La Tunisie, qui occupe actuellement un siège au Conseil de sécurité de l’ONU, est aussi impliquée dans les efforts de médiation actuels pour faire taire les armes au Proche-Orient, mais ses efforts sont bridés par son poids restreint. Seul pays arabe à disposer d’un tel siège, la Tunisie fait partie d’un comité ministériel mis en place par la Ligue arabe pour œuvrer auprès des grandes puissances à une désescalade. Et Tunis et Le Caire ont échangé en amont de la réunion du Conseil de sécurité dimanche à New York. Dans un pays fracturé politiquement, la cause palestinienne est un rare point d’accord et rassemble la société civile. Depuis le début de ce nouvel épisode du conflit israélo-palestinien, le puissant syndicat UGTT ainsi que des partis de gauche et nationalistes arabes ont organisé des rassemblements de soutien aux Palestiniens. En dépit des crises sociale et sanitaire, des centaines de personnes ont participé. Sur le terrain diplomatique, le président Kais Saied s’est entretenu avec des dirigeants du Fateh et du Hamas. La Maison-Blanche a indiqué avoir sollicité Tunis ainsi que Le Caire et Doha pour une médiation avec le Hamas. Au Conseil de sécurité, c’est Tunis qui a réclamé une réunion d’urgence dès le 10 mai, et proposé une déclaration sur Jérusalem-Est. Mais ce texte n’a pas été adopté, faute de soutien des États-Unis – dont Tunis est un allié régional. « Il y a un activisme tunisien » à l’ONU, confirme le politologue Youssef Cherif. Mais « il n’y a pas grand-chose à faire face au veto américain », selon lui. Et Tunis reste sensible à la pression de partenaires comme Washington, sollicité pour garantir de nouveaux emprunts afin de renflouer ses caisses.
Moyen-Orient
Tunis aussi aux avant-postes diplomatiques, mais sans réelle marge
OLJ / le 19 mai 2021 à 00h00


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