L’Allemande Malaika Mihambo est devenue championne olympique du saut en longueur grâce à un ultime essai à 7 m, devançant de 3 cm l’Américaine Brittney Reese et la Nigériane Ese Brume (6,97 m). Andrej Isakovic/AFP
Attention, exploit ! Le hurdleur norvégien Karsten Warholm a pulvérisé son propre record du monde du 400 m haies en s’imposant lors de la finale des Jeux olympiques, hier à Tokyo. Il en a arraché son maillot de rage en hurlant, se prenant la tête à deux mains, incrédule. L’exploit (45 sec 94/100es) est en effet énorme pour le Norvégien de 25 ans, puisqu’en un mois et deux courses il a abaissé un record du monde vieux de... 29 ans ! Le 1er juillet déjà, il avait effacé des tablettes, en 46 sec 70/100es, la marque de l’Américain Kevin Young qui datait des JO de Barcelone en 1992 (46 sec 78/100es). Warholm a même, semble-t-il, aspiré ses deux compères du podium, puisque l’Américain Rai Benjamin (46 sec 17/100es) et le Brésilien Alison Dos Santos (46 sec 72/100es) ont aussi réussi un chrono qui aurait été synonyme de record du monde il y a un mois. « J’ai couru comme pour sauver ma peau. À l’arrivée, mon cri, c’était de la pure joie, puis le fait de déchirer mon maillot de l’émotion pure », a lâché le héros du jour. Warholm a défriché des territoires chronométriques inconnus, devenant le premier homme de l’histoire sous les 46 secondes sur le 400 m haies, posant un jalon dans son sport (l’athlétisme) et dans sa discipline (le 400 m haies). Le Norvégien a ainsi donné un coup d’accélérateur exceptionnel à l’aiguille du temps, en améliorant son propre record de 76/100es de seconde, et a fait autant progresser le record de sa discipline que lors des 44 dernières années ! Soit la progression observée entre le chrono de référence de l’Américain Edwin Moses en 1977 (47 sec 45/100es) et le précédent record de Warholm réalisé en juin (46 sec 70/100es).
Quelques minutes auparavant, l’autre finale de la matinée d’hier avait aussi été spectaculaire. L’Allemande Malaika Mihambo est devenue championne olympique à la longueur grâce à un ultime essai à 7 m, qui lui a permis de devancer de trois centimètres l’Américaine Brittney Reese (6,97 m) et la Nigériane Ese Brume (6,97 m également, mais un 2e essai moins bon que Reese).
Cela promettait pour les finales de la soirée. Et la promesse fut tenue : la Jamaïcaine Elaine Thompson-Herah a remporté le 200 m, réussissant le doublé trois jours après le 100 m, comme à Rio en 2016, avec le deuxième chrono le plus rapide de l’histoire (21 sec 53/100es). Elle a devancé la sensation namibienne Christine Mboma, âgée de 18 ans, qui ne court le 200 m que depuis deux mois, étant privée du 400 m à cause du règlement sur l’hyperandrogénie. L’Américaine Gabrielle Thomas a pris la 3e place. Thompson-Herah confirme qu’elle est à 29 ans la meilleure sprinteuse du monde depuis cinq ans. Elle est la première femme à réussir le « double-double » 100-200 m sur deux éditions consécutives des Jeux olympiques. Sur le double tour de piste, le 800 m, l’Américaine Athing Mu a été sacrée championne olympique à seulement 19 ans en l’absence de la tenante du titre, la Sud-Africaine Caster Semenya, concernée par le règlement sur l’hyperandrogénie. Après avoir mené la course de bout en bout, Mu a devancé en 1 min 55 sec 21/100es la Britannique Keely Hodgkinson (1 min 55 sec 88/100es, 19 ans également) et l’Américaine Raevyn Rogers (1 min 56 sec 81/100es).
Duplantis seul sur le toit du monde
Également en soirée, le Suédois Armand Duplantis, recordman du monde, a été sacré champion olympique de saut à la perche. Duplantis, roi incontesté de la perche depuis deux saisons, est le seul à avoir franchi 6,02 m pour devancer l’Américain Christopher Nilsen (5,97 m) et le Brésilien Thiago Braz (5,87 m), ce dernier ayant été champion olympique en 2016 à Rio. Duplantis a tenté ensuite de battre son propre record du monde (6,18 m), avec une barre à 6,19 m, sans succès. Et au lancer du marteau, la Polonaise Anita Wlodarczyk a décroché un troisième titre olympique consécutif. Wlodarczyk s’est imposée avec un jet à 78,48 m, loin devant la Chinoise Wang Zheng (77,03 m) et une deuxième Polonaise, Malwina Kopron (75,49 m). Éloignée de la compétition pendant près de deux ans à cause d’une blessure, Wlodarczyk a profité à plein du report d’un an des Jeux à cause du Covid-19 pour réussir un incroyable retour à 35 ans. Quadruple championne du monde, elle a décroché son troisième or consécutif et validé définitivement sa place de plus grande sportive de l’histoire de sa discipline, dont elle détient le record du monde depuis 2016 (82,98 m).
Au gymnase, les projecteurs étaient braqués sur Simone Biles. Sous une pression maximale et victime d’une perte de repères dans l’espace qui lui ont gâché les JO, elle qui en était la grande favorite, la superstar américaine a décidé de remonter sur les agrès pour la finale de la poutre, un de ses agrès de prédilection. Celle qui est considérée comme la meilleure gymnaste de tous les temps a dû toutefois se consoler avec le bronze. Plus au sud de Tokyo, où la chaleur est une donnée importante dans les performances des sports extérieurs, c’est le vent qui pose problème. Sur le site d’Enoshima, le programme s’est donc chargé à la voile après le report des finales de lundi faute de vent. Les Britanniques en ont profité pour empocher deux titres, en Finn avec Giles Scott et en 49er avec le duo Dylan Fletcher et Stuart Bithell. Les Brésiliennes Martine Grael et Kahena Kunze ont récidivé en 49er FX après Rio en 2016.
Enfin, l’escalade fait ses débuts olympiques. Dans les compétitions internationales, les grimpeurs disputent trois épreuves indépendantes : la « difficulté », monter le plus haut possible sur un mur d’une quinzaine de mètres ; le « bloc », les grimpeurs doivent escalader des blocs de 4,5 mètres de hauteur ; et la « vitesse », faire le meilleur temps possible sur un parcours connu par cœur. Aux JO, le champion olympique sera le plus polyvalent, puisque les grimpeurs enchaîneront les trois disciplines.
Source : AFP


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