Des voitures patientent devant une station d'essence à Hazmieh, au Liban. Photo Zeina Antonios
Le président de la Fédération des syndicats des transporteurs routiers, Bassam Tleiss, a démenti que le prix de la course en "service" (taxi partagé) allait augmenter de 4.000 à 8.000 livres libanaises après la hausse des prix du carburant, notant qu'une telle annonce devait provenir officiellement du ministère des Transports. Les prix de l'essence et du mazout ont augmenté mardi de plus de 30% après une levée partielle des subventions.
Cette mise au point de M. Tleiss a été publiée peu après l'annonce d'une augmentation des tarifs faite par le président de la Fédération générale des syndicats de chauffeurs, Marwan Fayyad, lors d'un entretien à la Voix du Liban (VDL).
L'annonce non-officielle faite par M. Fayyad "nuit aux chauffeurs et aux clients, et elle n'a aucun fondement", a assuré M. Tleiss, qui s'exprimait également sur la VDL. "M. Fayyad sait pertinemment bien que les tarifs doivent provenir du ministère des Transports et des Travaux publics, après consultation des syndicats concernés. Personne n'a le droit de publier des prix comme bon lui semble. Le prix du +service+ est toujours de 4.000 L.L.", a-t-il affirmé, appelant tout client à ne pas accepter une course à un prix supérieur dans un taxi partagé.
Malgré cette mise au point du syndicaliste, il est certain que la hausse des prix des carburants se répercutera dans de nombreux secteurs, comme ceux des transports ou de l'électricité et certains fournisseurs privés d'électricité ont même déjà prévenu leurs abonnés d'une hausse prochaine des tarifs.
Commentant de son côté la situation dans les stations-services, dont beaucoup restaient fermées ce mercredi malgré la hausse des prix supposées apporter une solution aux pénuries, le porte-parole du syndicat des propriétaires de stations-services, Georges Brax, a annoncé que les entreprises importatrices allaient commencer aujourd'hui à distribuer de l'essence et du diesel sur le marché local. Ces entreprises ont pu décharger mardi, selon des informations rapportées la veille par un représentant du secteur de la distribution de carburant, des cargaisons de carburant de tankers qui attendaient dans des navires amarrés au large du Liban. Georges Brax a toutefois appelé les Libanais "à ne pas se précipiter dans les stations pour que les entreprises puissent leur livrer du carburant", selon des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Cette procédure de livraison nécessitera "au moins deux jours", a-t-il estimé. "Si l'Etat ne fait pas en sorte que l'essence puisse être acheminée auprès des stations, la crise continuera", a-t-il encore averti.
Sur le terrain, les automobilistes continuent de s'agglutiner, formant des files interminables aux abords des stations-services dans la ville de Saïda (Liban-Sud), malgré la hausse du prix du gallon d'essence. Les voitures étaient présentes dès l'aube, certains conducteurs dormant à l'intérieur de leurs véhicules en attendant l'ouverture des stations, rapporte notre correspondant dans la région, Mountasser Abdallah.


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