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Nos Lecteurs ont la Parole

Souvenirs d’enfance

Les images du passé hantent notre mémoire et la plongent dans un grand désespoir.

Des histoires inoubliables tracent notre chemin d’un crayon gris tout au long de notre vie, jour par jour, comme un devoir.

Prière et complaisance ont accompagné notre enfance pour pouvoir dépasser les circonstances les plus noires.

Les déboires s’accumulent, et avec eux les échecs du soir pesant lourdement sur cette âme solitaire, lui infligeant plus d’amertume.

Une angoisse terrible accable nos rêves pudiques de chaînes pénibles étouffant les doux souvenirs et avec eux les belles coutumes.

Les nuits s’avèrent moins paisibles, et les jours pâles et vides.

Des couleurs fades ont pris la place de celles qui étaient vives et éclatantes il y a peu de temps, s’étalant si vite.

Une conquête bien rapide.

Un silence inquiétant se répand dans les yeux de nos parents et nos voisins avides de perturber l’esprit de tout enfant.

Un air angoissant domine dorénavant, faisant de nos domiciles des lieux ennuyeux et de nos quartiers des endroits creux.

Rien n’est plus comme avant.

Les coins sont plutôt déserts et silencieux.

Parfois le silence est interrompu par des cris irritants et fâcheux suscitant une peur bleue.

Des sirènes jaillissent par la suite, incitant à s’enfuir de chez soi si possible, sinon de s’abriter assez loin du feu.

Panique et affolement se plantent dans les environnements et nos domiciles pour cibler clairement nos âmes fragiles.

Une terreur, encore plus forte que les tirs, nous a touchés directement et si profondément, nous marquant de graves cicatrices.

Une peine qui a suivi le chemin de notre vie et qui est restée sans remède.

Une douleur qui a brisé nos rêves les plus chers et développé plutôt de sévères complexes.

Des histoires de tristesse nous ont accompagnés au chevet matin et soir au lieu des contes de fées, nous portant dans un univers tout noir où la peur règne en maître.

Et la liberté dans cette atmosphère échappe en cachette par crainte d’être victime d’un malaise à long terme.

Notre maison devient notre prison où les portes et les fenêtres sont closes jusqu’à nouvel ordre, ôtant tout rapport intime avec cet air libre venant du dehors.

Ce petit espace tendre et amical se transforme en une place sombre et glaciale comme les jours de l’hiver fort.

Des tonnerres épouvantables bombardent les petites ruelles avec une grande rage et sans crier gare.

Des attaques cruelles que ces grondements du ciel.

Des tirs sans merci s’accentuent sur ce voisinage tranquille, visant à le conquérir aussi vite.

Et les prières se précipitent, faisant écho à celles des mosquées et aux cloches des églises.

Ces scènes dramatiques reviennent dans ma tête d’une manière consécutive jusqu’à créer une situation convulsive.

Ces souvenirs visuels se répètent comme des fêtes rituelles dans le présent actuel, invitant la mémoire à ranimer le passé amer ou à le transmettre dans un cadre réel si cette dernière a failli nous trahir.

Et les événements se succèdent, et les perturbations, créant un environnement de misère.

Une situation dramatique provoquant un bouleversement hors pair.

La seule solution qui nous reste étant de quitter le domaine sacré et fuir cette vilaine guerre.

Celle guerre étrangère qui ne nous concerne guère.

Tout se répète à présent dans un contexte différent comme si le passé refusait de mourir en paix.

Son âme nous hante constamment et dans le gouffre noir, nous entraîne là où elle reposait.

Ses punitions, nous sommes en train de les subir sans jamais pouvoir en sortir.

La seule échappatoire à ce purgatoire s’avère la soumission totale.

Croire que ce que l’on nous commande est le meilleur et obéir à tous les devoirs.

Renoncer à nos idées pour ne devenir que des morts-vivants ou des êtres automates sans pouvoir.

Sacrifier sa liberté pour que l’on puisse vivre en tranquillité.

Je pleure ma patrie qui a perdu son peuple chéri au détriment des mauvais compromis.

Un prix cher que ce dernier a dû payer au sein de ce faux pari.

Et je prie que ses racines restent enfoncées au centre de ses vastes prairies là où les grands cèdres se dressent avec dignité.

L’histoire de mon pays circule dans mes veines à l’infini…

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.



Les images du passé hantent notre mémoire et la plongent dans un grand désespoir.Des histoires inoubliables tracent notre chemin d’un crayon gris tout au long de notre vie, jour par jour, comme un devoir.Prière et complaisance ont accompagné notre enfance pour pouvoir dépasser les circonstances les plus noires.Les déboires s’accumulent, et avec eux les échecs du soir pesant...

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