Rechercher
Rechercher

Économie - Crise au Liban

Les subventions sur le carburant supprimées "d'ici quelques jours", selon Brax

Des discussions sont en cours sur le sujet entre la BDL et le ministère de l'Energie. Les 20 litres d'essence coûteront entre 300.000 et 350.000 LL.
Les subventions sur le carburant supprimées

Des automobilistes faisant la file devant une station-service de Hamra, à Beyrouth, le 20 août 2021. Photo ANWAR AMRO / AFP

Les subventions sur le carburant vont être supprimées d'ici quelques jours, ce dossier faisant actuellement l'objet de discussions entre le ministère de l'Energie et la Banque du Liban (BDL), a annoncé mardi le porte-parole du syndicat des propriétaires de stations-service au Liban, Georges Brax, sur la radio Voix du Liban. 

"Les subventions sur le carburant vont être supprimées d'ici quelques jours et nous nous dirigeons vers un bidon de 20 litres tarifé entre 300.000 et 350.000 livres libanaises (...) La question est toutefois la suivante : les subventions seront-elles supprimées sans que la carte d'approvisionnement soit distribuée ?", a-t-il ajouté. La carte d'approvisionnement est supposée subvenir aux besoins de base de la frange la plus pauvre de la population, mais sa mise en place se fait toujours attendre.

Lire aussi

Rouler au Liban coûte 1 311 livres par kilomètre

Fin août, les responsables libanais avaient déjà annoncé une suppression partielle de ces subventions par la BDL et le calcul des prix selon un taux de 8.000 livres libanaises pour un dollar jusqu’à fin septembre, contre 3.900 LL depuis fin juin. Cette décision n’avait toutefois pas débloqué la crise alors que les files d'attente continuent de s'allonger devant les stations-service, où des heurts, souvent armés, se produisent quasiment chaque jour. 

Répercussions
Les tractations entre la BDL et le ministère de l'Energie portent sur deux alternatives, selon M. Brax : soit les subventions seront supprimées, mais l'approbation des importations de carburant restera aux mains de la BDL qui débloque des crédits en devises au taux du marché (actuellement autour de 18.000 LL pour un dollar sur le marché parallèle), soit alors les importations seront complètement libéralisées et les décisions concernant les quantités achetées à l'étranger seront prises directement par les sociétés concernées. Cette deuxième possibilité requiert toutefois un mécanisme centralisé, visant notamment à uniformiser les prix.

Dans tous les cas, une suppression des subventions permettra de "soulager le marché" sous pression et de mettre un terme à la contrebande et au stockage illégal de carburant, bien que cela aura des répercussions négatives sur le taux de change sur le marché parallèle, ainsi que sur les prix d'un grand nombre de denrées. Actuellement, les 20 litres d'essence à 95 octanes sont vendues à 126.600 LL, et à 130.800 LL pour les 98 octanes, quasi introuvable au Liban. Le mazout revient à 98.100 LL.

De son côté, le président de la Fédération des syndicats des transporteurs routiers, Bassam Tleiss, a indiqué que la course en taxi-service (voiture partagée) coûterait au moins 25.000 livres une fois les subventions supprimées. La suppression des subventions "va avoir des répercussions sur tous les aspects de la vie quotidienne des Libanais et aggraver la crise sociale", a-t-il ajouté dans un entretien télévisé.

La BDL, qui subventionne depuis deux ans un certain nombre de produits de première nécessité, resserre de plus en plus la vis pour approuver des importations subventionnées, en raison de la baisse considérable de ses réserves, de la contrebande vers la Syrie et des pratiques illégales de spéculation, qui aggravent la crise économique et financière, 78% de la population libanaise vivant désormais sous le seuil de pauvreté, selon les Nations unies.

