montagne ».

Au-delà de cette montagne, s’étend la troisième couche, la plus grasse de toutes, cette merveilleuse et haute vallée qu’est la Békaa, célèbre depuis le début des temps historiques pour son incomparable fertilité. On dit que Caïn et Abel y vécurent, et la légende libanaise veut que l’arche de Noé s’y soit arrêtée. On y trouve aussi la « vallée sainte » où vécurent des patriarches antiques dont les grottes ont servi de refuge.La dernière couche, la moins importante, stérile et désolée, produit bien peu. Mais c’est sur son territoire que court la frontière qui sépare le Liban de la Syrie, et c’est là que naît le Jourdain, le fleuve sacré. Dans un sens, la montagne est, de toutes ces zones, la plus importante.Et c’est sur ses flancs que croissait – et croît encore – le symbole national, le fameux cèdre du Liban, auquel ce pays doit sa première mention dans l’histoire (on en trouve trace dans les hiéroglyphes des Égyptiens vers l’an 2650 av. J.-C. lorsqu’un pharaon fit venir de Phénicie 40 navires chargés de cèdres). La première chose que demandent à voir de nos jours les touristes étrangers, c’est « la région des Cèdres ».

Aujourd’hui, le Liban connaît un manque de prospérité sans précédent en cette époque contemporaine, et sa capitale, Beyrouth, est au-dessous du seuil de pauvreté. Le problème réside en ses dirigeants politiques qui ne s’entendent guère et qui ont provoqué une inflation qui augmente avec les semaines qui passent. Tout le pays vit un désastre sur les plans financier, hospitalier, universitaire et scolaire ; pénurie d’essence aggravée ; denrées alimentaires et médicaments en rupture de stock ; des citoyens de tous les âges sont dans l’impossibilité de se faire soigner dignement. Le pays avec les jours qui passent s’approche d’un mal appelé « famine ». Les habitants sont en désarroi et malheureux, plusieurs suicides ont été commis et le pays est en proie au désespoir et – par-dessus toutes ces calamités – à une pandémie du nom de « Covid-19 » qui a fait de nombreux morts. Nous gardons sous silence des centaines d’autres détresses par décence… On a l’impression que ses dirigeants actuels ont oublié la devise alerte du journaliste Georges Naccache affirmant que « deux négations ne font pas une nation ».


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Avant de créer la Terre, le Seigneur fit d’abord le Liban, comme prototype de perfection... Mais par la suite, il a dû modifier son modèle !Il est de fait que le Liban présente un contraste étrange avec le reste du Proche-Orient. Le pays ne ressemble en rien à aucun de ses proches voisins, ne pense ni ne réagit exactement comme eux. Dans une région caractérisée par des déserts...

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