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Monde - Conflit

Trois nouvelles capitales provinciales du Nord afghan aux mains des talibans

Les villes de Kunduz, de Sar-e-Pul et de Taloqan sont tombées entre les mains des insurgés.

Trois nouvelles capitales provinciales du Nord afghan aux mains des talibans

Les talibans ont renforcé hier leur contrôle sur le nord de l’Afghanistan, en s’emparant de trois capitales provinciales supplémentaires, dont la grande ville de Kunduz, dans une large offensive que l’armée semble incapable d’enrayer.

À quelques heures d’intervalle, les insurgés ont, après de violents combats, pris possession de Kunduz, à 300 km au nord de Kaboul, qu’ils encerclaient depuis quelques semaines, et de Sar-e-Pul, 400 km plus à l’ouest. Et de la ville de Taloqan, dans le nord-est de l’Afghanistan, troisième capitale provinciale afghane tombée ce dimanche, et cinquième en trois jours. Ils contrôlent maintenant cinq des 34 capitales provinciales afghanes.

« Kunduz est tombée. Les talibans ont pris le contrôle de tous les bâtiments-clés de la ville », a affirmé un journaliste sur place. La ville d’environ 300 000 habitants, déjà tombée deux fois ces dernières années aux mains des insurgés, en 2015 et 2016, est un carrefour stratégique du nord de l’Afghanistan, entre Kaboul et le Tadjikistan. Les talibans se sont emparés de la ville de Taloqan, capitale de la province voisine de Takhar. « Le gouvernement a échoué à nous envoyer de l’aide et nous nous sommes retirés de la ville cet après-midi », a déclaré un responsable sécuritaire, alors qu’un habitant de Taloqan a rapporté que « les talibans sont partout ».

La prise de Kunduz constitue le principal succès militaire des talibans depuis le début de leur offensive en mai, lancée à la faveur du retrait des forces internationales, qui doit être complètement achevé d’ici au 31 août.

Après s’être emparés de vastes territoires ruraux sans rencontrer beaucoup de résistance, ils concentrent leurs efforts depuis début août sur les centres urbains, encerclant plusieurs capitales provinciales. « C’est le chaos total », a affirmé Abdul Aziz, un résident du centre de Kunduz, joint au téléphone.

Axe névralgique

Fin juin, les talibans avaient conquis les districts enserrant Kunduz et l’important poste-frontière de Shir Khan Bandar, frontalier du Tadjikistan, un axe névralgique pour les relations économiques avec l’Asie centrale.

Le ministère de la Défense a affirmé que les troupes gouvernementales tentaient de reprendre des zones-clés de Kunduz. « Les forces commandos ont lancé une opération de nettoyage. Certains endroits, dont la radio nationale et les bâtiments de la télévision, ont été dégagés », a-t-il affirmé.

« La capture de Kunduz est vraiment importante car elle va libérer un grand nombre de combattants talibans qui pourront ensuite être mobilisés en d’autres endroits du Nord », a souligné Ibraheem Thurial Bahiss, consultant de l’International Crisis Group (ICG).

Des images sur les réseaux sociaux montraient, au cours du week-end, ce qui semblait être des prisonniers talibans libérés dans les villes tout juste prises, qui pourront ensuite venir grossir leurs rangs.

Après Kunduz, Sar-e-Pul, à 600 km à l’ouest de Kaboul, est aussi tombée aux mains des talibans. Ceux-ci s’étaient déjà emparés samedi de Sheberghan, à 50 km plus au nord, fief du célèbre chef de guerre Abdul Rashid Dostom.

« Les talibans ont encerclé un bataillon de l’armée en périphérie de la ville. Toutes les autres parties de la ville sont sous le contrôle des talibans », a déclaré Mohammad Hussein Mujahidzada, un membre du conseil de la province de Sar-e-Pul.

Parwina Azimi, une activiste des droits humains, a affirmé que les responsables administratifs et le reste des forces armées s’étaient retirés vers des baraquements à environ trois kilomètres de Sar-e-Pul.

Rapidité de l’avancée

L’incapacité de Kaboul à tenir le nord du pays pourrait s’avérer cruciale pour les chances de survie du gouvernement. Le nord de l’Afghanistan a toujours été considéré comme une place forte contre les talibans, où la résistance à leur encontre avait été la plus forte lors de leur accession au pouvoir dans les années 1990.

Les talibans ont dirigé le pays entre 1996 et 2001, en imposant leur version ultrarigoriste de la loi islamique, avant d’être chassés par une coalition internationale menée par les États-Unis, pour leur refus de livrer Oussama Ben Laden, dans la foulée des attentats du 11 septembre.

Vendredi, les insurgés avaient aussi saisi, sans rencontrer la moindre résistance, la ville de Zaranj, capitale de la lointaine province de Nimroz (Sud-Ouest), à la frontière avec l’Iran.

Kandahar (Sud) et Hérat (Ouest), deuxième et troisième villes du pays, sont aussi soumises à leurs assauts depuis plusieurs jours, tout comme Lashkar Gah (Sud), capitale de la province du Helmand, un des bastions des insurgés.

La rapidité de l’avancée talibane a pris par surprise les observateurs mais aussi les forces de sécurité afghanes, malgré l’aide reçue de l’armée de l’air américaine qui a notamment bombardé les positions talibanes samedi à Sheberghan.

Les États-Unis ont intensifié leurs frappes aériennes, a reconnu le commandant Nicole Ferrara, porte-parole du commandement central de l’armée américaine, qui a déclaré samedi : « Les forces américaines ont procédé ces derniers jours à plusieurs frappes aériennes pour défendre nos partenaires afghans. »

Le gouvernement afghan n’a pas réagi à la perte de ces capitales provinciales, sinon pour s’engager à les reprendre rapidement. Mais il avait fait la même promesse pour les nombreux districts ruraux et postes-frontières tombés depuis mai, sans résultat tangible.

Source : AFP

Les talibans ont renforcé hier leur contrôle sur le nord de l’Afghanistan, en s’emparant de trois capitales provinciales supplémentaires, dont la grande ville de Kunduz, dans une large offensive que l’armée semble incapable d’enrayer. À quelques heures d’intervalle, les insurgés ont, après de violents combats, pris possession de Kunduz, à 300 km au nord de Kaboul, qu’ils encerclaient depuis quelques semaines, et de Sar-e-Pul, 400 km plus à l’ouest. Et de la ville de Taloqan, dans le nord-est de l’Afghanistan, troisième capitale provinciale afghane tombée ce dimanche, et cinquième en trois jours. Ils contrôlent maintenant cinq des 34 capitales provinciales afghanes.« Kunduz est tombée. Les talibans ont pris le contrôle de tous les bâtiments-clés de la ville », a affirmé un journaliste sur...
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