Rechercher
Rechercher

Monde - Repère

Combats entre le Kirghizstan et le Tadjikistan : cinq choses à savoir

Zones de peuplement hétérogènes, territoires disputés, lutte pour l'eau : les tensions frontalières sont récurrentes dans cette région pauvre d'Asie centrale.

Combats entre le Kirghizstan et le Tadjikistan : cinq choses à savoir

Des soldats du Kirghizstan près de Bichkek, la capitale du pays, le 26 avril 2021. Photo Vyacheslav Oseledko/AFP

Les combats entre le Kirghizstan et le Tadjikistan, qui ont fait au moins 33 morts depuis jeudi, mettent en lumière les tensions frontalières récurrentes dans cette région pauvre d'Asie centrale. Un cessez-le-feu a rapidement été signé entre les deux ex-républiques soviétiques mais la situation reste tendue, Bichkek accusant samedi son voisin d'avoir repris les tirs. Voici cinq choses à savoir sur ces violences, les pires entre le Tadjikistan et le Kirghizstan depuis leur indépendance en 1991.

Une frontière complexe

Les deux pays partagent une frontière tortueuse de 971 kilomètres, héritage de l'URSS, fixée en grande partie sous Staline et dont plus d'un tiers est contesté. "Les responsables soviétiques ont souvent évité de constituer des républiques trop homogènes de peur d'encourager le séparatisme", expliquait en 2002 le groupe International Crisis Group dans un rapport. Les cartes ont été modifiées à plusieurs occasions du temps de l'URSS mais jamais dans l'optique que ces Etats ne deviennent indépendants.

Résultat : la région compte de nombreux territoires aux délimitations disputées, comme l'enclave tadjike de Voroukh au Kirghizstan. C'est d'ailleurs autour de cette zone qu'ont été signalés de nombreux affrontements depuis jeudi. Ces dernières années, les heurts, de plus en plus fréquents, se sont parfois limités à des jets de pierre mais ont aussi déjà dégénéré en affrontements armés. En 2019, des combats avaient fait plusieurs morts, dont des gardes-frontières. Rien de comparable, toutefois, à l'ampleur de ceux qui ont éclaté cette semaine et qui ont été suivis d'une importante mobilisation militaire.

Lutte pour l'eau

Si la cause précise de cette flambée de violences n'est pas encore connue, plusieurs sources affirment qu'elle pourrait être liée à un conflit sur l'accès à l'eau. Les différends entre villages sur cette question réapparaissent généralement après l'hiver, quand l'irrigation des cultures reprend.

La fertile vallée de la Ferghana, que le Tadjikistan et le Kirghizstan partagent avec l'Ouzbékistan, dépend de deux fleuves stratégiques, nourris par l'eau de glaciers menacés par le changement climatique. Des tensions accentuées par la pauvreté des populations de cette région d'Asie centrale.

Violations et bilans

Les deux parties se sont rejeté la responsabilité des affrontements, s'accusant mutuellement d'avoir ouvert le feu en premier. Le Kirghizstan a aussi accusé samedi son adversaire d'avoir violé la trêve en tirant sur des habitations en zone kirghize, ce que la Tadjikistan n'a pas confirmé.

Selon le dernier bilan des autorités kirghizes, au moins 33 personnes sont mortes et plus de 120 ont été blessées. Bichkek fait par ailleurs état de plus de 11.000 personnes déplacées. Pays fermé et autoritaire, le Tadjikistan n'a lui que peu communiqué sur ces combats et n'a fait pour l'heure état que de deux blessés.

Beaucoup en commun

Malgré ces heurts, les deux pays, indépendants depuis la chute de l'URSS, ont de nombreux points communs. Leurs populations sont toutes deux majoritairement musulmanes sunnites, et sont parmi les plus pauvres de l'ex-URSS. Des centaines de milliers de leurs ressortissants travaillent à l'étranger, surtout en Russie.

Moscou maintient d'ailleurs une base aérienne au Kirghizstan et deux cantonnements au Tadjikistan. Bichkek et Douchanbé sont aussi membres d'alliances régionales, notamment l'Organisation de Coopération de Shangaï, qui compte la Russie et la Chine, et de l'Organisation du traité de sécurité collective sous l'égide de Moscou.

Quelle suite ?

Du fait de leurs ressources limitées, les deux pays semblent peu capables d'entamer un conflit à grande échelle. Le président kirghiz Sadyr Japarov et son homologue tadjik Emomali Rakhmon ont convenu vendredi de se rencontrer dans la deuxième partie de mai, tandis qu'une réunion sur la délimitation de la frontière doit se tenir samedi. Mais de l'aveu même de du président Rakhmon, au pouvoir depuis 1992, plus d'une centaine de négociations sur ce sujet ont échoué jusqu'à présent.


Les combats entre le Kirghizstan et le Tadjikistan, qui ont fait au moins 33 morts depuis jeudi, mettent en lumière les tensions frontalières récurrentes dans cette région pauvre d'Asie centrale. Un cessez-le-feu a rapidement été signé entre les deux ex-républiques soviétiques mais la situation reste tendue, Bichkek accusant samedi son voisin d'avoir repris les tirs. Voici cinq choses...

commentaires (1)

Y AURAIT IL UNE RAISON SECRETE, EX. GAZ?PETROLE? CACHEEE JUSQUE LA ?

gaby sioufi

10 h 34, le 02 mai 2021

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Y AURAIT IL UNE RAISON SECRETE, EX. GAZ?PETROLE? CACHEEE JUSQUE LA ?

    gaby sioufi

    10 h 34, le 02 mai 2021

Retour en haut