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Un virage grand public semé d’embûches pour OnlyFans, « l’Instagram porno »

Un virage grand public semé d’embûches pour OnlyFans, « l’Instagram porno »

Valery Lopez, une travailleuse du sexe utilisant OnlyFans comme support, posant le 1er décembre 2020 pour le photographe Michael Davis afin de créer du contenu sur son profil de « l’Instagram porno ». Cristian Hernandez/AFP

La sulfureuse plateforme OnlyFans a annoncé l’interdiction de « tout contenu sexuellement explicite » dès le mois d’octobre, une étape cruciale dans son virage grand public qui promet cependant d’être périlleux tant sa réputation lui colle à la peau. Surnommé « l’Instagram porno payant », OnlyFans se présente comme une plateforme qui « révolutionne les relations entre créateurs et fans » en permettant aux utilisateurs de s’abonner à des contenus exclusifs proposés par des créateurs. Mais la plateforme s’est surtout forgé une solide réputation autour du divertissement pour adultes.

La popularité d’OnlyFans, société basée au Royaume-Uni, a explosé pendant la pandémie de Covid-19 lorsque de nombreux travailleurs du sexe ont investi le site pour continuer à travailler. Plus de 150 millions d’utilisateurs et quelque 2 millions de créateurs de contenu sont sur OnlyFans, et presque 500 000 nouveaux utilisateurs rejoignent la plateforme chaque jour. OnlyFans reverse 80 % des revenus générés par les créateurs de contenus aux créateurs, et garde les 20 % restants. Depuis sa création en 2016, la société dit avoir versé plus de 4,5 milliards de dollars aux créateurs, parmi lesquels la rappeuse Cardi B, DJ Khaled, l’acteur Tyler Posey ou encore le boxeur professionnel Floyd Mayweather.

Son plus grand défi est désormais d’attirer des créateurs de contenus grand public. Un changement d’image de marque a déjà été lancé dans la communication du site sur les réseaux sociaux. Influenceurs de mode, chanteurs, maquilleurs virtuoses, stylistes ou coaches sportifs... rien ne laisse penser en visitant la page Twitter ou Instagram de la plateforme qu’il s’agit de l’eldorado du contenu payant pour adultes. « J’ai vraiment hésité à créer un compte », explique Chase Ingrande, artiste et drag-queen sous le pseudonyme Chase Runaway. « Pas parce que je pense que le contenu pornographique est une chose négative. Je ne suis tout simplement pas ce genre de créateur », poursuit-il. Barbara Aleks, styliste et conseillère en image à Toronto (Canada), concède également avoir douté après qu’OnlyFans l’a contactée, principalement en raison de l’image sulfureuse du site internet. « Mais après qu’ils m’ont (...) expliqué qu’il y avait un tout autre côté, j’ai pensé que j’allais essayer. » La styliste assure ne pas avoir été payée par OnlyFans pour tenter l’aventure. Juste un peu de promotion gratuite... La créatrice de contenu a mis en place un abonnement gratuit à sa page OnlyFans, le temps d’y faire grandir sa « communauté ». Elle n’en retire donc pas encore de revenus, malgré ses 8 000 abonnés gagnés à peine une semaine après la création de son compte. Chase Ingrande n’a, lui non plus, pas encore gagné d’argent. Présent notamment sur Instagram, TikTok et Twitter, l’artiste drag-queen aurait cru que ses followers sur les réseaux sociaux le suivraient sur ce nouveau support. Mais non. « OnlyFans a un public exclusif à OnlyFans », constate-t-il.

C’est justement ce créneau sulfureux qui a découragé certains créateurs de contenus non pornographiques invités à rejoindre la plateforme. L’artiste texane Bria

Gladney, spécialiste des portraits et des paysages à la peinture à l’huile, n’a fait qu’un passage éclair d’une dizaine de jours sur OnlyFans. « Ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais d’après la publicité d’OnlyFans. Le public là-bas n’est pas intéressé par les peintures d’arbres, si vous voyez ce que je veux dire, ironise-t-elle. Je vais m’en tenir aux plateformes qui ciblent les créatifs plutôt que les travailleuses du sexe ! »

En décembre 2018, la société new-yorkaise de blogs Tumblr avait banni les contenus pour adultes de ses pages. Sa fréquentation avait immédiatement baissé de 30 %, selon les estimations du site SimilarWeb.

Source : AFP

La sulfureuse plateforme OnlyFans a annoncé l’interdiction de « tout contenu sexuellement explicite » dès le mois d’octobre, une étape cruciale dans son virage grand public qui promet cependant d’être périlleux tant sa réputation lui colle à la peau. Surnommé « l’Instagram porno payant », OnlyFans se présente comme une plateforme qui « révolutionne les relations entre créateurs et fans » en permettant aux utilisateurs de s’abonner à des contenus exclusifs proposés par des créateurs. Mais la plateforme s’est surtout forgé une solide réputation autour du divertissement pour adultes.La popularité d’OnlyFans, société basée au Royaume-Uni, a explosé pendant la pandémie de Covid-19 lorsque de nombreux travailleurs du sexe ont investi le site pour continuer à travailler....
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