Rechercher
Rechercher

Politique - Éclairage

Que reste-t-il du PSNS ?

Si le parti a profité de la guerre syrienne pour se refaire une santé, de profondes divisions continuent de le traverser.

Que reste-t-il du PSNS ?

Les partisans du PSNS paradant à Hamra dimanche. Photo Nabil Ismail

Les images semblent tout droit venues d’une autre époque. Casquette noire, tee-shirt kaki, marche militaire, les partisans du Parti syrien national social (PSNS) ont défilé dimanche après-midi dans les rues de Hamra pour commémorer l’anniversaire du retrait israélien du Liban-Sud. Une parade au cours de laquelle des menaces de mort à l’encontre du chef des Forces libanaises, Samir Geagea, ont été scandées et qui a remis pour un temps sur le devant de la scène ce parti qui était plus ou moins tombé dans l’oubli. S’il est encore enraciné dans les différentes régions du Liban et peut s’appuyer sur quelques fiefs qui lui sont traditionnellement fidèles (au Metn, à Beyrouth ou à Amioun), le parti, fondé par Antoun Saadé en 1932, est relégué depuis longtemps au deuxième, voire au troisième plan. Il ne compte que trois députés, Assaad Hardane (Marjeyoun-Hasbaya), Salim Saadé (Koura) et Albert Mansour (Baalbeck-Hermel) qui y est affilié sans en être membre. Surtout, le PSNS est affaibli depuis des années par des guerres intestines qui ont éclaté au grand jour le 3 février dernier. Des miliciens fidèles à Assaad Hardane, ancien président du parti, ont pris de force une permanence du PSNS à Batroun. Un événement qui contraste avec l’opacité qui entoure encore la vie intérieure du PSNS dont tous les membres interrogés par L’OLJ ont requis l’anonymat.

Tensions permanentes

Les divisions internes font partie intégrante de l’histoire de la formation pansyrienne, qui a été scindée en deux durant la guerre civile entre une branche réformatrice proche des factions palestiniennes et une autre plus proche de Damas, avant d’être réunifiée en 1978. Depuis la mort de son leader Antoun Saadé, exécuté le 8 juillet 1949, le PSNS a connu des tensions permanentes sur la meilleure façon de pérenniser son héritage, dans un contexte ayant depuis largement évolué.

Lire aussi

Mohanad Hage Ali : « Les menaces du PSNS, un épisode de plus dans la dégradation sécuritaire »

Né à Dhour Choueir en 1904, le grec-orthodoxe Antoun Saadé a théorisé l’idée d’une « Grande Syrie » regroupant la Syrie, le Liban, la Jordanie, la Palestine, l’Irak, le Koweït, le Sinaï, la Cilicie et même Chypre. À l’origine opposé au nationalisme arabe – le PSNS se rangera dans le camp du président Chamoun lors de la crise de 1958 –, il s’en est toutefois rapproché à partir de 1969. Laïc et anticolonial, le parti a connu un franc succès pendant plusieurs décennies auprès d’une jeunesse essentiellement chrétienne qui ne se reconnaissait pas dans la vision libaniste des Kataëb, le rival historique du PSNS. Le culte de la personnalité dont bénéficiait le chef, le drapeau du parti (une tornade rouge sur fond blanc et noir qui rappelle le svastika nazi), le salut, le caractère ultrastructuré sont autant d’éléments faisant écho au fascisme et qui ont amené ses opposants à l’y assimiler. Si Antoun Saadé, germanophone et germanophile, a sans doute été influencé par les idéologies de son époque, il a toujours nié cette appartenance, même au plus fort de la domination allemande. Sa vision nationale est basée sur l’appartenance à un espace, et non à une race, et ses partisans affirment que l’emblème du parti a été choisi par le leader bien avant qu’il ait entendu parler du nazisme.

« Retrouver sa raison d’être »

L’histoire du PSNS tout au long du XXe siècle est celle de combats armés, de tentatives de coups d’État (en 1961) et d’assassinats politiques. Riad el-Solh est assassiné le 16 juillet 1951 pour venger la mort d’Antoun Saadé. Bachir Gemayel est également assassiné par un membre du parti en 1982. Après la guerre civile libanaise, considérant la lutte contre Israël comme un pilier de son idéologie, il s’allie au Hezbollah au sein de la coalition du 8 Mars, bien qu’ils se soient combattus pendant de nombreuses années. En 2005, après des décennies d’oppressions politiques par le parti Baas en Syrie, Bachar el-Assad laissera les « qaoumiyine » reprendre leurs activités à Damas et dans le reste du pays. La guerre en Syrie qui éclate en 2011 va permettre à la formation de prendre une nouvelle dimension. La branche armée du parti, « les Aigles du tourbillon », recrute des milliers de combattants qui s’investissent dans plusieurs batailles, notamment à Homs ou à Alep. « Le conflit syrien a permis au parti de reprendre des forces et de retrouver sa raison d’être », estime Christopher Salomon qui a consacré un ouvrage à la question (In Search of Greater Syria: The History and Politics of the Syrian Social Nationalist Party). Samir Akil, analyste politique syrien, explique que le PSNS dispose d’une forte popularité en Syrie dans les zones contrôlées par le régime. « Le plus gros des rangs du parti en Syrie est composé des minorités chrétienne, chiite, mais aussi alaouite, ce qui représente une menace pour le clan Assad », observe ce spécialiste basé en Australie.

