Rechercher
Rechercher

Société - Santé

Après une semaine sans traitement, les patients cancéreux de l’AUBMC sauvés par les dons

La prise en charge a repris lundi, mais l’association Cancer Support Fund qui vient en aide à une partie des malades met en garde contre la répétition d’un tel scénario.


Après une semaine sans traitement, les patients cancéreux de l’AUBMC sauvés par les dons

La pénurie de médicaments contre le cancer a failli mettre en danger 38 patients de l’AUBMC. Photo DR

Maya*, la trentaine, souffre d’un cancer depuis plusieurs mois. Elle se fait traiter à l’Hôpital de l’Université américaine à Beyrouth (AUBMC), grâce à une aide de l’ONG Cancer Support Fund, affiliée à l’AUBMC. Sauf que cette mère de famille a récemment arrêté le traitement pendant une semaine, faute de médicaments et de matériel à l’hôpital. Elle a repris ses soins hier, l’établissement ayant finalement reçu des dons de médicaments. « J’ai préféré acheter à manger à mon fils de 3 ans, plutôt que d’acheter de quoi me faire traiter. D’ailleurs, je n’ai même pas les moyens de me procurer des médicaments ou de payer des examens », confie Maya, dont le traitement était introuvable au Liban, que ce soit par les canaux pharmaceutiques d’usage ou sur le marché noir. Une situation dramatique de plus qui vient s’ajouter à la liste des pénuries que traverse le pays et qui met en danger le secteur hospitalier et la vie des patients atteints de cancer.

Maya et les 37 autres patients cancéreux de l’AUBMC ont pu heureusement reprendre le traitement cette semaine, grâce à des dons de la Fondation du Roi Hussein pour la lutte contre le cancer, présidée par la princesse Ghida Talal, et d’une compagnie pharmaceutique. Mais s’ils avaient été obligés d’attendre plus, les conséquences auraient sans doute pu être désastreuses, avertit Hala Dahdah Abou Jaber, présidente de Cancer Support Fund qu’elle a cofondée avec le Dr Ali Taher, professeur en hématologie et oncologie et directeur du Naef Basile Cancer Institute de l’AUBMC. « Il y a danger de mort lorsque l’on arrête ce genre de traitements, explique Mme Dahdah Abou Jaber dont l’association finance le traitement d’un groupe de patients. Certains ont essayé d’acheter leurs médicaments en Syrie ou en Turquie, mais c’est très coûteux. » « Une dose du traitement utilisé pour le cancer du côlon coûte 3 400 dollars qui doivent être payés en liquide au vu de la crise, tandis qu’un traitement de 28 jours préconisé pour les leucémiques est facturé 100 000 dollars. La thérapie hormonale pour le cancer du sein n’est pas disponible au Liban, ainsi que les sérums de renforcement de l’immunité ou encore les anticoagulants », indique-t-elle.

Appel à la diaspora

Le Dr Ali Taher reconnaît également que la situation est difficile mais il estime que le travail ne doit pas s’arrêter pour autant. « La crise est amenée à s’étendre et certains pensent qu’il faudra une dizaine d’années pour que le pays se relève. En attendant, nous devons assurer les traitements nécessaires pour les prochaines semaines et les prochains mois. Le pays a besoin d’une vision sur le long terme, mais quand il s’agit de souffrance humaine, les professionnels de santé n’ont d’autre choix que de continuer à travailler », confie le médecin. « Je veux être positif, car si le pire devait arriver, nous risquons un véritable désastre et un effondrement total », ajoute-t-il.Face à une situation qui risque d’empirer dans les prochaines semaines, la présidente de l’ONG appelle par ailleurs les Libanais de la diaspora à venir en aide à l’association. « Cela fait un bon moment que la situation est difficile, mais tout a empiré il y a deux semaines. Les aides que nous venons de recevoir nous permettront de continuer peut-être un mois, mais tant que la crise est là nous allons nous retrouver face au même problème », indique Hala Dahdah Abou Jaber. « Nous lançons un appel à l’aide à la diaspora, voire à la communauté internationale », ajoute-t-elle. Fondée en 2018, Cancer Support Fund a déjà traité 590 patients et financé les tests et consultations de 955 autres.

* Le prénom a été changé.

Pour venir en aide au Cancer Support Fund, si vous êtes à l’étranger:

Don à l’adresse de AUB-Cancer Support Fund

Banque: JP Morgan Chase Operating Account, New York, USA

Adresse de la branche: 4Chase, MetroTech Center, Brooklyn, NY11245

Numéro d’acheminement bancaire: 021000021

Swift code: CHASUS33

Numéro de compte: 005022622

Dons au Liban:

Citibank, NA Lebanon

Nom du compte: American University of Beirut

Détails de transfert: compte pour dons

IBAN LB44 0115 0000 0000 0006 0022 4387

USD fresh funds 0600224387

Swift CITILBBE

Désignation (Cancer Support Fund)

La Fondation du Roi Hussein à la rescousse

Le Children’s Cancer Center of Lebanon (CCCL), centre de l’AUBMC pour le traitement des enfants cancéreux, a reçu une cargaison de médicaments introuvables au Liban fournie par la Fondation du Roi Hussein pour la lutte contre le cancer. Le CCCL s’occupe de fournir un traitement médical et psychologique gratuit à plus de 50 % des enfants diagnostiqués avec un cancer.

Maya*, la trentaine, souffre d’un cancer depuis plusieurs mois. Elle se fait traiter à l’Hôpital de l’Université américaine à Beyrouth (AUBMC), grâce à une aide de l’ONG Cancer Support Fund, affiliée à l’AUBMC. Sauf que cette mère de famille a récemment arrêté le traitement pendant une semaine, faute de médicaments et de matériel à l’hôpital. Elle a repris ses soins hier, l’établissement ayant finalement reçu des dons de médicaments. « J’ai préféré acheter à manger à mon fils de 3 ans, plutôt que d’acheter de quoi me faire traiter. D’ailleurs, je n’ai même pas les moyens de me procurer des médicaments ou de payer des examens », confie Maya, dont le traitement était introuvable au Liban, que ce soit par les canaux pharmaceutiques d’usage ou sur le marché noir. Une situation...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut