Rechercher
Rechercher

Nos Lecteurs ont la Parole

L’évolution de Beyrouth du Moyen Âge au XIXe siècle

L’évolution de Beyrouth du Moyen Âge au XIXe siècle

L’occupation égyptienne, en 1832, du territoire libanias de l'empire ottomana eu une grande influence sur l'évolutuon et le développement de Beyrouth. Photo Archives L’OLJ

En 551 après J.-C., un puissant séisme provoque un tsunami gigantesque qui ravage la colonie romaine de Berytus. Les bâtiments s’effondrent comme un château de cartes. Nombreux sont les habitants qui périssent sous les décombres. L’École de droit de la ville, l’une des plus illustres de son temps, est entièrement détruite. Durant les nombreux siècles qui suivent, la ville est prise tour à tour par les Omeyyades, les Abbassides, les Byzantins, les Fatimides et les croisés. Pendant l’épopée des croisades, la ville est un centre du royaume franc de Jérusalem, connue sous le nom de Barut, ou Baruth. Vers 1290, les croisés sont définitivement chassés de la ville par les Mamelouks.

En 1516, la conquête ottomane met fin au règne des Mamelouks dans la région du Levant. Les comptoirs occidentaux se forment sur le littoral méditerranéen pour des échanges commerciaux entre les ports du Levant et ceux de l’Occident. Spécifiquement, les marchands vénitiens et génois font du port stratégique de Beyrouth l’une des échelles du commerce entre les villes d’Europe et du Levant. Cependant, la déchéance progressive de la Syrie ottomane entraîne dans son sillage le déclin graduel de Beyrouth et de son port. Avec le passage du temps, Beyrouth tombe progressivement dans l’oubli. Aux XVIe et XVIIe siècles, Beyrouth est tout juste une petite bourgade de pêcheurs dont la population oscille aux alentours de cinq mille habitants.

Beyrouth reprend de l’importance en 1832 suite à l’occupation égyptienne des territoires ottomans en Syrie et au Liban. Les Ottomans se retirent de la région et le Liban change temporairement de maîtres. Il est soumis au pouvoir de Méhémet Ali, le wali (vice-roi) d’Égypte. Le wali confie l’administration du Liban à son fils aîné, l’ambitieux Ibrahim Pacha. Les historiens s’accordent à souligner les progrès qu’Ibrahim Pacha réalise en peu de temps dans les villes et les villages : il réorganise l’administration, il réforme la justice et la police, il crée des conseils représentatifs et il essaye de combattre la féodalité. Bien qu’il soit musulman lui-même, il tente de briser l’étouffant corset imposé par l’islam sur les non-musulmans, une vexation qui perdure durant de nombreux siècles.

Ibrahim Pacha décide d’ériger un lazaret proche du port de Beyrouth, unique en son genre tout le long de la côte levantine. Tous les navires doivent se conformer à cette règle sanitaire. L’objectif du lazaret est de mettre en quarantaine, pour une période de 30 à 40 jours, les personnes malades ou suspectées d’avoir contracté une maladie. En créant ce lazaret, les autorités égyptiennes contribuent à la renaissance du port de Beyrouth. En outre, l’agglomération de Beyrouth sert de base à l’armée égyptienne, ce qui lui vaut d’être bombardée le 3 octobre 1840 par la flotte anglaise venue en soutien aux Ottomans lors de la deuxième guerre égypto-ottomane.

Les Égyptiens sont finalement contraints de se retirer de la région en 1840. Le Liban retombe sous le joug ottoman. L’occupation égyptienne est brève, mais son influence sur Beyrouth est grande. Dès lors, la ville est en pleine mutation. Son calme et sa sérénité attirent les consuls occidentaux ainsi que les missions chrétiennes. Beyrouth se développe graduellement autour du port, son noyau, en grignotant progressivement les potagers et les vergers avoisinants.

À partir de 1860, la population de la ville croît de manière exponentielle suite à des vagues migratoires successives, notamment l’afflux de réfugiés chrétiens (surtout grecs-catholiques et grecs-orthodoxes) fuyant les massacres du Mont-Liban et de Damas. Les troupes françaises de Napoléon III débarquent à Beyrouth dans le but de rétablir le calme. Les nouveaux habitants de Beyrouth sont non seulement attirés par sa sécurité et sa convivialité, mais aussi par son raffinement et son élégance. Les murailles de Beyrouth sont graduellement abattues pour permettre à la ville de contenir un plus grand nombre d’habitants. Des concessions sont accordées par les Ottomans à des sociétés françaises pour relier Beyrouth à Damas par une route carrossable, pour construire une ligne de chemin de fer Beyrouth-Damas via Rayaq et pour entreprendre des aménagements portuaires importants.

Beyrouth 1900-ph Archives L'OLJ

En 1866, le Syrian Protestant College ouvre ses portes à Beyrouth (ultérieurement, cette institution changera de nom pour devenir l’Université américaine de Beyrouth). Quelques années plus tard, en 1875, les jésuites déménagent leur séminaire-collège de Ghazir à Beyrouth pour en faire l’Université Saint-

Joseph. La création presque simultanée de ces deux universités à vocations vastement différentes (l’une est protestante anglo-saxonne, tandis que l’autre est catholique francophone) est une aubaine pour Beyrouth. Elle permet non seulement l’usage du multilinguisme, mais aussi la floraison d’une singulière diversité intellectuelle et culturelle.

En 1876, le sultan Abdul Hamid II siège au trône de la Sublime Porte. Dès l’entame de son règne, il décide de rénover et d’embellir Beyrouth. Notamment, il agrandit le Grand Sérail avec sa tour à l’horloge emblématique ; il construit le Petit Sérail dans le style classique de pilastres doriques ; il dote la place des Canons d’un grand jardin et de la fontaine Hamidiyé qui porte son nom. Du point de vue administratif, il fait de Beyrouth un vilayet (détaché de celui de Syrie) qui s’étend sur toute la région côtière de Lattaquié à Akka, à l’exception du territoire autonome de la moutassarrifiya au Mont-Liban.

C’est dans ce contexte d’expansion et de développement durable que Beyrouth amorce en toute confiance sa transition vers le XXe siècle. D’ailleurs, force est de constater que le Grand Liban ne pouvait naître au XXe siècle sans l’apport indispensable d’une ville de Beyrouth socialement, culturellement et économiquement puissante. En se projetant sur le futur, on se rend compte à quel point Beyrouth est le nerf sciatique du Liban.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


En 551 après J.-C., un puissant séisme provoque un tsunami gigantesque qui ravage la colonie romaine de Berytus. Les bâtiments s’effondrent comme un château de cartes. Nombreux sont les habitants qui périssent sous les décombres. L’École de droit de la ville, l’une des plus illustres de son temps, est entièrement détruite. Durant les nombreux siècles qui suivent, la ville est...

commentaires (1)

ce que nos ancetres et meme les envahisseurs d'antan ont construit, nos crapules ont vite fait de tout detruire. j'ajoute que les neo envahisseurs du Liban-ceux du 20e et 21e siecles eux n'ont fait que preparaer le terrain aux crapules en question.

Gaby SIOUFI

11 h 06, le 01 septembre 2021

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • ce que nos ancetres et meme les envahisseurs d'antan ont construit, nos crapules ont vite fait de tout detruire. j'ajoute que les neo envahisseurs du Liban-ceux du 20e et 21e siecles eux n'ont fait que preparaer le terrain aux crapules en question.

    Gaby SIOUFI

    11 h 06, le 01 septembre 2021

Retour en haut