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Lifestyle - Unesco

À la découverte du grand cru 2021 du patrimoine mondial

De la Chine à l’Arabie saoudite en passant par l’Iran, l’Italie, la France et les grandes villes thermales d’Europe, balade à travers les nouveaux sites inscrits en 2021 sur la liste du Centre du patrimoine mondial de l’Unesco.

À la découverte du grand cru 2021 du patrimoine mondial

Le chemin de fer transiranien tout-terrain. Photo Hossein Javadi tirée du site whc.unesco.org

Quand l’un des monuments culturels uniques au monde, le temple Ramsès II à Abou Simbel, avait été menacé de destruction lors de la construction du barrage d’Assouan en 1959, l’Unesco était venue à la rescousse. Il s’agissait en quelque sorte du coup d’envoi de ce qui deviendrait officiellement en 1972 le Centre mondial de la protection du patrimoine culturel et naturel de l’Unesco. Depuis, une multitude de sites et de réalisations ayant une valeur exceptionnelle du point de vue de l’histoire, de l’art ou de la science ont été placés sous son aile protectrice. Cette année, d’extraordinaires œuvres d’origine et de source différentes, issues des mains de l’homme ou modelées par la nature, ont rejoint cette prestigieuse Liste. Dans la catégorie Nouveaux Biens inscrits, on retrouve ainsi 16 sites culturels allant notamment de Quanzhou, emporium maritime mondial de la Chine des Song et des Yuan (du Xe au XIVe siècle de notre ère) à l’ensemble archéoastronomique de Chanquillo au Pérou (250-200 av. J.-C.), en passant par l’aire culturelle de Himā en Arabie saoudite, le chemin de fer transiranien, les colonies de bienfaisance situées en Belgique et dans les Pays-Bas, les cycles de fresques du XIVe siècle à Padoue, le phare de Cordouan en France, les grandes villes d’eau d’Europe, l’église d’Atlántida en Uruguay et le paysage minier de Roșia Montană en Roumanie. Arrêt tout à fait subjectif sur cinq des plus étonnantes merveilles de ce grand cru 2021.


Les arts rupestres culturels de Himà Narjàn. Photo SCTH tirée du site whc.unesco.org

Le chemin de fer transiranien tout-terrain et ses 360 ponts

Il s’agit d’un remarquable exploit d’ingénierie. Ce chemin de fer qui relie la mer Caspienne au golfe Arabo-Persique est une réalisation unique en son genre. Sa construction a duré de 1927 à 1938. Sa voie, longue de 1 394 kilomètres, traverse deux chaînes de montagnes, des rivières, des hauts plateaux, des forêts et des plaines, et passe par quatre zones climatiques différentes. Pour parfaire ce parcours, il a fallu effectuer de vastes coupes à travers les montagnes et ériger 174 grands ponts, 186 petits ponts (360 au total) et 224 tunnels, dont 11 en spirale. Ce chemin de fer tout-terrain reflétait surtout la politiques de modernisation ambitieuse entreprise sous le règne du chah d’Iran, Reza Pahlavi. Le monarque avait cherché à limiter le contrôle étranger sur l’Iran. Un objectif atteint dans l’utilisation des taxes nationales, et non des investissements étrangers, pour financer et construire un chemin de fer pas du tout comme les autres.


Les colonnade du spa Mariánské Lázně. Photo Ladislav Renner tirée du site whc.unesco.org

L’aire culturelle de Himã en Arabie saoudite et l’art rupestre

Ce site a été reconnu pour son important art rupestre dépeignant des plantes et des animaux ainsi que des activités humaines, et se détache d’un lieu sec et montagneux le long d’une ancienne route utilisée par les caravanes. S’y trouvent également des inscriptions révélant les nombreuses cultures des personnes ayant voyagé à travers la péninsule Arabique au cours des siècles. Il s’agit plus précisément de messages utilisant différents alphabets, notamment le mousnad, l’araméen-nabatéen, le sudarabique, le talmudique, le grec et l’arabe. On trouve sur ce même emplacement les puits de bir Himā datant d’au moins 3 000 ans et qui donnent toujours de l’eau douce.


