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Moyen-Orient - Témoignages

L’étau se resserre jour après jour autour des femmes en Afghanistan

La prise du pouvoir fulgurante des talibans ravive le spectre d’une période sombre, de nombreuses Afghanes craignant désormais pour leur avenir ou leur vie.

L’étau se resserre jour après jour autour des femmes en Afghanistan

Les Afghanes vivent désormais sous la menace de la réinstallation de la charia par les talibans, nouveaux maîtres du pays. Photo d’archives AFP

Lorsque les forces américaines ont entamé leur retrait d’Afghanistan en mai dernier, Yasmine*, 28 ans, avait reçu un message sur son portable de la part de son cousin, un taliban de Kandahar : « Hehehe. C’est notre tour à présent. » Depuis, elle ne dort plus la nuit. Deux semaines après la prise de pouvoir de la capitale par les forces talibanes, la population est aux abois et les femmes vivent dans la peur. « J’ai l’impression que mon oncle va débarquer à tout moment et réclamer son “dû” », raconte la jeune femme au téléphone. Elle n’a que trois mois lorsque ce dernier passe un “accord” avec son père la promettant comme épouse à l’un de ses fils. Un marché que celui-ci fait mine d’accepter, sous la menace, avant de se rétracter des années plus tard, martelant que c’est à Yasmine, et uniquement à elle, de décider de sa vie. Des histoires comme celle-ci sont légion dans son pays.

Au fil des jours, la conquête des différentes provinces ravive le spectre d’une période sombre, il y a vingt ans. Selon les reportages qui ont été diffusés récemment, Kaboul a déjà changé de visage. Les burqas ont refait surface. Les femmes y sont traquées, battues, jugées sur leur apparence vestimentaire. Peu à peu, leurs portraits dans la ville s’effacent. Les vitrines des magasins pour dames ou de robes de mariée ont été peintes en noir ou blanc et des instituts de beauté ont fermé leurs portes.

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Durant les cinq années au cours desquelles ils ont dirigé le pays, les talibans avaient imposé leur version ultrarigoriste de la charia. Les femmes avaient interdiction de travailler, les filles d’aller à l’école. Les femmes accusées de crimes, comme l’adultère, étaient fouettées et lapidées. Hanifa Mati, 50 ans, est institutrice, tout comme sa fille aînée. Depuis le retour des fondamentalistes, elles ne sont plus retournées au travail. Elle se souvient trop bien de l’époque où elle n’avait pas le droit de sortir de chez elle sans chaperon masculin et où le moindre écart pouvait lui coûter la vie. « Lorsque les talibans sont partis en 2001, on a pu servir notre pays dans un environnement calme et les jeunes filles étaient enfin heureuses de pouvoir aller à l’école », confie Mme Mati. Sa fille Sajia, 21 ans, était à l’Université de Kaboul où elle étudie lorsque les nouveaux maîtres du pays ont débarqué triomphalement. Depuis, elle n’est plus ressortie de chez elle. « Je suis née dans une famille libre et je me suis toujours habillée comme je veux. On ne pense qu’à une chose, c’est fuir le pays », raconte-t-elle via WhatsApp.

« Ce sont des sauvages, j’ai peur »

L’idée de troquer ses jeans et ses robes contre une burqa terrorise Rabia Safi, une autre étudiante en psychologie âgée de 20 ans. « Je ne vais plus en cours, je me morfond chez moi. Je suis dans un état de détresse psychologique, je ne vous le cache pas. Ce sont des sauvages, j’ai peur », confie la jeune femme. Lorsque les talibans sont arrivés au pouvoir la première fois, ses parents se sont réfugiés au Pakistan où elle est née en 2001. Elle n’a que quatre mois lorsqu’ils reviennent s’installer à Kaboul, où elle grandit au sein d’une fratrie de douze enfants : huit filles et cinq garçons. « Nous avons des parents ouverts d’esprit qui nous ont instruits de la même manière. Nous sommes tous allés à la faculté », raconte la benjamine de la famille. Ses parents ne lui ont jamais caché la période noire qu’ils ont vécue avant de fuir pour le Pakistan. Une époque qu’elle pensait révolue, dont l’évocation même la plonge dans une grande tristesse. « Ma mère fond en larmes à chaque fois qu’elle repense aux nuits dans les caves, au manque de nourriture faute d’argent. Mais surtout à la mort d’un jeune frère lors de la guerre contre les talibans, dit-elle. On va replonger dans les ténèbres. »

