47,6 % : C’est le déclin du nombre de ventes de voitures au Liban sur les sept premiers mois de l’année, passant de 4 622 voitures vendues sur la même période en 2020 à 2 423, selon les chiffres de l’Association des importateurs d’automobiles (AIA) relayés par le rapport hebdomadaire Lebanon This Week de Byblos Bank. Cette baisse constitue également une chute de 85 % par rapport aux sept premiers mois de 2019 (16 124 voitures vendues). Dans le détail, juin est le mois collectant le plus grand nombre de transactions (602), tandis que février remporte la palme de l’exception avec une seule voiture immatriculée et une chute de 99,89 % en glissement annuel. Un indicateur qui avait d’ailleurs fait les gros titres des médias nationaux, tel un des symboles de la crise économique et financière que traverse le Liban depuis près de deux ans.
L’explication à cette baisse des ventes s’élargit toutefois aux conséquences de la pandémie de Covid-19 et, principalement, au confinement décrété mi-janvier dernier par les autorités libanaises pour tenter de contenir une recrudescence des contaminations dans le pays suite au relâchement des fêtes de fin d’année. C’est en partie pour cela, par exemple, que janvier comptabilise seulement 61 ventes et février une seule, les ventes ne pouvant ni s’effectuer ni s’enregistrer en raison des fermetures des commerces et administrations concernés. À cette raison s’ajoute également celle de la crise, ayant entraîné une fluctuation intense ces derniers mois du taux de change entre la livre libanaise et le dollar américain, avec un premier pic atteint à la mi-mars de 15 000 livres le dollar sur le marché parallèle, faisant gravement chuter le pouvoir d’achat des Libanais.
Si la crise s’est concrétisée à la fin de l’été 2019, entraînant un manque de liquidités en devises et l’émergence d’un marché parallèle, entre autres, elle couvait déjà depuis quelques années, alors que le marché libanais faisait face à de nombreux défis, comme l’indique le rapport, telles une contraction de l’activité économique et une insécurité de l’emploi. L’AIA ajoute à ses explications que les concessionnaires de voitures ont subi des pertes chiffrées en dizaines de millions de dollars en raison de l’explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020, un grand nombre d’entre eux étant situés à proximité. La facture totale de cette catastrophe a, elle, été estimée entre 3,8 et 4,6 milliards de dollars selon la « nouvelle évaluation rapide » (Rapid Damage and Needs Assessment, RDNA) réalisée par le groupe de la Banque mondiale, en collaboration avec l’ONU et l’Union européenne.
L’AIA a également mis en garde contre la fermeture de plusieurs de ces concessionnaires, et donc du licenciement de leurs employés, alors que les ventes de voitures devraient encore se détériorer dans les prochains mois, selon l’association. Enfin, celle-ci a estimé que les taxes versées au Trésor ont diminué de 87,5 % en deux ans, passant de 265 millions de dollars en 2018 à 33 millions de dollars en 2020.



Il est même conçu de vendre la moitié du lot de voitures actuellement au Liban qui rapporterait un milliard de dollars ou plus. Les familles devraient s'habituer à un nombre restraint de voitures, quitte à voir un vrai lancement de transports publics, à l'image des pays qui gèrent bien les deniers publics.
19 h 24, le 23 août 2021