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Monde - États-Unis

Un ex-conseiller de Donald Trump inculpé pour avoir agi pour le compte des Émirats

L’homme d’affaires d’origine libanaise Thomas J. Barrack a été arrêté mardi en Californie, alors qu’il est accusé d’avoir fait du lobbying non déclaré au profit d’Abou Dhabi entre avril 2016 et 2018.


Un ex-conseiller de Donald Trump inculpé pour avoir agi pour le compte des Émirats

Thomas J. Barrack, ancien président du comité d’investiture présidentiel de Donald Trump, prononce un discours dans l’État de l’Ohio, aux Etats-Unis, le 21 juillet 2016. Chip Somodevilla/AFP

Son nom ne fait qu’allonger la liste des amis, ex-associés de campagne et conseillers de Donald Trump mis en cause pour leurs activités au profit de gouvernements étrangers. Le département de la Justice américaine a indiqué mardi que Thomas J. Barrack, un investisseur dans l’immobilier ayant servi de conseiller informel à la première campagne présidentielle de M. Trump et présidé le comité d’investiture présidentiel, a été arrêté et inculpé pour infraction aux lois sur le lobbying étranger, obstruction à la justice et fausses déclarations.

Selon l’acte d’accusation de 45 pages établi par le bureau du procureur de Brooklyn et rendu public mardi, M. Barrack, qui est d’origine libanaise et parle arabe, et deux autres individus « agissaient et conspiraient en vue d’agir comme des agents des Émirats arabes unis (EAU) entre avril 2016 et 2018 », soit la période couvrant la campagne électorale de M. Trump, son arrivée à la Maison-Blanche et les premiers mois de son administration. M. Barrack aurait alors usé de son amitié vieille de plusieurs décennies avec Donald Trump pour « faire avancer les objectifs politiques d’un gouvernement étranger » sans s’enregistrer en tant que lobbyiste ni révéler aux responsables de l’administration son travail au nom d’Abou Dhabi. Ces accusations renvoient à la loi américaine de 1938 sur l’enregistrement des agents étrangers, connue sous le nom de FARA, qui stipule que tous ceux qui cherchent à influencer la politique américaine ou l’opinion publique en faveur d’un gouvernement ou d’une entité étrangère doivent divulguer leurs activités au département de la Justice. En outre, M. Barrack aurait menti aux agents du FBI durant une interview en 2019 portant sur ses liens avec les États du Golfe.

Au total, sept chefs d’inculpation ont été retenus contre le septuagénaire à l’issue d’une enquête fédérale lancée en 2019 sur ses liens avec les EAU, dans le prolongement de l’enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller sur les soupçons d’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016. S’il n’est pas accusé d’avoir directement perçu des fonds émiratis, sa société d’investissement immobilier et privé, Colony Capital, a reçu entre 2016 et 2019 près de 1,5 milliard de dollars de la part de Riyad et d’Abou Dhabi par le biais d’investissements ou d’autres transactions, indique le New York Times. Sur ce montant, environ 474 millions de dollars provenaient de fonds souverains contrôlés par leurs gouvernements, précise le quotidien américain.

Arme secrète

Les procureurs fédéraux ont adressé au tribunal une lettre dans laquelle ils qualifient M. Barrack de « personne extrêmement riche et puissante ayant des liens substantiels avec le Liban, les Émirats arabes unis et le royaume d’Arabie saoudite », et ont déclaré qu’il « présente un risque de fuite sérieux » en raison de ses « vastes ressources financières et l’accès à un avion privé sur lequel il voyage régulièrement à l’international ». M. Barrack a néanmoins fait savoir de son côté qu’il s’était mis volontairement à la disposition des enquêteurs et qu’il plaidera non coupable.

Selon l’acte d’accusation, M. Barrack était régulièrement en contact avec de hauts dirigeants des EAU soit directement, soit par l’intermédiaire de Rachid al-Malik Alshahhi, un homme d’affaires émirati, et de Matthew Grimes, un ancien employé de M. Barrack, tous deux inculpés mardi. Conseiller informel du président républicain, il aurait à plusieurs reprises qualifié M. Alshahhi d’« arme secrète » des Émirats pour faire avancer leur programme de politique étrangère aux États-Unis. Dès 2016, M. Barrack aurait suggéré, lors d’une réunion avec M. Grimes, M.Alshahhi et de hauts responsables émiratis, de « créer une “liste de souhaits” des éléments de politique étrangère des États-Unis que les EAU voulaient réaliser au cours des 100 premiers jours, mois, an et quatre ans de l’administration entrante du président élu des États-Unis ».

Les procédés que l’homme d’affaires aurait alors employés pour influencer la politique étrangère de Washington en faveur d’Abou Dhabi sont variés. Sous l’impulsion émiratie, il aurait, entre autres, joué un rôle crucial dans l’insertion d’éléments de langage positifs à l’égard des EAU dans un discours de campagne du candidat républicain. Le septuagénaire aurait également poussé, en mars 2017, pour l’embauche d’une personne privilégiée par les dirigeants émiratis au poste d’ambassadeur des États-Unis aux EAU ou encore obtenu l’annulation d’un sommet à Camp David pour régler un différend en cours entre le Qatar, Abou Dhabi et d’autres gouvernements du Moyen-Orient, à la suite de l’opposition des EAU à sa tenue. Toutes les tentatives du proche du président n’auraient cependant pas abouti. L’acte d’accusation rapporte ainsi que M. Barrack a sollicité une nomination à un poste de direction au sein du gouvernement américain, y compris le rôle d’envoyé spécial au Moyen-Orient, qui ne lui a pas été concédé.



Son nom ne fait qu’allonger la liste des amis, ex-associés de campagne et conseillers de Donald Trump mis en cause pour leurs activités au profit de gouvernements étrangers. Le département de la Justice américaine a indiqué mardi que Thomas J. Barrack, un investisseur dans l’immobilier ayant servi de conseiller informel à la première campagne présidentielle de M. Trump et présidé...

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