Lire aussi

Les dernières cartouches de Bachar el-Assad au Liban

Les rapports de la formation avec le régime syrien sont toutefois l’une des sources de tension actuelles. Assaad Hardane, qui a voulu briguer un troisième mandat en juillet 2020 – alors que c’est interdit par la constitution du parti –, est proche de Damas et des partis du 8 Mars. Son élection a été décrétée comme nulle. Nombre de partisans lui reprochent de ne pas être fidèle à la ligne historique et d’être entré dans le jeu de la politique politicienne. Après ce scrutin avorté, un mouvement réformateur, dit du 8 Juillet, a émergé. « C’est toute une nouvelle génération de camarades qui rêvent de changement. Le parti a besoin d’une révision de sa stratégie afin de s’adapter à de nouveaux défis, la corruption, l’écologie, l’agriculture et tant d’autres », avance un membre sous couvert d’anonymat. Avec l’élection de Rabih Banate à la tête du PSNS au second round des élections en septembre 2020, la division du parti est entérinée. Certains comités populaires ont accepté le nouveau leadership au lendemain des élections, d’autres le refusent et sont alignés avec Assaad Hardane. S’il est difficile de connaître avec exactitude le pourcentage de partisans et de permanences affiliés au parlementaire, une source au sein du PSNS assure que moins de 20 % lui sont toujours fidèles. Aujourd’hui, les bureaux du PSNS à Raouché sont occupés par la nouvelle administration, tandis que Hardane occupe les bureaux de Hamra avec son équipe.

Avec la désignation du Premier ministre Saad Hariri pour former un gouvernement en octobre 2020, le fossé se creuse davantage. Lors des consultations parlementaires, les parlementaires du PSNS désignent le leader du courant du Futur. Assaad Hardane aurait contredit les recommandations du parti en votant pour l’ancien Premier ministre. « Personne au PSNS ne voulait Hariri, nous savons pertinemment qu’il ne sera pas en mesure de résoudre les problèmes auxquels le Liban fait face », assure un membre du parti.


Les images semblent tout droit venues d’une autre époque. Casquette noire, tee-shirt kaki, marche militaire, les partisans du Parti syrien national social (PSNS) ont défilé dimanche après-midi dans les rues de Hamra pour commémorer l’anniversaire du retrait israélien du Liban-Sud. Une parade au cours de laquelle des menaces de mort à l’encontre du chef des Forces libanaises, Samir...

commentaires (8)

UN PSSS ET UN N POUR NEGATION.

L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

19 h 24, le 26 mai 2021

Tous les commentaires

Commentaires (8)

  • UN PSSS ET UN N POUR NEGATION.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    19 h 24, le 26 mai 2021

  • PSNS = Psychopathe Syrien national sociopathic

    Wow

    23 h 04, le 25 mai 2021

  • Psns = parti sociopaths national syrien

    Wow

    23 h 00, le 25 mai 2021

  • Si au moins ils pouvaient changer leur nom en Parti LIBANAIS National Social, on pourrait éventuellement s’intéresser à leurs revendications. La même chose s’applique à l’autre parti dont le slogan est "la résistance islamique AU Liban” (et non pas DU Liban)... Au risque de passer pour un xénophobe, y’en a marre de tous ces partis politiques étrangers! alle außenpolitischen Parteien raus! Richtung Osten! Schnell!

    Gros Gnon

    14 h 33, le 25 mai 2021

  • au risque de repeter le meme refrain, le createur de l'ideologie de ce parti, Antoune Saade doit s'etre retourne dans sa tombe un millier de fois vu la decheance de son parti du a des voyous et ploucs qui lui avaient succede ces 3 ou 4 dernieres decennies.

    Gaby SIOUFI

    10 h 24, le 25 mai 2021

  • UN PARTI QUI SE VEUT PARTI NATIONAL SYRIEN A SA PLACE EN SYRIE. IL DOIT ETRE INTERDIT AU LIBAN ET SA MILICE DESARMEE ET SES CHEFS EN TOLE.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    08 h 41, le 25 mai 2021

  • "que reste t-il de psnss??" La question serait en fait, ce qui reste du moyen orient?... Des tâches rouges qui encerclent un milieu bleu qui croit en puissance ... Des tâches rouges, à l'origine multicolores mais couvertes du sang des millions qui ont péri défendant des chimères impossibles! Chimères ? Oui, bien sûr, car au lieu de se faire une vie et un avenir ils se sont détruits les uns les autres donnant à israel l'opportunité de dominer la région par ses relations et sa maîtrise de la logique et réactions des factions qui l'entourent...trop tard, on découvre, tous, la valeur de nos nations alors qu'elles ont été détruites par leurs propres actions... Combien de guerre déclarées gagnées par nos valeureux chefs pour découvrir un jour après le gros mensonge!! Le psns comme tout les autres partis s'est perdu dans le labyrinthe des politiques de la région et a répondu par des erreurs à toutes les charades du Minotaur, et continue de même...entretemps, les Israéliens vont aux urnes et rigoles...

    Wlek Sanferlou

    01 h 42, le 25 mai 2021

  • Dans un pays qui se respecte, un parti anti national, devrait être dissout et ses dirigeants en prison.

    Esber

    00 h 43, le 25 mai 2021

Retour en haut