Une capture d’écran de la vidéo diffusée par la jeune fille empêchée d’entrer à l’hôpital du Mont-Liban.
« Félicitations, je vous annonce que nous sommes désormais en Iran. Je viens d’être interdite d’entrée à l’hôpital du Mont-Liban (HML- Hazmieh) parce que je porte un short. Une employée à la sécurité de l’établissement a trouvé ma tenue “irrespectueuse”. Honte à cet hôpital et à ce pays ! » Dans une vidéo devenue virale en quelques heures sur les réseaux sociaux, une jeune fille lance un cri d’indignation, visiblement choquée par ce qui vient de lui arriver. Se tenant debout, le visage à moitié couvert d’un masque sanitaire et le dos tourné à la porte d’entrée de l’hôpital, elle affirme en colère avoir été empêchée d’entrer au service de maternité où elle devait passer la nuit aux côtés de sa sœur pour l’aider le lendemain à regagner son domicile avec son nouveau-né.
L’incident a provoqué un vif tollé sur les réseaux sociaux, suscitant des commentaires virulents à l’encontre du Hezbollah et de la culture qu’il impose au Liban. En substance, le parti pro-iranien y est critiqué pour « s’être infiltré dans tous les secteurs et avoir fait perdre aux citoyens le Liban qu’ils avaient connu ». Moins prompts à la généralisation, quelques internautes ont estimé que « ce comportement fanatique pourrait être individuel », exhortant en outre à « ne pas se dépêcher de blâmer l’hôpital ».
L’Orient-Le jour est entré en contact avec le Dr Élie Gharios, directeur de l’établissement hospitalier, qui, reconnaissant que l’incident a bien eu lieu, soutient qu’il aurait pu être évité. « Il était près de 21h samedi lorsqu’une jeune fille, vêtue d’un short et d’un haut n’arrivant pas à son nombril, a voulu entrer dans l’établissement » (la vidéo montre toutefois que le nombril était caché par la taille haute du short), relate le médecin. « Elle en a été empêchée par une surveillante sexagénaire et conservatrice qui a considéré que ses vêtements manquaient de décence », poursuit-il, jugeant que « sa réaction dans la vidéo a été trop véhémente ». Le directeur de l’hôpital affirme qu’il aurait souhaité être informé sur-le-champ du « clash » survenu entre les deux femmes parce qu’il aurait pu immédiatement mettre en garde son employée contre « son attitude trop ferme », en même temps qu’il aurait convaincu la jeune visiteuse de « tempérer sa réaction ».M. Gharios affirme qu’il compte adresser aujourd’hui des remarques à la surveillante de nuit pour qu’un tel incident ne se reproduise plus, assurant que la démarche de cette dernière ne correspond pas à la politique de l’hôpital. Il note d’ailleurs que la jeune fille rabrouée a elle-même reconnu dans sa vidéo qu’elle avait rendu visite à sa sœur deux jours auparavant dans une tenue similaire sans qu’un quelconque préposé à la sécurité ne l’ait interceptée. « Nous n’imposons aucun code vestimentaire aux visiteurs et aux patients », insiste le médecin, évoquant toutefois « le risque pour une jeune fille habillée de manière provocante d’être harcelée la nuit par un autre visiteur ou même par un employé ». « Le tout est de la protéger pour qu’elle ne suscite pas des pulsions incontrôlables », argue-t-il, avant d’ajouter : « Nous défendons la liberté et l’indépendance de la femme, mais insistons sur les règles élémentaires de la décence. » Il fait observer à l’occasion que « des statistiques récentes montrent que même en Grande-Bretagne, les hôpitaux connaissent actuellement une certaine ampleur du harcèlement sexuel nocturne ». « Ce n’est pas la première fois que notre hôpital fait l’objet de campagnes l’accusant de discrimination, alors qu’il est laïc et non clérical », déplore le Dr Gharios. Il fait ainsi référence aux accusations lancées en octobre dernier contre la direction de l’hôpital du Mont-Liban selon lesquelles celle-ci n’avait pas permis à des étudiantes en soins infirmiers de la Lebanese American University (LAU) d’entreprendre leur formation clinique dans les services de l’hôpital, au motif qu’elles sont voilées. « Les stagiaires sont admises indépendamment de leur port du voile », dément-il, précisant toutefois que « les employées sont soumises à un code vestimentaire qui exclut le port du hijab ». « Nous prônons le vivre-ensemble, et c’est pour cette raison que nous n’acceptons pas les tenues qui suscitent la provocation, que ce soit dans un sens ou dans l’autre », conclut Élie Gharios.


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A VOTRE ADRESSE AMIS DE L'OLJ : POURQUOI NE PAS NOUS DONNER DROIT A LA REPONSE SUITE A CELUI DE ROULA GHARIOS ZAHAR CE MATIN ? PS. pt't pour mettre fin a une polemique ? le cas echeant il fallait pas publier son intervention, celle de son papa,epoux ou frere devrait avoir suffit.
11 h 28, le 15 juin 2021