Yasmine, elle, a connu cette époque jusqu’à ses huit ans. Petite, elle a vu sa mère se faire tabasser sans aucune raison par des hommes alors qu’elles faisaient du shopping, chaperonnées par un petit cousin de 14 ans. Dans sa famille élargie, ses trois sœurs et elle seront les seules à aller à l’école à Kandahar. Au grand dam de leur oncle paternel, un taliban. Son père, lui, avait pris ses distances et avait travaillé pour une compagnie américaine. Une hérésie pour la famille. « J’étais battue, menacée de mort, parce que je voulais continuer à aller à l’école. Alors on est partis s’installer à Kaboul », raconte-t-elle.

Le départ des talibans et la présence occidentale ont permis à une partie des jeunes Afghans d’entrevoir un avenir meilleur, malgré les défis. Avoir accès à l’éducation supérieure a changé les horizons de centaines de milliers de jeunes femmes, prêtes à se battre pour leurs droits. À réclamer ce que leur mère s’étaient vu refuser. Fin 2001, le nouveau gouvernement et les pays qui avaient rejoint la coalition dirigée par les États-Unis ont été confrontés à deux défis majeurs. Rétablir un système éducatif pour la moitié de la population mineure dans un pays désespérément pauvre et aider les filles et les femmes qui ont été empêchées d’aller à l’école sous le régime des talibans à rattraper ce dont elles ont été privées.

« À la fin de l’ère talibane, les femmes partaient de très loin : des millions de petites filles ont eu accès à l’éducation, des femmes ont pu travailler, et ce même dans des domaines comme la justice ou au sein du gouvernement, dans la police ou l’armée », rappelle Heather Barr, codirectrice par intérim de la division Droits des femmes à Human Rights Watch (HRW). « Aujourd’hui, on a l’impression que ces opportunités ont disparu en une nuit », estime-t-elle.

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L’arrivée des talibans à Kaboul fait craindre le pire aux habitants

Dans ce pays en guerre toujours considéré comme le pire au monde pour les femmes, les statistiques sont difficiles à obtenir. En 2017, un responsable du ministère afghan de l’Éducation a déclaré à HRW que sur les 9,3 millions d’enfants scolarisés, 39 % étaient des filles. Mais selon l’ONG, ces chiffres sont gonflés. Selon l’Unicef, parmi les 3,7 millions d’enfants non scolarisés, 60 % sont des filles. Des progrès lents en vingt ans, mais qu’on ne peut occulter. Selon le New York Times, un tiers des étudiants à l’université sont des femmes et les Afghanes représentaient en 2020 36 % de la main-d’œuvre du pays, selon la Banque mondiale. Mais si certaines ont eu la chance d’avoir accès à l’éducation durant cette période, la société n’a pas changé radicalement pour autant.

Courir après notre peau

Parce qu’il a toujours craint pour la sécurité de ses filles, le père de Rabia ne les a jamais laissées sortir de la maison après 18h. « Les hommes nous perçoivent comme des objets et ne pensent qu’au sexe », dit-elle. Une peur qui s’est accentuée depuis deux semaines pour l’étudiante qui ne sort plus de chez elle de peur d’être violée par des combattants. En 2015, l’Organisation mondiale de la santé estimait que 90 % des Afghanes avaient subi au moins une forme de violence domestique. La culture patriarcale prévaut et les violences, notamment les crimes d’honneur, n’ont jamais cessé. Selon la Commission afghane indépendante des droits humains, 80 % des tentatives de suicide sont faites par des femmes.

