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Moyen-Orient - Éclairage

Élections palestiniennes : les enjeux d’une liste commune Fateh-Hamas

Les deux partis font planer le doute sur la présentation d’une liste conjointe en vue des élections législatives et d’un scrutin présidentiel en mai et juillet prochains.

Élections palestiniennes : les enjeux d’une liste commune Fateh-Hamas

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas assistant à une réunion des dirigeants palestiniens pour discuter de l’accord de normalisation entre les Émirats arabes unis et Israël. Photo AFP

Depuis plus d’un mois, une rumeur relative à la présentation d’une liste commune qui rassemblerait le mouvement islamiste palestinien Hamas au pouvoir à Gaza depuis 2007, et le Fateh laïc du président Mahmoud Abbas qui contrôle la Cisjordanie, planait sur les élections législatives palestiniennes fixées en mai prochain. Ce lundi, le Hamas semble avoir mis fin à ces espoirs alors qu’il a officiellement soumis sa candidature auprès de la commission électorale. De son côté, le Fateh n’a pas encore présenté sa liste mais un haut responsable du mouvement avait déjà indiqué samedi qu’il n’y aurait pas de liste conjointe. « Nous, au Fateh, mènerons ce combat électoral seuls et nous n’avons pas cherché à présenter une liste commune », avait alors déclaré Jibril Rajoub.

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Toutefois, les dés ne sont pas encore jetés alors que les partis ont jusqu’au 31 mars à minuit pour officialiser leurs candidatures, laissant entrevoir la possibilité d’un changement de dernière minute. Estimant que les deux leaderships souhaiteraient plaider pour une liste commune, Hamada Jaber, consultant au Palestinian Center for Policy and Survey Research, basé à Ramallah, précise que « s’il parvient à un accord avec le Fateh d’ici à ce soir, le mouvement islamiste palestinien peut retirer sa liste à tout moment ».

Guerre fratricide

Annoncées en janvier dernier par le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas, ces élections législatives, présidentielle et des membres du Conseil national palestinien, respectivement prévues en mai, juillet et août, sont les premières consultations électorales depuis 2005. « Une liste conjointe arrangerait le Hamas, qui craint de ne pas avoir la même majorité qu’en 2006. Quant au Fateh, il y voit le moyen d’empêcher tout membre de son parti de former une liste alternative qui pourrait compromettre sa survie », poursuit le spécialiste.

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Lors du dernier scrutin, Mahmoud Abbas était sorti vainqueur des élections présidentielles organisées après la mort de l’ancien leader historique de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat. Un an plus tard, le Hamas avait remporté les élections législatives à la surprise générale. Après une guerre fratricide entre les deux factions, le Hamas s’était retranché dans la bande de Gaza tandis que le Fateh avait pris le contrôle de la Cisjordanie occupée. Opposés jusqu’en septembre dernier, les deux mouvements avaient entamé une reprise du dialogue pour faire front commun à la suite des accords de normalisation signés entre Israël et plusieurs pays arabes.

Les divisions dans les rangs du Fateh au pouvoir en Cisjordanie auraient eu en partie raison de l’échec de la liste conjointe. Alors que le Fateh compte quatre listes pour le moment, trois d’entre elles sont dissidentes. Les listes respectivement conduites par Mohammad Dahlane, réfugié aux Émirats arabes unis depuis 2011 après avoir été reconnu coupable de corruption, Marwan Barghouti, détenu par Israël depuis 20 ans pour avoir participé à une série d’attaques au début de la seconde intifada et Nasser al-Kidwa, le neveu de Yasser Arafat, s’ajoutent ainsi à la liste officielle de l’Autorité palestinienne.

Administration Biden

Aux yeux des deux autorités, ces élections sont le moyen de regagner leur légitimité alors qu’elles sont régulièrement critiquées pour leur dérive autoritaire, leur corruption et leur incapacité à organiser un scrutin depuis 15 ans, et ce quelques mois seulement après l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche. Si les deux factions cherchent à obtenir le soutien de la nouvelle administration américaine à l’heure où leur légitimité s’épuise, elles semblent cependant davantage intéressées par le renforcement de leur leadership que par une transition démocratique.

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Rien ne garantit cependant que les États-Unis, qui considèrent le Hamas comme une organisation terroriste et qui voient également d’un mauvais œil l’Autorité palestinienne, soutiendront ces élections. « La communauté internationale est confrontée à un dilemme. Elle a intérêt à ce que l’Autorité palestinienne reste en place afin de garantir le statu quo et les accords précédemment mis en place à l’instar des accords d’Oslo. Mais il est également compliqué de soutenir un gouvernement et un président illégitime âgé de plus de 80 ans qui dirige un régime non démocratique », observe Inès Abdel Razek, directrice du plaidoyer pour le Palestine Institute for Public Diplomacy, une ONG palestinienne.D’autres inconnues jettent le doute sur la tenue de ce scrutin. L’État hébreu ne semble pas s’être prononcé jusqu’à présent sur le vote des populations de Jérusalem-Est, qui pourrait constituer, s’il n’est pas garanti, un motif de report des élections. Par ailleurs, les conditions dans lesquelles les candidats ont pu présenter leurs listes ont manqué de transparence. « L’environnement de ces élections ne va pas permettre un renouveau démocratique pour la représentation des Palestiniens du fait de plusieurs blocages », fait remarquer Inès Abdel Razek, citant notamment la mainmise du président sur le contrôle des instances judiciaires et la restriction des conditions selon lesquelles les candidats se présentent.


Depuis plus d’un mois, une rumeur relative à la présentation d’une liste commune qui rassemblerait le mouvement islamiste palestinien Hamas au pouvoir à Gaza depuis 2007, et le Fateh laïc du président Mahmoud Abbas qui contrôle la Cisjordanie, planait sur les élections législatives palestiniennes fixées en mai prochain. Ce lundi, le Hamas semble avoir mis fin à ces espoirs alors...

commentaires (1)

Bonjour, pourquoi en caractère latin traduisez vous harakat ut-tahrîr il-falastîniyy en FATEH et non FATAH comme il est courant de le faire depuis sa création?

WEHBE Rouba

10 h 36, le 31 mars 2021

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Commentaires (1)

  • Bonjour, pourquoi en caractère latin traduisez vous harakat ut-tahrîr il-falastîniyy en FATEH et non FATAH comme il est courant de le faire depuis sa création?

    WEHBE Rouba

    10 h 36, le 31 mars 2021

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