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Politique - Décryptage

Faute de gouvernement, place à la préparation des législatives de 2022

Depuis le départ du ministre français Jean-Yves Le Drian, vendredi, après une visite de plus de 24 heures à Beyrouth, tous les analystes se sont concentrés sur sa rencontre avec les « forces de l’opposition » à la Résidence des Pins. Puisque les autres entretiens semblaient exclusivement protocolaires, c’est donc là que devait résider l’événement ou même le message caché.

De fait, selon les déclarations des parties présentes, le chef de la diplomatie française a conseillé aux personnalités qu’il a rencontrées de concentrer leurs efforts sur les prochaines élections législatives qui doivent se tenir en mai 2022. Il aurait aussi exprimé sa satisfaction de voir que les suggestions du président français Emmanuel Macron dans le cadre de sa rencontre avec les représentants de la société civile lors de sa seconde visite à Beyrouth le 1er septembre 2020 ont été adoptées, les différentes parties ayant réussi à coordonner leur action et à s’entendre sur un projet commun... en vue de mener les élections législatives en rangs unifiés.

Cette idée est d’ailleurs reprise par tous les diplomates occidentaux en poste à Beyrouth. Comme s’ils s’étaient donné le mot, ils tiennent pratiquement tous le même langage, poussant leurs interlocuteurs à se fixer un objectif clair : celui de remporter les prochaines législatives et d’obtenir ainsi une majorité parlementaire qui devrait leur permettre par la suite, selon le système en place, de prendre aussi le contrôle de l’exécutif, puisque depuis l’accord de Taëf, les gouvernements en place reflètent en général les résultats des législatives.

Les élections parlementaires étant prévues dans un an, il n’est donc plus nécessaire de réclamer qu’elles soient anticipées, la priorité étant plutôt de travailler sur le terrain pour mobiliser les électeurs en faveur des groupes de l’opposition.

Désormais, les yeux occidentaux sont donc fixés sur l’échéance de mai 2022 et sur la possibilité pour les forces dites de l’opposition de prendre la place des partis politiques traditionnels et d’opérer ainsi le changement attendu. Les diplomates occidentaux suivent d’ailleurs attentivement les sondages et autres études statistiques qui affirment que la popularité du CPL a largement baissé, ainsi que celle des deux formations chiites Amal et le Hezbollah notamment au sein de leur environnement populaire. Ceux actuellement en poste à Beyrouth interrogent leurs interlocuteurs libanais sur ce qui se passe dans les régions à population majoritairement chiite, qu’il s’agisse de la banlieue sud de Beyrouth, de Baalbeck-Hermel et de Nabatiyé...

Toujours selon les confidences faites par ceux qui ont participé à la rencontre de la Résidence des Pins avec Jean-Yves Le Drian, celui-ci aurait confirmé la décision de la France et des autres États occidentaux de continuer à aider le peuple libanais, mais à travers les ONG, non via les institutions de l’État. Ce qui est perçu comme la suite naturelle de la décision française de miser sur les prochaines élections. Selon cette logique, transmettre les aides à la population à travers les ONG revient à renforcer indirectement l’influence de celles-ci ainsi que leur popularité. Officiellement, la raison de cette démarche est la corruption qui gangrène les institutions de l’État, mais en même temps, ses effets seront forcément politiques.

À partir de ces éléments, faut-il déduire que la situation actuelle, avec la confusion au niveau des responsabilités officielles et les polémiques sur les prérogatives d’un gouvernement démissionnaire, est appelée à se prolonger, parce qu’elle arrange quelque part tout le monde, sauf le peuple ? D’une part, elle permet aux dirigeants de ne pas assumer les responsabilités constitutionnelles, faute de texte clair et de consensus politique et, par conséquent, d’éviter de prendre des décisions impopulaires. D’autre part, elle permet aux forces de l’opposition d’augmenter leur popularité en se plaçant en dehors du cafouillage officiel actuel, tout en offrant aux Libanais une alternative à la crise actuelle, avec l’aide, voire la bénédiction, des parties étrangères...

Ce raisonnement mène à la question suivante : en dépit des déclarations qui disent le contraire, est-ce qu’au fond personne ne serait réellement favorable à la formation d’un nouveau gouvernement au Liban?