Depuis la mort de son père il y a quelques années, Yasmine quant à elle vit sous la menace constante de son oncle resté à Kandahar. Parce qu’elle lui tient tête et qu’elle affiche des ambitions professionnelles élevées, elle risque sa vie. « Une fois, il a débarqué armé chez nous en me disant que je n’avais pas besoin d’aller à l’université, j’ai été battue jusqu’au sang », raconte-t-elle.En 2009, une loi contre les violences faites aux femmes a été signée par le gouvernement Karzaï, mais sa mise en œuvre est loin d’être respectée à travers le territoire. « Il y a eu des refuges créés pour les femmes victimes d’abus, des tribunaux spéciaux. Il a fallu des années pour arriver à avoir un système, même dysfonctionnel, et je crains que les talibans ne tolèrent pas cela et démantèlent tous ces acquis », poursuit Heather Barr. « Par rapport à leur passif, et à la façon terrible dont ils ont toujours traité les femmes, on ne peut pas leur accorder le bénéfice du doute », ajoute-t-elle. Dans un souci d’atténuer leur image, les talibans se sont engagés la semaine dernière à « laisser les femmes travailler », affirmant que la burqa ne serait pas obligatoire, ou que les filles pourraient aller à l’école ou à l’université. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre. À cause de ses expériences traumatisantes, Yasmine ne fait plus confiance aux hommes et ne se voit pas mariée un jour, malgré les supplications de sa mère, ces derniers temps, qui craint pour sa vie. « Pour l’instant, les talibans sont occupés à forger leur pouvoir, mais ils ne tarderont pas à courir après notre peau », poursuit Yasmine qui vit recluse, en s’accrochant à un dernier espoir : décrocher une bourse et rejoindre ses frères ou sa sœur à l’étranger. Avec le désengagement américain, les acquis et les droits des femmes volent en éclats jour après jour. Sajia ne sait pas quand elle pourra retourner sur les bancs de la fac, alors que sa génération ne cherche qu’à s’enfuir. « On a perdu espoir parce que nous sommes trop libres pour accepter de vivre sous la loi des talibans. »

*Le prénom a été modifié pour des raisons de sécurité.



Lorsque les forces américaines ont entamé leur retrait d’Afghanistan en mai dernier, Yasmine*, 28 ans, avait reçu un message sur son portable de la part de son cousin, un taliban de Kandahar : « Hehehe. C’est notre tour à présent. » Depuis, elle ne dort plus la nuit. Deux semaines après la prise de pouvoir de la capitale par les forces talibanes, la population est aux...

commentaires (3)

POUR LES TALIBANS LES FEMMES SONT PIRE QUE DES ESCLAVES. ELLES SONT DE DENSES VOILES QUI MCIRCULENT, S,IL LEUR AIT PERMIS, ET OBJETS SUR LESQUELLES CES BETES SE DEPRAVENT SEXUELLEMENT A SATIETE.ET PUIS BONNES POUR ELEVER LEURS CLONES REJETONS.

SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

14 h 52, le 27 août 2021

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Commentaires (3)

  • POUR LES TALIBANS LES FEMMES SONT PIRE QUE DES ESCLAVES. ELLES SONT DE DENSES VOILES QUI MCIRCULENT, S,IL LEUR AIT PERMIS, ET OBJETS SUR LESQUELLES CES BETES SE DEPRAVENT SEXUELLEMENT A SATIETE.ET PUIS BONNES POUR ELEVER LEURS CLONES REJETONS.

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    14 h 52, le 27 août 2021

  • Bonjour. Je me permets une critique constructive. C’est un article traduit par Google translate?? Le »français » utilisé est plus que moyen. Le style est bancal… par ex « les femmes avaient interdiction de travailler » !!!?!! C’est puisé de quelle langue? ( les femmes étaient interdites de travail ) parce que le verbe « avoir » utilisé par la rédactrice n’a pas sa place. Si le rédacteur ne maitrise pas sa langue française, n’y a t-il pas un correcteur qui passe après ? En vous souhaitant une bonne journée

    radiosatellite.online

    08 h 34, le 27 août 2021

  • Et chez nous on a l’État Liban… et ce n’est pas mieux…

    Gros Gnon

    06 h 45, le 27 août 2021

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