Les pénuries de carburant provoquent des files interminables devant les stations-service et de vives tensions sécuritaires, tout en provoquant une réduction encore plus drastique de l'approvisionnement en électricité. Le mazout est, en effet, essentiel pour faire fonctionner les générateurs privés qui pallient normalement le rationnement du courant fourni par l'organisme public Electricité du Liban, distribué une à deux heures par jour. Or, en raison de la pression toujours plus élevée sur les générateurs, de la rareté du diesel sur le marché et de son prix toujours plus élevé sur le marché noir, les exploitants de groupes électrogènes sont eux-mêmes obligés de rationner leur production plusieurs heures par jour, plongeant la population dans le noir. 


Les subventions sur le carburant vont être supprimées d'ici quelques jours, ce dossier faisant actuellement l'objet de discussions entre le ministère de l'Energie et la Banque du Liban (BDL), a annoncé mardi le porte-parole du syndicat des propriétaires de stations-service au Liban, Georges Brax, sur la radio Voix du Liban. "Les subventions sur le carburant vont être supprimées d'ici...

commentaires (6)

Politicians have been dragging their feet at implementing a viable alternative for transportation such as a reliable bus service or subsidizing the private taxi service and vans. This will deal a major blow to the economy when the majority of the population cannot go to work. Added to lack of electric power, medications - this is the very definition of a failed state. Meanwhile, politicians keep arguing about how they will distribute the portfolios in the next government which appears unlikely to be formed.

Mireille Kang

23 h 19, le 07 septembre 2021

Tous les commentaires

Commentaires (6)

  • Politicians have been dragging their feet at implementing a viable alternative for transportation such as a reliable bus service or subsidizing the private taxi service and vans. This will deal a major blow to the economy when the majority of the population cannot go to work. Added to lack of electric power, medications - this is the very definition of a failed state. Meanwhile, politicians keep arguing about how they will distribute the portfolios in the next government which appears unlikely to be formed.

    Mireille Kang

    23 h 19, le 07 septembre 2021

  • L’Etat de par sa définition est obligé de fournir les services de base que sont l’eau et l’électricité. En l’absence de ces services, il est simple de dire que l’Etat n’existe pas. Donc les postes de président, premier ministre, chef des députés, ministres, députés … tout ce beau monde est virtuel et n’existe pas non plus. D’ailleurs ils ne foutent rien hormis détruire d’avantage le pays. Au moins que le Tresor Public arrête de leur payer les salaires sinon le Trésor Public commet aussi un délit en rétribuant des postes fictifs

    Censuré par l’OLJ

    17 h 18, le 07 septembre 2021

  • 9 mois encore avant de balayer toute cette racaille genocidaire.

    Je partage mon avis

    15 h 25, le 07 septembre 2021

  • Qu'est-ce qu'on attend pour supprimer les "subventions, salaires, avantages divers" de toutes sortes à ceux: chef d'Etat, gouverneur de la BDL et ministres concernés par ce qui arrive au pays en ce moment ? Pour qu'ils vivent eux aussi le cauchemar que nous peuple, subissons de par leur incroyable incapacité, corruption et malhonnêteté ? - Irène Saïd

    Irene Said

    15 h 21, le 07 septembre 2021

  • Pourquoi Le Brax, aime toujours pousser vers la panique ? Car, sous 8000 livres, les 20 litres autour de 130000 livres, on peut, sans calcul imaginer que selon Sayrafa à 16500 le dollar, les 20 litres n'atteindront pas plus que les 275000 livres. Au moins, le marché noir, devenu un métier pour pas mal de ceux qui font la queue aux stations service, disparaîtrait, et les routes reverraient le calme avec une circulation fluide.

    Esber

    14 h 54, le 07 septembre 2021

  • “La carte d'approvisionnement est supposée subvenir aux besoins de base de la frange la plus pauvre de la population…“c’est plus de 75% de la population actuellement. Alors, la vraie révolution est pour quand???

    Karam Georges

    14 h 48, le 07 septembre 2021

Retour en haut