Interrogé par L’Orient-Le Jour sur l’absence de notification hebdomadaire des prix des carburants et du gaz hier, comme c’est le cas depuis de nombreuses semaines, le porte-parole du syndicat des propriétaires de stations-service, Georges Brax, l’a justifiée par la faiblesse des variations des prix du baril de pétrole à l’international et de celle du taux de la monnaie nationale face au dollar sur le marché parallèle. Deux barèmes d’habitude plutôt volatils, qui se sont stabilisés dernièrement : le premier autour des 68 dollars le baril ; le second flirtant avec les 13 000 livres pour un dollar (toujours contre une parité officielle à 1 507,5 livres). Les prix sont ainsi maintenus à 40 900 livres pour les 20 litres d’essence à 95 octane, à 42 100 livres pour les 20 litres de 98 octane, à 28 600 livres pour les 20 litres de mazout et à 25 500 livres pour la bonbonne de gaz.
En raison de la baisse des quantités de carburant importées, de la hausse importante des prix de vente depuis le début de l’année ou encore des annonces sur une rationalisation prochaine du mécanisme de subvention dont bénéficient depuis le début de la crise les importateurs de cette filière, les stations-service sont sous pression depuis plusieurs semaines. Les retards de paiement de la BDL, qui subventionne de facto ces importations en vendant des dollars au taux officiel pour couvrir une partie de leurs factures depuis octobre 2019, ainsi que le détournement d’une partie des quantités importées par la contrebande en direction de la Syrie ont en effet fait fondre les stocks des stations-service libanaises et poussé les Libanais à les assiéger régulièrement. Files d’attente et fermetures de stations-service font donc désormais partie du paysage quotidien libanais, une pression qui ne devrait pas s’atténuer avant que les autorités ne s’attellent réellement aux réformes de fond nécessaires pour redresser le pays.


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