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Monde - Justice

Vol MH17 : les juges néerlandais en quête de « clarté » pour les proches

Vol MH17 : les juges néerlandais en quête de « clarté » pour les proches

Les juges néerlandais et les avocats voient l’épave reconstruite de l’avion du vol MH17 de la Malaysia Airlines sur la base aérienne militaire de Gilze-Rijen, aux Pays-Bas, le 26 mai 2021. Peter Dejong/Pool/AFP

Le procès de quatre suspects doit apporter de la « clarté » pour les proches des 298 victimes du crash du vol MH17 en Ukraine en 2014, a déclaré un juge néerlandais lors de l’ouverture hier d’une étape cruciale de la procédure. Certains des proches des victimes se trouvaient dans la salle d’audience du tribunal lors du début de l’examen des preuves dans le procès contre trois Russes et un Ukrainien, jugés par contumace pour leur rôle dans le crash du Boeing 777. Le procès s’est ouvert en mars 2020 mais a dû faire face à de nombreuses discussions juridiques, portant principalement sur l’admissibilité des preuves.

« Jusqu’à aujourd’hui, personne n’a assumé même en partie la responsabilité du crash du MH17 », a déclaré le juge président du tribunal de Schiphol, Hendrik Steenhuis. Trois Russes, Sergueï Doubinski, Igor Guirkine et Oleg Poulatov, et l’Ukrainien Leonid Khartchenko sont accusés d’avoir participé au lancement du missile qui a abattu l’avion, selon l’accusation. Seul M. Poulatov a une représentation légale. « Il est important que l’audience soit publique pour la société en général, et pour les proches particulièrement, qu’il y ait de la clarté sur le résultat de l’enquête après plusieurs années d’enquête », a déclaré le juge. Le tribunal tentera à partir de l’examen des preuves d’éclairer trois questions principales.

Une vaste affaire

« Le vol MH17 a-t-il été abattu par un missile BUK ? Un missile BUK a-t-il été tiré depuis un champ agricole près de Pervomaiskyi ? Les accusés ont-ils joué un rôle là-dedans ? » a énuméré M. Steenhuis. L’hypothèse selon laquelle le Boeing a été abattu par un missile BUK tiré par des séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine a été décrit comme le « scénario principal » par le juge, mais le tribunal examinera également d’autres théories, y compris celle selon laquelle l’appareil a été abattu par un autre avion.

Le dossier compte plus de 65 000 pages et plusieurs centaines d’heures de matériel visuel et audio. « C’est une affaire tellement importante qu’il n’est tout simplement pas possible de discuter de chaque détail », a précisé M. Steenhuis. L’accusation et la défense auront après l’examen des preuves la possibilité de soulever des questions lors d’audiences qui dureront jusqu’au 9 juillet. Les proches des victimes pourront s’adresser au tribunal en septembre.

Le Boeing 777, parti d’Amsterdam pour Kuala Lumpur le 17 juillet 2014, avait été abattu au-dessus de la zone de conflit armé avec les séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine. L’équipe internationale d’enquêteurs, dirigée par les Pays-Bas, a établi en mai 2018 que l’avion avait été abattu par un missile BUK provenant de la 53e brigade antiaérienne russe basée à Koursk (Sud-Ouest).

« Chargée en émotion »

Les suspects sont quatre hauts gradés des séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine. Le plus connu d’entre eux, Igor Guirkine, surnommé « Strelkov » (« Tireur »), était l’un des principaux commandants des séparatistes du début du conflit contre l’armée ukrainienne, il y a cinq ans, et probablement leur représentant le plus médiatique à l’époque.

Sergueï Doubinski, vétéran de la guerre soviétique en Afghanistan et de la première guerre de Tchétchénie, serait lié au renseignement militaire russe, le GRU, selon les autorités ukrainiennes. Oleg Poulatov, un ancien membre des forces spéciales russes et adjoint de Dubinsky, a déclaré en novembre 2020 qu’il n’avait vu aucun signe du type de missile utilisé selon l’accusation pour abattre l’appareil. Leonid Khartchenko est également lié aux services de renseignements des séparatistes au moment de la destruction du vol MH17.

Le procès se déroule au tribunal de Schiphol à Amsterdam, à quelques encablures de l’aéroport d’où le Boeing au destin maudit avait décollé. Parmi les 298 victimes se trouvaient 196 citoyens néerlandais. Lors d’une journée « chargée en émotion », les juges ont inspecté en mai pour la première fois dans le cadre du procès l’épave criblée d’impacts de l’avion de ligne de la Malaysia Airlines, dans un hangar d’une base aérienne néerlandaise.

Source : AFP


Le procès de quatre suspects doit apporter de la « clarté » pour les proches des 298 victimes du crash du vol MH17 en Ukraine en 2014, a déclaré un juge néerlandais lors de l’ouverture hier d’une étape cruciale de la procédure. Certains des proches des victimes se trouvaient dans la salle d’audience du tribunal lors du début de l’examen des preuves dans le procès...

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