Une benne à ordure incendiée sur la place Al-Nour, à Tripoli au Liban-nord, lors de violentes manifestations en janvier 2021. Photo d'archives Fathi al-Masri/AFP
Une personne a été tuée et deux autres blessées mardi en fin de journée suite à des coups de feu dans le quartier de Khinak à Tripoli (Liban-nord), lors d'une distribution de colis alimentaires dans cette ville, la plus pauvre du bassin méditerranéen.
Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), une dispute a éclaté entre un groupe de jeunes lors de la distribution de colis de nourriture aux plus démunis, au premier jour du mois de ramadan, et des coups de feu ont été tirés. Un jeune homme, identifié par ses initiales K. M. D., atteint par balles, est décédé des suites de ses blessures à l'hôpital Mazloum. Les deux autres blessés, A. S. et A. S., ont également été hospitalisés. Leur état de santé à l'heure actuelle n'est pas connu.
Des forces de la sécurité intérieure et de l'armée libanaise sont intervenues sur les lieux et ont ouvert une enquête sur l'incident.
Sur une vidéo publiée par Timour Azhari, journaliste à la fondation Thomson Reuters, on aperçoit un groupe de personnes piller des rations alimentaires après l'incident en question.
One person was shot dead and two injured in northern Tripoli, #Lebanon, during a dispute that occurred while food rations were being distributed to the needy, state media reports.
— Timour Azhari (@timourazhari) April 13, 2021
Video below reportedly shows people stealing rations after the incident.pic.twitter.com/zNCfbZ4Ez9
Emeutes de la faim
Ce drame intervient alors que le Liban est en proie à une crise économique et sociale sans précédent, marquée par une forte dépréciation de la monnaie nationale, une hyperinflation des prix et une paupérisation de la population.
A Tripoli, ville la plus pauvre du pays, la crise est ressentie très durement en ce début de mois de ramadan. Plusieurs émeutes de la faim y ont éclaté ces derniers mois, avec des protestations violentes fin janvier lors du confinement total du pays, sans que l'Etat n'apporte d'aides.
Les prix des denrées alimentaires ont augmenté en moyenne de 417% en un an au Liban, selon un rapport de la Banque mondiale publiée début avril. Et ce malgré les subventions par la Banque du Liban (BDL) du blé au taux officiel de 1.507,5 livres pour un dollar et de plusieurs autres denrées alimentaires au taux de 3.900 livres pour un billet vert, alors qu’actuellement, le taux du marché parallèle tourne autour des 12.000 livres. Pour de nombreuses familles musulmanes, même le repas de rupture du jeûne devient un luxe inaccessible.



C’est malheureusement une illustration du début de la révolution de la faim. Les prochaines cibles seront les supermarchés et aucune forcer de police ne pourra arrêter les émeutiers. En réalité, ce sont nos dirigeants politiques tous bords confondus, que ce soit l’agrume et son qumqwat ou le mollasson ou le tondu ou le Grevin du perchoir ....qui doivent être balayés du pays aujourd’hui même
19 h 56, le 14 avril 2021