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Culture - Entretien

« Pour un peuple aussi peu nombreux, nous avons une créativité débordante »

Alors qu’il va diriger un concert organisé par le Rotary Club de Beyrouth entièrement consacré aux compositeurs libanais, vendredi 25 juin au musée Sursock, Lubnan Baalbaki, chef permanent de l’Orchestre philharmonique du Liban, répond aux questions de « L’Orient-Le Jour ».

« Pour un peuple aussi peu nombreux, nous avons une créativité débordante »

Lubnan Baalbaki, chef permanent de l’Orchestre philharmonique du Liban. Photo DR

Quelle est la genèse du concert de ce vendredi 25 juin au musée Sursock ?

Il devait se tenir en avril 2020 et était à l’origine dû à la volonté d’un homme, Halim Fayad, initiateur de la consolidation des liens entre le Rotary Club de Beyrouth et l’Orchestre philharmonique du Liban. Cette personnalité remarquable nous a quittés il y a quelques semaines et ce concert rend hommage à sa mémoire.

C’est un concert entièrement consacré aux compositeurs libanais ?

Oui, et je crois profondément dans la composition libanaise. Le Liban possède des talents extraordinaires de musique savante. Pour un peuple aussi peu nombreux, nous avons une créativité débordante. Le Liban est riche en grands compositeurs et tout le monde ne le sait pas forcément. Et c’est la richesse de cette créativité qui fait la différence avec d’autres pays de la région. Même l’Égypte, qui a une très importante tradition musicale, n’a pas ce nombre de compositeurs de musique savante.

Vous avez déjà interprété des œuvres de notre patrimoine de musique savante ?

En effet, j’essaye de mettre régulièrement nos compositeurs à mon répertoire. Quand je suis invité à diriger des orchestres à l’étranger, je suis fier d’exporter cette musique. Je leur apporte un produit qu’ils n’ont pas et dont on peut s’enorgueillir. Notre patrimoine musical libanais est très riche.

Pour mémoire

« Si je lis autre chose que des écrits sur la musique, j’ai l’impression de la trahir »

Quel sera le programme du concert ?

J’ai choisi des compositeurs dont les langages musicaux démontrent la diversité et la multiplicité de la musique libanaise : Georges Baz, Marcel Khalifé, Gabriel Yared, Hiba al-Kawas et Iyad Kanaan. Des sensibilités différentes qui incarnent parfaitement le dialogue des cultures entre Orient et Occident.

À part l’Orchestre philharmonique, qui sont les autres interprètes ?

Le chœur Notre Dame University (NDU) qui a été préparé par son directeur musical, le père Khalil Rahmé, ainsi que deux brillantes solistes, Nadine Nassar et Carla Ramia.

Et vous ? Comment êtes-vous « tombé » dans la musique ?

J’ai grandi entouré d’art : mon père est peintre et ma sœur Soumaya a commencé très tôt sa carrière de chanteuse. Dès l’âge de 4-5 ans, j’étais déjà plongé dans une atmosphère musicale et artistique. J’ai commencé à apprendre le oud et le piano puis je suis entré au Conservatoire et j’ai étudié le violon. J’ai ensuite intégré l’Université Saint-Esprit de Kaslik pour étudier la musicologie.

Vous avez alors envisagé de partir vous perfectionner à l’étranger ?

Oui, mais j’étais encore perdu sur ce que je voulais faire exactement. Est-ce que je voulais étudier la composition ou la direction d’orchestre ? C’est alors que j’ai fait une rencontre qui a décidé du cours des choses, avec le chef d’orchestre Petre Sbârcea qui avait été l’élève du grand Celibidache et qui est devenu mon professeur. Il me parlait des maîtres de la direction d’orchestre dont l’obsession était la musique, de leur vie, de leurs différentes interprétations d’une même œuvre, bref, il m’a mis dans une atmosphère qui m’a subjugué. J’avais trouvé ma voie.

Vous avez donc poursuivi vos études en Roumanie ?

Oui, j’ai fait un master et un doctorat en direction d’orchestre à l’Université de Bucarest. Puis j’ai poursuivi mon cursus de chef d’orchestre à Vienne, tout en suivant des masterclass dans différents lieux en Europe, avec des chefs tels que Kurt Masur ou Colin Metters. Il est important de continuer à se former. Dès que je le peux, j’essaye d’aller voir des grands chefs et de m’inspirer de leur travail.

Que faut-il vous souhaiter ?

De pouvoir continuer à diriger au Liban et ailleurs et d’être un artisan de la diffusion de notre musique nationale !


Quelle est la genèse du concert de ce vendredi 25 juin au musée Sursock ? Il devait se tenir en avril 2020 et était à l’origine dû à la volonté d’un homme, Halim Fayad, initiateur de la consolidation des liens entre le Rotary Club de Beyrouth et l’Orchestre philharmonique du Liban. Cette personnalité remarquable nous a quittés il y a quelques semaines et ce concert rend hommage...

commentaires (2)

Waw

Zampano

08 h 58, le 16 juin 2021

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Commentaires (2)

  • Waw

    Zampano

    08 h 58, le 16 juin 2021

  • Incroyable souffle stimulant que cet article est! Merci OLJ et Chapeaux bas à Lubnan!

    Wlek Sanferlou

    13 h 19, le 14 juin 2021

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