Des tensions étaient toujours fortes, hier, entre les habitants des villages de Aanqoun et Maghdouché au Liban-Sud sur fond de pénurie de carburant. Des habitants du village de Aanqoun ont bloqué hier la route menant de leur village à Maghdouché et ont mis le feu à des bois environnants. Des jeunes de Aanqoun s’en sont ensuite pris à des habitants de Maghdouché ainsi qu’à des habitations et véhicules dans les rues de la localité, selon notre correspondante Sarah Abdallah.
Le député Michel Moussa a confirmé à L’Orient-Le Jour que des habitants de Aanqoun sont entrés par effraction dans le domicile d’un habitant de Maghdouché et l’ont agressé au couteau, le blessant grièvement.
Suite à ces incidents, l’armée est intervenue sur les lieux en fin d’après-midi et a rouvert la route reliant les deux localités, selon notre correspondant dans le sud Mountasser Abdallah. La troupe s’est déployée sur la route principale de Aanqoun, ce qui a calmé les tensions et apaisé les habitants de Maghdouché. Les habitants de Aanqoun qui se trouvaient à l’entrée est du village se sont également retirés.
Réagissant à ces incidents, un collectif d’habitants de Aanqoun a condamné les actes de vandalisme et appelé les forces de sécurité à « arrêter les personnes impliquées dans les incidents », soulignant que ceux-ci étaient dus à des « problèmes personnels liés aux conditions économiques et sociales compliquées ». Et alors que des rumeurs circulaient au sujet d’une intervention de partisans du mouvement Amal (du président du Parlement, Nabih Berry) dans les affrontements qui ont eu lieu, ce parti a démenti toute implication, estimant que les événements qui ont eu lieu violent le vivre-ensemble.
En soirée hier, sous l’impulsion de M. Berry, le mufti de Tyr et de Jabal Amel, cheikh Hassan Abdallah (un cadre d’Amal), s’est rendu à Maghdouché afin de rencontrer l’évêque grec-catholique Élie Haddad au domicile du député Moussa, avant que les trois ne se rendent à Aanqoun en vue de s’y réunir avec des notables du village, dans une tentative de désamorcer la crise.


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