Le père et le fils : Jan (à droite) et Kevin Magnussen posant pour une photo souvenir. Pour la première fois, ils disputeront les 24 Heures du Mans dans la même voiture. Jean-François Monier/AFP
L’un, Kevin, a fait carrière en F1, l’autre, Jan, a marqué l’endurance auto de son nom. Mais les routes des Magnussen père et fils se croisent en cette 89e édition des 24 Heures du Mans, qui débute aujourd’hui, qu’ils disputeront dans la même voiture pour la première fois.
« C’est déjà un rêve qui se réalise », savoure Kevin Magnussen, évoquant le fait de pouvoir courir avec son père en LMP2 pour High Class Racing au sein d’un trio également composé d’un autre Danois, Anders Fjordbach. Et quoi de mieux que Le Mans pour réaliser ce rêve ensemble ? Si Kevin, 28 ans, est ce que l’on peut appeler un petit nouveau, le circuit de la Sarthe ne lui est pas non plus inconnu : « Le Mans a toujours fait partie de ma vie, vu que mon père a participé à la course. Je l’ai regardée chaque année chez moi ou ici. J’ai l’impression de bien connaître son déroulement. Et c’est fantastique d’aller faire quelque chose dans la vraie vie alors que vous avez regardé l’événement à la télévision. » Le grand public l’a connu du côté de la F1, avec sept saisons, dont quatre chez Haas, l’écurie américaine quittée fin 2020. Il se tourne alors vers l’endurance et le championnat IMSA aux États-Unis pour Chip Ganassi Racing. Il rejoindra Peugeot en 2022 en tant que pilote en Hypercar, catégorie reine du championnat du monde (WEC), dont les 24 Heures du Mans sont l’épreuve phare. En attendant, en juin, à Detroit, Kevin a remporté sa première course dans le championnat américain. Il l’admet : « C’est tellement bon de gagner à nouveau. » « La F1 est très bien à bien des égards. Mais si vous êtes un pilote de course, vous voulez être compétitif. En F1, si vous n’avez pas la bonne voiture, c’est très difficile, voire impossible. Maintenant, je peux aller à chaque course et rêver de la victoire. »
Jan Magnussen, 48 ans, connaît, lui, le succès au Mans. En 22 participations à la classique mancelle, il a été quatre fois vainqueur en catégorie LMGTS (1 titre) puis LMGT1 (3 sacres). Selon lui, les deux hommes, qui ont seulement 20 ans d’écart, peuvent se compléter : « Kevin apporte beaucoup d’expérience par rapport au travail avec les ingénieurs, comment extraire le meilleur de la voiture. Je crois que beaucoup de gens pensaient que je lui apprendrais beaucoup, mais, jusqu’à présent, ça a été l’inverse. Je me sens chanceux de le faire avec lui et de ce que je peux apprendre. »
Kevin Magnussen, de son côté, se réjouit que son père l’ait laissé « développer sa carrière ». « Je vois d’autres pilotes qui ont des pères coureurs. Ils ont tendance à être très impliqués. Là, mon père menait sa carrière en même temps que moi, et, du coup, ça a été différent. Je pense que c’est positif. » De là à ne pas lui donner de conseils ? « Je lui ai donné des conseils toute sa vie », répond justement le père. « Mais il n’en retient que 2 ou 3 % », ajoute-t-il en riant. Comme un dernier clin d’œil de cette « nouvelle étape » dans sa vie, Kevin est lui aussi devenu père pour la première fois en janvier. Alors, en attendant de voir sa fille peut-être rejoindre l’équipage familial dans quelques années, il va profiter du moment et tenter de viser la victoire avec Jan, « sans doute le grand-père le plus rapide du monde ».
Laurie VEYRIER/AFP
Exposition, film, trophée : la classique mancelle prépare ses 100 ans
À la veille de la 89e édition des 24 Heures du Mans, l’Automobile Club de l’Ouest (ACO) a dévoilé hier les contours du centenaire de la course sarthoise, en 2023, pour lequel une exposition et un trophée spécial seront créés. Afin de célébrer comme il se doit les 100 ans d’existence de la classique mancelle, une exposition débutera lors des 24 Heures du Mans 2023 et se prolongera durant un mois, jusqu’à l’événement Le Mans Classic réservé aux voitures de course anciennes. Elle sera installée dans le musée du circuit. « On a essayé de rassembler toutes les voitures qui ont gagné Le Mans », a précisé Pierre Fillon, président de l’ACO, qui organise la course. Alors que 2023 marquera aussi le retour dans la catégorie reine de constructeurs de renom comme Ferrari, Porsche et Audi, un trophée spécial centenaire sera créé : « Toutes les grandes marques voudront gagner la course du centenaire », assure Pierre Fillon. Parmi les autres événements qui attendent le public pour cette « grande fête populaire », la réalisation d’un film, retraçant l’histoire de la course et de ceux qui l’ont marquée, est prévue, ainsi que des événements à l’étranger puis à Paris en 2023.
Un carburant « 100 % renouvelable » en endurance auto en 2022
Un carburant « 100 % renouvelable » sera introduit en 2022 en championnat du monde d’endurance automobile (WEC), dont l’épreuve phare est les 24 Heures du Mans, ainsi qu’en European Le Mans Series (ELMS), ont annoncé hier les organisateurs. Développé par TotalEnergies, ce carburant « sera produit sur une base de bioéthanol issue de résidus viniques provenant de l’agriculture française et d’ETBE (éthyl tertio butyl éther, un carburant de substitution produit à partir de l’éthanol et de l›isobutène), produit à la raffinerie TotalEnergies de Feyzin (Rhône) grâce à des matières premières issues également de l’économie circulaire », est-il précisé dans un communiqué. « Ce carburant devrait permettre une réduction immédiate d’au moins 65 % des émissions de CO2 des voitures en piste », est-il également annoncé, alors que le carburant utilisé lors de l’édition 2021 des 24 Heures du Mans, ce week-end, intègre 10 % de bioéthanol. Les grands championnats de la Fédération internationale de l’automobile (FIA) adoptent les uns après les autres des carburants dits « durables », ou « renouvelables », sous l’impulsion de l’instance dirigeante du sport auto.
« C’est déjà un rêve qui se réalise », savoure Kevin Magnussen, évoquant le fait de pouvoir courir avec son père en LMP2 pour High Class Racing au sein d’un trio également composé d’un autre Danois, Anders Fjordbach. Et quoi de mieux que Le Mans pour réaliser ce rêve ensemble ? Si Kevin, 28 ans, est ce que l’on peut appeler un petit nouveau, le circuit de la Sarthe ne lui est pas non plus inconnu : « Le Mans a toujours fait partie de ma vie, vu que mon père a participé à la course. Je l’ai regardée chaque...


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