La directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, lors d’une conférence de presse à Washington, le 4 mars 2020. Nicholas Kamm/AFP
La croissance mondiale est en train de s’accélérer, tirée par les États-Unis et la Chine, s’est félicitée hier la patronne du Fonds monétaire international (FMI), tout en pointant aussi les risques d’une reprise désynchronisée entre les pays. « En janvier, nous projetions une croissance mondiale de 5,5 % en 2021. Nous nous attendons désormais à une nouvelle accélération » de l’expansion, a affirmé Kristalina Georgieva dans un discours prononcé en amont des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale. La directrice générale du FMI n’a pas cité de chiffres précis, alors que le traditionnel rapport de l’institution de Washington sur les nouvelles perspectives pour l’économie mondiale sera publié le 6 avril.
Mais elle a précisé que la révision à la hausse de la croissance s’expliquait « en partie en raison du soutien politique supplémentaire », dont le plan gigantesque de 1 900 milliards de dollars du président américain Joe Biden, et « en partie » par les effets attendus plus tard dans l’année des campagnes de vaccination dans de « nombreuses » économies avancées.
Les gouvernements ont pris des mesures budgétaires « exceptionnelles » pour un montant cumulé de 16 000 milliards de dollars. Sans cette aide synchronisée, la contraction du PIB mondial enregistrée en 2020 (-3,5 %) aurait été « trois fois plus importante », a également souligné la patronne du FMI. Mais le Fonds constate aussi « une reprise à plusieurs vitesses de plus en plus propulsée par deux moteurs : les États-Unis et la Chine » qui font partie « d’un petit groupe de pays » qui dépasseront leurs niveaux d’avant crise d’ici à la fin de cette année.
Pour Kristalina Georgieva, « l’un des plus grands dangers demeure l’incertitude extrêmement élevée ». De plus, il pourrait y avoir « plus de pression » sur les marchés émergents « vulnérables » avec des capacités budgétaires limitées. Ces pays sont aussi ceux ayant un accès restreint aux vaccins tout en étant exposés à un risque « élevé » de surendettement. L’institution de Washington s’inquiète ainsi de la répercussion d’une reprise accélérée sur ces pays. « Une croissance soutenue aux États-Unis peut profiter à de nombreux pays grâce à une augmentation des échanges » commerciaux, souligne Mme Georgieva. Mais, avec une reprise économique désynchronisée à travers le monde, si les pays avancés venaient à augmenter brutalement leurs taux d’intérêt, cela augmenterait les coûts de refinancement de la dette d’un certain nombre de pays émergents déjà à la traîne dans cette reprise.
Source : AFP

