Le nouveau Premier ministre algérien, Aïmene Benabderrahmane, le 28 décembre 2020 à Alger. Ryad Kramdi/AFP
Le ministre algérien des Finances, Aïmene Benabderrahmane, a été désigné Premier ministre, à la suite des récentes élections législatives marquées par une abstention historique, au moment où le pays traverse une grave crise socio-économique. « Conformément aux dispositions de la Constitution, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a nommé M. Aïmene Benabderrahmane comme Premier ministre », selon un communiqué de la présidence. « Il est chargé de poursuivre les consultations avec les partis politiques et la société civile pour former le gouvernement dès que possible », ajoute le communiqué.
M. Benabderrahmane, 54 ans, occupait le fauteuil de grand argentier depuis un remaniement ministériel en juin 2020, après avoir été gouverneur de la Banque d’Algérie à partir de novembre 2019. « Vous êtes qualifié pour la tâche à venir car ce qui nous attend est lié aux affaires économiques et sociales, et donc financières », a expliqué le président algérien Abdelmadjid Tebboune, qui lui a souhaité « de réussir comme vous avez réussi au poste de ministre des Finances ». À ce poste, M. Benabderrahmane a eu à faire face à une crise des liquidités et la dépréciation du dinar.
Conditions difficiles
Né le 30 août 1966 à Alger, le nouveau Premier ministre est relativement peu connu et sans grande expérience politique. Ce technocrate au visage rond, au crâne dégarni et à la fine moustache, est licencié en droit et diplômé de l’École nationale d’administration (ENA) d’Alger et de l’École des impôts de Clermont-Ferrand (centre de la France). Depuis 1991, il a fait toute sa carrière aux finances, dans l’administration fiscale et à la banque centrale.
Son nom était mentionné parmi les favoris pour succéder à Abdelaziz Djerad. Donné partant ces derniers jours, M. Djerad n’a pas réussi à redresser la première économie du Maghreb et la quatrième d’Afrique, qui repose essentiellement sur la rente pétrolière (plus de 90 % de ses recettes extérieures). En fonctions depuis décembre 2019, M. Djerad, 67 ans, avait présenté sa démission et celle de son gouvernement après les législatives anticipées du 12 juin. Le président Tebboune l’avait chargé de gérer les affaires courantes. Le chef de l’État l’a remercié pour avoir dirigé le gouvernement « dans des conditions difficiles », notamment en raison de la crise sanitaire. Mais il n’avait pas caché ses critiques à l’encontre de M. Djerad, exprimant publiquement son insatisfaction devant l’inaction du gouvernement.
M. Benabderrahmane aura pour tâche prioritaire de former le gouvernement « d’ici à une semaine » afin d’exécuter la « feuille de route » du président Tebboune, avant des élections locales prévues à l’automne. Il devra choisir son équipe parmi les partis arrivés en tête lors des dernières élections : le Front de libération nationale (FLN), ex-parti unique et principale formation du Parlement sortant, et ses alliés, ainsi qu’un groupe d’indépendants qui se sont ralliés au président Teb-boune.
Source : AFP
M. Benabderrahmane, 54 ans, occupait le fauteuil de grand argentier depuis un remaniement ministériel en juin 2020, après avoir été gouverneur de la Banque d’Algérie à partir de...

