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Monde - France

La gauche et la droite espèrent se relancer en vue de la présidentielle

La gauche et la droite espèrent se relancer en vue de la présidentielle

Le président du Conseil régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, et le président français, Emmanuel Macron, hier lors d'une visite d'usine de Renault à Douai. Ludovic Marin/Pool/AFP

Vainqueurs dimanche des élections régionales en France, les partis « traditionnels » de gauche comme de droite veulent y voir un signe en vue la présidentielle de 2022, mais l’abstention record de deux Français sur trois appelle à la prudence dans l’interprétation des résultats.

Asphyxiés par l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, dont le programme centriste avait séduit des électeurs des deux bords, ils avaient perdu du terrain dans les divers sondages en vue de 2022. En se partageant les victoires en France métropolitaine (7 régions pour la droite, 5 pour la gauche), les partis traditionnels se voient revenir dans le match et déjouer le duel annoncé depuis des mois entre M. Macron et Marine Le Pen (Rassemblement national), tandis que les partis des deux grands favoris de la présidentielle ont essuyé un revers dimanche. Reste à trouver le candidat providentiel. À gauche, la question de l’union va rapidement se poser. Dispersés, les écologistes, les socialistes et les Insoumis ont très peu de chance d’obtenir un score suffisant pour se qualifier au second tour. Une alliance entre ces trois partis au premier tour pourrait en revanche changer la donne, à condition de trouver la personne capable de l’incarner, ce qui a toujours été très difficile pour cette famille politique dans l’histoire récente. Chacune des trois formations revendique d’ailleurs déjà le rôle moteur d’une éventuelle alliance, et donc la candidature. Le nom de la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, à la forte sensibilité écologiste, est régulièrement poussé en avant, mais une telle alliance semble encore loin d’être faite. « Aucun des problèmes de la gauche n’est réglé ce matin. Les conditions de dispersion des candidatures à la présidentielle sont toujours réunies, il y a désaccord sur le périmètre de la gauche, donc c’est difficile de se mettre d’accord pour une procédure de désignation d’un candidat », pointe le sondeur Jérôme Sainte-Marie (PollingVox).

Élections différentes

À droite, les Républicains marchent également sur un fil et les ambitions de certains sont déjà affichées. Faute de candidat naturel, il faudra trouver celui ou celle qui fait la bonne synthèse pour séduire entre le programme de centre droit d’Emmanuel Macron et celui d’extrême droite de Marine Le Pen. Trois anciens ministres de l’ancien président Nicolas Sarkozy ne se cachent pas : Xavier Bertrand qui vient d’être facilement réélu dans les Hauts-de-France, Valérie Pécresse, réélue en région parisienne, et Laurent Wauquiez également reconduit en Auvergne-Rhône-Alpes. « Formons une belle équipe », a d’ores et déjà lancé le premier aux deux autres, dimanche soir. Il a par ailleurs croisé Emmanuel Macron, hier lors d’une visite d’usine de Renault dans le nord de la France et l’a interrogé sur l’abstention massive. M. Bertrand s’est félicité d’avoir « réussi à faire autant reculer » l’extrême droite, un constat partagé par le chef de l’État qui a estimé que « ça prouve que quand on investit, on y arrive ».

« Ce que certains vont présenter comme le retour de la gauche et de la droite ne se traduit pas dans les sondages pour 2022. Les élections sont de plus en plus déconnectées les unes des autres », pointe Chloé Morin, politologue associée à la Fondation Jean-Jaurès. Car l’appel de tous les partis à la mobilisation n’aura rien fait : les Français ont largement boudé les urnes puisque 66 % d’entre eux ont préféré faire autre chose dimanche. Un record pour une élection depuis le début de la Ve République, en 1958. « Ces résultats reposent sur un corps électoral tronqué et dont la structure est très différente de la présidentielle », prévient Jérôme Sainte-Marie. « On enclenche la marche vers la présidentielle, on se comporte comme si on avait triomphé dans un scrutin où personne n’a triomphé », a d’ailleurs souligné de son côté l’analyste politique (et ex-candidat de droite aux régionales en 2015) Dominique Reynié, sur Europe 1.

Difficile donc de sortir de ce scrutin avec des certitudes. Il faudra surveiller la dynamique des deux favoris à la présidentielle dans ces prochaines semaines. Pour l’heure, ils comptent encore une confortable avance sur leurs rivaux dans toutes les études d’opinion.

Source : AFP

Vainqueurs dimanche des élections régionales en France, les partis « traditionnels » de gauche comme de droite veulent y voir un signe en vue la présidentielle de 2022, mais l’abstention record de deux Français sur trois appelle à la prudence dans l’interprétation des résultats. Asphyxiés par l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, dont le programme centriste avait séduit des électeurs des deux bords, ils avaient perdu du terrain dans les divers sondages en vue de 2022. En se partageant les victoires en France métropolitaine (7 régions pour la droite, 5 pour la gauche), les partis traditionnels se voient revenir dans le match et déjouer le duel annoncé depuis des mois entre M. Macron et Marine Le Pen (Rassemblement national), tandis que les partis des deux grands favoris de la présidentielle ont essuyé...
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