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Monde - Birmanie

Tollé mondial au lendemain de la journée la plus sanglante depuis le coup d’État

Tollé mondial au lendemain de la journée la plus sanglante depuis le coup d’État

Des personnes rassemblées pour les funérailles de trois manifestants, à Kawthaung, le 28 mars 2021. Handout/Dawei Watch/AFP

Les forces de sécurité birmanes ont ouvert le feu hier contre des personnes rassemblées pour l’enterrement de l’une des 114 personnes, dont sept enfants, tuées la veille lors de l’une des journées de manifestation les plus sanglantes depuis le coup d’État du 1er février, ont rapporté des témoins. Il n’a pas été fait état de victime après ces tirs survenus dans la ville de Bagan, près de Rangoun, ont dit trois personnes à Reuters. « Alors que nous chantions le chant de la révolution pour lui, les forces de sécurité sont arrivées et nous ont tiré dessus », a raconté une femme appelée Aye, qui assistait à l’enterrement de Thae Maung Maung, un étudiant de 20 ans abattu samedi. « Les gens, y compris nous, se sont enfuis lorsqu’ils ont ouvert le feu. »Hier, les Birmans sont une nouvelle fois descendus dans les rues de Rangoun et d’autres villes pour réclamer le retour à la démocratie, et de nombreuses funérailles devaient avoir lieu à travers le pays. Deux personnes ont par ailleurs été tuées hier lors de tirs visant des manifestations lors d’incidents distincts à d’autres endroits du pays, ont rapporté des témoins et des médias. Une personne a été tuée lorsque l’armée a ouvert le feu dans la nuit sur un groupe de manifestants près de la capitale Naypyitaw, selon le média Myanmar Now. Les manifestations de samedi ont coïncidé avec le jour où l’armée organise tous les ans un gigantesque défilé devant le chef de l’armée, désormais à la tête de la junte, le général Min Aung Hlaing. Samedi soir, Min Aung Hlaing et sa femme ont diverti des dignitaires, dont le vice-ministre russe de la Défense, Alexandre Fomine, lors d’un somptueux dîner en plein air à Naypyidaw. Le journal officiel The Mirror a rapporté qu’un concert avait été donné ainsi qu’un spectacle de drones représentant Min Aung Hlaing en train de saluer.

« Horrifié »

« Les actions honteuses, lâches et brutales de l’armée et de la police – qui ont été filmées en train de tirer sur des manifestants alors qu’ils fuyaient et qui n’ont même pas épargné les jeunes enfants – doivent être immédiatement stoppées », ont déclaré deux hautes responsables de l’ONU, Michelle Bachelet et Alice Wairimu Nderitu, dans une déclaration commune. Le nombre de morts depuis le coup d’État du 1er février est passé à au moins 423, selon l’AAPP, une ONG locale qui recense le nombre des morts depuis le putsch. Mais selon la chaîne Myawaddy TV, gérée par l’armée, le bilan de la journée de samedi est de 45 morts et 552 arrestations. La télévision a justifié la répression en affirmant que les manifestants avaient fait usage d’armes à feu et de bombes contre les forces de sécurité. Les chefs des forces de défense de 12 pays, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon et l’Allemagne, ont condamné dans la nuit de samedi à dimanche l’utilisation de la force par l’armée birmane contre des civils « non armés ». « Une armée professionnelle suit les normes internationales de conduite et a la responsabilité de protéger le peuple qu’elle sert, non de lui nuire », indiquent-ils dans un rare communiqué conjoint. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken s’est dit « horrifié » par la « terreur » que font régner les militaires birmans. Son homologue britannique Dominic Raab a estimé que la junte avait franchi un « nouveau palier » dans la répression. L’ambassade américaine à Rangoun a demandé à ses citoyens de limiter leurs mouvements hier, les appelant à la « prudence » s’ils devaient voyager. Le centre culturel américain de Rangoun a été la cible de coups de feu samedi. L’armée a utilisé des balles réelles dans plus de 40 cantons de neuf régions, y compris à Rangoun, la plus grande ville du pays, selon l’AAPP.

Acte « d’inhumanité grave »

« Les forces de la junte ont tiré à l’arme automatique sur les zones résidentielles, tuant de nombreux civils, dont six enfants entre dix et seize ans, a déclaré l’AAPP. Le fait que le régime militaire illégitime vise les enfants est un acte d’inhumanité grave. »Parallèlement, un groupe de rebelles armés de la minorité ethnique des Karens, l’Union nationale karen, a affirmé avoir été bombardé par des chasseurs de la junte dans l’Est samedi, quelques heures après que le groupe rebelle se fut emparé d’une base militaire. Hsa Moo, de l’ethnie karen et militante des droits de l’homme, a déclaré à l’AFP que trois personnes avaient été tuées et au moins huit blessées. Il s’agit de la première attaque aérienne dans cet État depuis 20 ans. La cible, la cinquième brigade de l’Union nationale karen (KNU), est l’un des plus grands groupes armés du pays et affirme représenter le peuple karen. De nouvelles frappes aériennes hier ont poussé 2 000 personnes de deux villages de l’État de Karen à traverser la frontière thaïlandaise pour se mettre à l’abri, selon Hsa Moo.

Sources : agences

Les forces de sécurité birmanes ont ouvert le feu hier contre des personnes rassemblées pour l’enterrement de l’une des 114 personnes, dont sept enfants, tuées la veille lors de l’une des journées de manifestation les plus sanglantes depuis le coup d’État du 1er février, ont rapporté des témoins. Il n’a pas été fait état de victime après ces tirs survenus dans la ville de Bagan, près de Rangoun, ont dit trois personnes à Reuters. « Alors que nous chantions le chant de la révolution pour lui, les forces de sécurité sont arrivées et nous ont tiré dessus », a raconté une femme appelée Aye, qui assistait à l’enterrement de Thae Maung Maung, un étudiant de 20 ans abattu samedi. « Les gens, y compris nous, se sont enfuis lorsqu’ils ont ouvert le feu. »Hier, les Birmans sont une...
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