L'entrée du ministère des Finances à Beyrouth. Photo : Ani
Selon les chiffres du ministère libanais des Finances, le déficit public a atteint 1 037,39 milliards de livres à fin janvier (soit 688,15 millions de dollars au taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar), donc une baisse de 26,76 % par rapport aux 1 010,63 milliards de livres atteintes sur la même période un an plus tôt (670,4 millions de dollars).
Le déficit représente près de 57,84 % des dépenses publiques totales sur le même exercice, qui ont atteint de leur côté 1 793,71 milliards de livres (1,19 milliards de dollars). Ces dépenses ont baissé de 29,64 % en un an. Les avances du Trésor à Électricité du Liban (EDL) ont baissé de 84,9 % à fin janvier 2021 pour atteindre près de 286,35 milliards de livres (près de 189,95 millions de dollars). Elles représentent en outre 2,41 % des dépenses publiques sur le premier mois de 2021.
Déficit primaire
L’avant-projet de budget pour 2021, tout comme le budget 2020, a réservé 1 500 milliards de livres (environ 1 milliard de dollars) en tant qu’avances du Trésor à EDL pour lui permettre de financer ses achats de carburant (les tarifs d’électricité étant gelés depuis le début des années 1990). Cette enveloppe est en nette baisse (-40 %) par rapport à celle incluse dans le budget pour 2019. Toutefois, en raison des nombreux problèmes de liquidité de l’État en devises, EDL n’a pas reçu assez d’avance de la part du Trésor pour acheter son carburant.

La baisse des dépenses publiques est en partie liée à celle des « dépenses générales ». Celles-ci sont en baisse de 15,15 % à 1 602,8 milliards de livres (1,06 milliards de dollars), alors que les recettes de l’État ont également diminué de 50,86 % sur la même période, à 756,31 milliards de livres (près de 501,7 millions de dollars). Les recettes fiscales connaissent aussi une baisse (47,85 % sur la même période à un peu plus de 635,06 milliards de livres, ou 421,27 millions de dollars), tandis que les revenus du secteur des télécoms affichent une diminution de 53,22 % par rapport à la même période l’an dernier pour atteindre 345,23 milliards de livres (soit 229 millions de dollars).
Le déficit primaire (sans compter le service de la dette) s’est élevé à 644,31 milliards de livres (soit 427,4 millions de dollars), alors qu’il était de 491,98 milliards de livres (soit 326,35 millions de dollars) lors du premier mois de 2020. En janvier 2021, le paiement des intérêts (de la dette en livres et en devises) s’est élevé à 377,2 milliards de livres (250,21 millions de dollars) et celui du principal en devises a atteint 15,88 milliards de livres (10,53 millions de dollars), soit un total de 393,08 milliards de livres (1,5 milliard de dollars). Ceci représentait 21,91 % des dépenses publiques, alors que ce pourcentage était de 20,34 % à fin janvier 2020 (518,65 milliards de livres, soit 344,05 millions de dollars). Le Liban a fait défaut sur sa dette en devises en mars 2020 sans l’avoir restructurée.
Le Liban traverse une crise sans précédent depuis deux ans provoquée par plusieurs facteurs, dont l’incapacité de ses dirigeants (hauts responsables et élus) à adopter des budgets moins déficitaires ou à respecter les objectifs fixés par les lois de finances en termes de ratio déficit/PIB. La loi de budget 2021 n’a, par exemple, toujours pas été votée, alors que, selon la Constitution, elle aurait dû être adoptée avant le début de l’année 2021. À fin janvier, le ministre sortant des Finances Ghazi Wazni avait déclaré avoir transmis à la présidence du Conseil des ministres l’avant-projet de budget pour 2021. Mais rien n’a été ni voté ni annoncé depuis. Il a annoncé en juin travailler sur le projet de budget 2022, sans plus rien annoncer depuis.

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