Des sources diplomatiques occidentales rejettent cette déduction et rappellent que le monde entier, la France en tête, presse les différentes parties libanaises de former un gouvernement au plus tôt, pour pouvoir reprendre les négociations avec le FMI, entamées par le gouvernement Diab, avant d’être suspendues à la suite des divergences sur les chiffres entre lui et la Banque centrale, puis après sa démission. L’initiative française, commencée il y a neuf mois, a depuis le début reposé sur la nécessité de former un gouvernement au plus vite. Elle a commencé avec un gouvernement entièrement formé de spécialistes, de son président à tous ses membres, puis elle s’est adaptée à la désignation par les parlementaires de Saad Hariri pour former un gouvernement. Par la suite, elle n’a cessé de pousser les différentes parties à s’entendre sur la formation d’un gouvernement, pour entamer le processus de sortie de crise. En vain. Il est devenu clair pour les autorités françaises – qui sont celles qui s’intéressent le plus au dossier libanais – qu’elles ne sont pas en mesure de pousser les différentes parties libanaises à assumer leurs responsabilités. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’elles ne s’intéressent plus au Liban. L’initiative française est donc maintenue parce qu’elle est l’expression de l’intérêt que la France porte au Liban. Si les responsables libanais sollicitent l’aide de la France pour former un gouvernement, elle la leur donnera, sinon, elle mise sur l’avenir...


Depuis le départ du ministre français Jean-Yves Le Drian, vendredi, après une visite de plus de 24 heures à Beyrouth, tous les analystes se sont concentrés sur sa rencontre avec les « forces de l’opposition » à la Résidence des Pins. Puisque les autres entretiens semblaient exclusivement protocolaires, c’est donc là que devait résider l’événement ou même le message...

commentaires (4)

Le chaos et la corruption étant leur emblème et la terreur leurs méthodes de persuasion, qui assurera la bonne marche des élections et l’évitement des fraudes électorales, leurs seules armes pour pouvoir prétendre à une majorité parlementaire et continuer le saccage du pays? La France? L’Europe? Les états Unis ou l’opposition libanaise? Allons trêve d’illusions. Les dernières élections s’étaient déroulées à coup de charters affrétés de partout pour ramener les libanais à leur pays tous frais payés pour voter devinez qui? Mais leurs hôtes pardi. Les peuples libanais n’arriveraient jamais à choisir librement et consciencieusement leurs leaders politiques car il faut UN PEUPLE EN RANG UNI SOUS LEUR SEULE BANNIÈRE POUR LE SEUL INTÉRÊT DE LEUR PAYS pour y arriver et non de plusieurs peuples sous des bannières différentes et pour l’intérêt de différents pays.

Sissi zayyat

11 h 38, le 13 mai 2021

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Commentaires (4)

  • Le chaos et la corruption étant leur emblème et la terreur leurs méthodes de persuasion, qui assurera la bonne marche des élections et l’évitement des fraudes électorales, leurs seules armes pour pouvoir prétendre à une majorité parlementaire et continuer le saccage du pays? La France? L’Europe? Les états Unis ou l’opposition libanaise? Allons trêve d’illusions. Les dernières élections s’étaient déroulées à coup de charters affrétés de partout pour ramener les libanais à leur pays tous frais payés pour voter devinez qui? Mais leurs hôtes pardi. Les peuples libanais n’arriveraient jamais à choisir librement et consciencieusement leurs leaders politiques car il faut UN PEUPLE EN RANG UNI SOUS LEUR SEULE BANNIÈRE POUR LE SEUL INTÉRÊT DE LEUR PAYS pour y arriver et non de plusieurs peuples sous des bannières différentes et pour l’intérêt de différents pays.

    Sissi zayyat

    11 h 38, le 13 mai 2021

  • ...""Ce raisonnement mène à la question suivante..."" faut il encore parler de "raison et de raisonnement" dans ce pays de la confusion et du mensonge ? raisonner pour raisonner pourrions nous emcore croire que les "occidentaux" peuvent faire obliger kellon a appliquer les lois constitionnelles vs. les elections parlementaires ? le raisonnement aboutira a croire que NON !

    Gaby SIOUFI

    10 h 17, le 13 mai 2021

  • Un gouvernements avec de vrais technocrates indépendants et avec permutation des ministères régaliens serait de nature à combler le vide. Balle au centre.

    Sam

    07 h 49, le 13 mai 2021

  • Il est très probable qu'aucun gouvernement ne pourra être formé d'ici là : Qui organisera donc les élections législatives ? Le gouvernement Diab bien sûr ! Il est à prévoir que les pseudo-révolutionnaires invétérés pourraient faire un grabuge tel que rien ne pourrait s'organiser ...Tout , au contraire, pourrait se "désorganiser"

    Chucri Abboud

    02 h 23, le 13 mai 2021

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