La lanterne du phare de Cordouan. Photo Gilles Vilquin tirée du site whc.unesco.org

Les grandes villes d’eau d’Europe et le concept de la balnéologie

Les sites nouvellement répertoriés et placés sous le nom de « grandes villes thermales d’Europe » comprennent onze villes développées autour de sources d’eau minérale naturelle dans sept pays européens. À savoir Bad Ems (Allemagne) ; Baden-Baden (Allemagne) ; Bad Kissingen (Allemagne) ; Baden bei Wien (Autriche) ; Spa (Belgique) ; Vichy (France) ; Montecatini Terme (Italie); Bath (Royaume-Uni) ; Franzensbad, Karlovy Vary et Mariánské Lázně, ou Marienbad (République tchèque). Ces centres, très appréciés encore aujourd’hui, sont issus d’une culture thermale qui s’est développée durant 200 ans, du début du XVIIIe siècle jusqu’aux années 1930. « L’ensemble incarne l’échange significatif des valeurs humaines, et les développements de la médecine, de la science et de la balnéologie (l’étude des bains thérapeutiques et des sources médicinales) », déclare l’Unesco dans un communiqué.

« Les colonies de bienfaisance » belges et néerlandaises

L’esprit caritatif du XIXe siècle est illustré par ce qui fut baptisé « les colonies de bienfaisance » établies en Belgique et dans les Pays-Bas à cette époque. Cette initiative témoigne d’une expérience de réforme sociale menée au XIXe siècle et qui visait à réduire la pauvreté urbaine en établissant des colonies agricoles dans des endroits reculés. Par la suite, elles avaient accueilli des orphelins, puis des mendiants et des vagabonds ramenés là pour y travailler. Ces colonies étaient conçues comme des établissements panoptiques, c’est-à-dire que les individus vivant et œuvrant dans ce cadre étaient sous surveillance à leur insu. Elles englobaient des édifices résidentiels, des fermes, des églises et autres espaces collectifs.

Le phare de Cordouan, chef-d’œuvre de la signalisation maritime

Situé à l’embouchure de l’estuaire de la Gironde, le phare de Cordouan en France fut construit au tournant du XVIIe siècle. Il est considéré comme un « chef-d’œuvre de la signalisation maritime » avec des caractéristiques technologiques et architecturales uniques. Ses formes sont inspirées des modèles antiques, du maniérisme de la Renaissance et du langage spécifique de l’institut de formation d’ingénieurs français, l’École des ponts et chaussées. Sa tour monumentale est décorée de pilastres, de colonnes, de modillons et de gargouilles. Le phare de Cordouan avait été conçu avec l’ambition de perpétuer la tradition des phares célèbres de l’Antiquité. Son exhaussement à la fin du XVIIIe siècle et les modifications apportées à sa lanterne affichent les avancées scientifiques et technologiques de l’époque.


Quand l’un des monuments culturels uniques au monde, le temple Ramsès II à Abou Simbel, avait été menacé de destruction lors de la construction du barrage d’Assouan en 1959, l’Unesco était venue à la rescousse. Il s’agissait en quelque sorte du coup d’envoi de ce qui deviendrait officiellement en 1972 le Centre mondial de la protection du patrimoine culturel et naturel de...

commentaires (1)

Dans une cinquantaine d'années, il y a de fortes chances que le Liban tout entier soit classé parmi les sites du patrimoine mondial de l'humanité, car avec les dirigeants que nous avons et qui risquent de s'éterniser avec leur progéniture, ce pays ne sera que ruine et vestiges comme la ville de Pompéi. Là où les pharaons ont mis des siècles pour construire des villes et des monuments qui des milliers d'années plus tard restent l'objet d'admiration du monde entier, le Liban aura été transformé en ruines de la main même de ceux qui étaient censés le faire prospérer. Détruire son propre pays à une telle vitesse n'est pas donné à tout le monde. Il fallait le faire. Notre mafia dirigeante l'a fait et excellemment! Bravo!

Georges Airut

04 h 53, le 13 août 2021

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Commentaires (1)

  • Dans une cinquantaine d'années, il y a de fortes chances que le Liban tout entier soit classé parmi les sites du patrimoine mondial de l'humanité, car avec les dirigeants que nous avons et qui risquent de s'éterniser avec leur progéniture, ce pays ne sera que ruine et vestiges comme la ville de Pompéi. Là où les pharaons ont mis des siècles pour construire des villes et des monuments qui des milliers d'années plus tard restent l'objet d'admiration du monde entier, le Liban aura été transformé en ruines de la main même de ceux qui étaient censés le faire prospérer. Détruire son propre pays à une telle vitesse n'est pas donné à tout le monde. Il fallait le faire. Notre mafia dirigeante l'a fait et excellemment! Bravo!

    Georges Airut

    04 h 53, le 13 août 2021

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