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Campus - CONCOURS

À l’USJ, des étudiants et des lycéens défient Google Translate

À l’heure d’internet, alors qu’il devient courant d’utiliser des services de traduction automatiques, un groupe d’étudiants de l’École de traducteurs et d’interprètes de Beyrouth (ETIB) ont démontré la nécessité de leur futur métier lors d’un atelier-concours destiné à des lycéens.

À l’USJ, des étudiants et des lycéens défient Google Translate

Pendant que le jury délibérait afin de divertir les élèves qui attendaient l’annonce des résultats, les étudiants ont engagé les participants dans un jeu préparé pour l’occasion. Capture d’écran

L’atelier-concours « Défions Google Translate ! » a rassemblé, le 9 avril, sur la plateforme Zoom des étudiants de l’École de traducteurs et d’interprètes de Beyrouth de l’Université Saint-Joseph (ETIB), et 66 élèves de classes de première et de terminale des écoles labellisées non homologuées, autour d’activités ludiques et d’un concours portant sur la traduction de chansons. Organisée par l’ETIB en collaboration avec l’Institut français du Liban, cette 5e édition s’est déroulée en ligne à cause du confinement.

Joignant l’utile à l’agréable, les étudiants, appartenant à différentes années d’études, ont eux-mêmes préparé les jeux, animé l’événement et dirigé le concours. De leur côté, les lycéens ont pu découvrir de manière ludique leurs talents de traducteurs, durant les 2h30 de l’atelier. « Les activités encouragent les lycéens à intégrer le vaste domaine de la traduction. Elles leur donnent également une idée des obstacles rencontrés dans l’exercice de la profession », estime Carl Saad, en 2e année à l’ETIB.

Les élèves ont été divisés dans des breakout rooms, des salles de répartition sur la plateforme Zoom, en groupes de trois, chacun chapeauté par un étudiant de l’ETIB. L’objectif : travailler sur la traduction, vers le français, de l’une des deux chansons, Watani de Fayrouz ou Back to the Basics d’Erika Ender. « J’ai expliqué aux lycéens les bases de la traduction, comment par exemple traduire l’idée et non pas les mots », souligne Christia-Maria Issa, en 1re année de licence. Dirigeant l’un des groupes, elle a voulu participer à l’animation de l’événement afin de partager sa passion pour la traduction.

À l’issue du concours, le jury, composé de responsables et d’enseignants de l’ETIB – des traducteurs ou des interprètes professionnels – a délivré le Prix lycéen de la traduction francophone à trois groupes. Les lauréats du 1er prix (Liza Hayrabedian, Rebecca Zgheib, Abdulrahim Harmouch) ont remporté des ordinateurs personnels, les titulaires du deuxième prix (Grace Abou Dib, Maritta Antakli, Rita Azar) ont gagné des tablettes, alors que le 3e groupe primé (Mariam Daaboul, Perla Pusgulian, David Frédérick Damlakian) s’est vu remettre des disques durs externes.

La traduction entre jeu et apprentissage

Pendant les délibérations du jury, les étudiants ont engagé les élèves participants dans un jeu préparé pour l’occasion. S’étant exprès remis à Google Translate pour traduire les paroles, en anglais et en français, de 14 chansons en arabe, les jeunes de l’ETIB ont demandé aux élèves d’en deviner les titres malgré la mauvaise traduction générée par ce service de traduction automatique.

Des talents de cette école de traduction et d’interprétariat ont également interprété les deux chansons choisies pour le concours ainsi que quelques-unes des 14 autres sélectionnées pour le jeu, alors que certains ont joué de la guitare et du piano. Carl Saad a ainsi composé, écrit et interprété une chanson trilingue pour l’occasion. « Je me suis inspiré de la réalité que nous vivons aujourd’hui ! J’ai toutefois transmis le message d’un ton plutôt ironique », confie-t-il.

Parmi les activités, des étudiants ont partagé leur propre traduction de certains couplets des chansons sélectionnées pour le concours et l’ont comparée avec celle livrée par Google Translate. Verdict : celle des étudiants – qui ne sont pas encore des professionnels – a été meilleure que celle proposée par la traduction automatique. Le problème, c’est que le service de Google « traduit les mots sans tenir compte de la tournure des phrases, ni des idées cachées ni des rimes des chansons », relève Christia-Maria Issa.

Pour les organisateurs de l’atelier-concours, l’objectif de cette démarche est de montrer que, contrairement aux idées reçues, Google Translate ne peut pas remplacer le traducteur. « On a toujours besoin du cerveau humain qui analyse et décide quel mot mettre, quelle structure, quelle syntaxe, parce que Google Translate donne souvent quelques mots corrects, mais lorsqu’il s’agit de tournure, de jeux de mots ou d’inversions, il échoue », affirme Elsa Yazbek Charabati, membre du jury, journaliste et chef du département d’interprétation de l’ETIB. Force est de constater que la traduction reste un métier indispensable.




L’atelier-concours « Défions Google Translate ! » a rassemblé, le 9 avril, sur la plateforme Zoom des étudiants de l’École de traducteurs et d’interprètes de Beyrouth de l’Université Saint-Joseph (ETIB), et 66 élèves de classes de première et de terminale des écoles labellisées non homologuées, autour d’activités ludiques et d’un concours portant sur la...

commentaires (1)

Google Translate? Mais c'est de la foutaise, surtout quand il s'agit de traduire de l'arabe...Enfin, je l'utilise quelquefois pour avoir un texte qui pourrait servir de base à une traduction correcte...

Georges MELKI

10 h 16, le 22 avril 2021

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Commentaires (1)

  • Google Translate? Mais c'est de la foutaise, surtout quand il s'agit de traduire de l'arabe...Enfin, je l'utilise quelquefois pour avoir un texte qui pourrait servir de base à une traduction correcte...

    Georges MELKI

    10 h 16, le 22 avril 2021

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