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Monde - Éclairage

Prague demande à ses alliés de l’UE et de l’OTAN d’expulser eux aussi des diplomates russes

L’appel intervient après que la République tchèque eut accusé Moscou d’avoir orchestré une explosion mortelle sur son territoire en 2014.

Prague demande à ses alliés de l’UE et de l’OTAN d’expulser eux aussi des diplomates russes

Une femme tient un drapeau de l’UE à côté de policiers lors d’une manifestation devant l’ambassade de Russie à Prague, en République tchèque, le 18 avril 2021, relative à l’implication présumée des services de renseignements russes dans l’explosion d’un dépôt de munitions dans la région de Vrbetice, en 2014. David W. Cerny/Reuters

La République tchèque a demandé hier à ses partenaires de l’Union européenne et de l’OTAN d’expulser des diplomates russes pour la soutenir dans sa confrontation avec Moscou, accusant la Russie d’une « attaque terroriste sans précédent » sur le territoire tchèque. Le ministre des Affaires étrangères et de l’Intérieur, Jan Hamacek, a déclaré qu’il allait convoquer aujourd’hui l’ambassadeur russe Alexandre Zmeïevski pour lui signifier de nouvelles mesures après l’expulsion de 18 diplomates russes considérés par Prague comme des agents secrets, à laquelle Moscou a répondu en expulsant 20 diplomates tchèques. « Nous appelons à une action collective des pays de l’UE et de l’OTAN menant à des expulsions par solidarité », a déclaré M. Hamacek aux journalistes.L’appel intervient après que Prague a accusé les services secrets russes d’avoir orchestré une explosion mortelle sur le territoire tchèque en 2014, les auteurs présumés étant identifiés comme étant ceux-là mêmes qui ont été suspectés par Londres dans l’empoisonnement de l’ancien agent double russe Sergeï Skripal en 2018. Le Premier ministre tchèque Andrej Babis a déclaré que l’incident qui a tué deux personnes était « une attaque terroriste sans précédent sur notre territoire ». Les diplomates expulsés ont quitté lundi leurs postes à l’ambassade de Russie et à la représentation tchèque. « Nous avons expulsé 18 officiers des (services secrets) SVR et GRU et nous sommes en mesure de prouver que chacun d’entre eux n’était que cela », a déclaré M. Hamacek. Il a déclaré qu’il allait protester contre ce que Prague considère comme une réponse disproportionnée. « Il est logique que si la République tchèque prend de nouvelles mesures, l’ambassadeur de Russie soit le premier prévenu », a souligné le ministre.

Un marchand d’armes, Skripal et le Novitchok

Citant un rapport des services de renseignements, le gouvernement tchèque a affirmé samedi que des agents du GRU, le renseignement militaire russe, avaient été impliqués dans l’explosion d’un dépôt de munitions à Vrbetice, dans l’est de la République tchèque, en 2014. Cette explosion avait entraîné la mort de deux personnes et provoqué d’importants dégâts matériels.

La police tchèque a pour sa part déclaré rechercher pour leur rôle présumé dans cette explosion deux hommes porteurs de passeports russes aux mêmes noms que les suspects de la tentative d’empoisonnement au Novitchok de l’ex-agent double Sergueï Skripal à Salisbury, en Grande-Bretagne, en 2018. Le gouvernement tchèque a annoncé lundi qu’il excluait désormais le groupe russe Rosatom d’un appel d’offres de plusieurs milliards d’euros pour une centrale nucléaire, et a exclu d’avoir recours au vaccin russe Spoutnik V contre le coronavirus.

Le Premier ministre tchèque Andrej Babis a déclaré lundi que les munitions ciblées dans les explosions appartenaient à un marchand d’armes bulgare qui vendait probablement des armes à des entités luttant contre la Russie.

Les attaques ont eu lieu en 2014, alors que la Russie avait annexé la péninsule ukrainienne de Crimée et qu’un conflit avait éclaté entre les forces ukrainiennes et des rebelles soutenus par la Russie dans l’est du pays. M. Babis a déclaré que l’attaque contre le dépôt des munitions avait été mal préparée, car le matériel militaire était probablement censé exploser en route vers la Bulgarie et non sur le territoire tchèque. Le marchand d’armes bulgare, la société Emco appartenant à l’entrepreneur Emilian Gebrev, a nié tout accord impliquant le dépôt à ce moment-là. M. Gebrev lui-même a été victime d’une tentative d’empoisonnement avec un agent neurotoxique en 2015 dans la capitale bulgare Sofia, et une enquête pour sa tentative de meurtre est en cours.

L’Union européenne a indiqué lundi soir apporter « plein soutien et solidarité » à la République tchèque, Bruxelles se disant « profondément inquiet de la répétition systématique de comportements nocifs et dangereux de la Russie en Europe ».

Source : AFP


La République tchèque a demandé hier à ses partenaires de l’Union européenne et de l’OTAN d’expulser des diplomates russes pour la soutenir dans sa confrontation avec Moscou, accusant la Russie d’une « attaque terroriste sans précédent » sur le territoire tchèque. Le ministre des Affaires étrangères et de l’Intérieur, Jan Hamacek, a déclaré qu’il allait...

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