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Monde - Vaccin

Derrière la guerre des livraisons, celle des mots

Alors que l’Union européenne est affectée par les retards de livraison du vaccin suédo-britannique AstraZeneca, le président français dénonce une « guerre mondiale d’un nouveau genre face aux attaques, aux velléités russes et chinoises d’influence ».

Derrière la guerre des livraisons, celle des mots

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le Premier ministre britannique, Boris Johnson, le 16 avril 2018. Photo File/AFP

La tension autour des livraisons de vaccins anti-Covid s’est doublée d’une guerre des mots vendredi entre la France et le Royaume-Uni, comme au plus fort du Brexit, Paris accusant Londres de « chantage » et d’exagération des succès de sa campagne vaccinale. « Le Royaume-Uni s’est enorgueilli d’avoir bien vacciné pour la première dose, sauf qu’ils ont un problème de seconde dose », a lancé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian sur la radio France Info. Engagé depuis début décembre dans une campagne massive de vaccination, le Royaume-Uni a administré 29 millions de premières doses de vaccin contre le Covid-19, touchant ainsi 55 % de sa population adulte. Par comparaison, l’Union européenne, affectée notamment par des retards de livraison du vaccin suédo-britannique

AstraZeneca, fait pâle figure : seulement 8,3 millions d’Allemands et 7,1 millions de Français ont ainsi reçu une première injection.

Mais le Royaume-Uni est aussi le pays d’Europe le plus durement touché par la pandémie avec plus de 126 000 morts, ce que ne manquent pas de relever ses anciens associés de l’UE. Pour Paris, les succès de la vaccination britannique sont aussi très relatifs car ils portent surtout sur la première dose. « Aujourd’hui, il y a autant de vaccinés des deux doses en France qu’au Royaume-Uni », a assuré Jean-Yves Le Drian, qui n’avait déjà pas mâché ses mots face aux intransigeances britanniques lors des négociations sur le Brexit.

« Arrogant, anglophobe »

De fait, 2,775 millions de Britanniques ont reçu une seconde dose (soit 5,3 % de la population adulte), contre 2,6 millions en France (5 %). « On ne peut pas jouer comme cela un peu au chantage dans la mesure où on a voulu vacciner à tour de bras (pour) la première dose et on se trouve un peu handicapé pour la seconde », a asséné le ministre. Des études ont montré toutefois une protection importante du vaccin contre les hospitalisations après une seule dose. L’UE soupçonne AstraZenaca d’avantager le Royaume-Uni au détriment des Vingt-Sept et menace de bloquer des exportations de doses produites sur son territoire, ce qui a déclenché l’ire de Londres. C’est « la fin de la naïveté », a martelé jeudi le président français Emmanuel Macron lors d’un sommet européen, en saluant le tour de vis de la Commission sur les exportations. Sans surprise, comme à chaque poussée de fièvre des deux côtés de la Manche, la presse britannique a aussitôt sorti le bazooka. Emmanuel Macron est un « anglophobe » patenté, « incapable de reconnaître les formidables succès » britanniques, a pesté le Times. « C’est un arrogant qui refuse de s’excuser pour sa désastreuse stratégie anti-Covid », a renchéri le tabloïd The Sun. Renouant avec un langage martial qu’il affectionne, le président français s’est aussi inquiété d’une « guerre mondiale d’un nouveau genre face aux attaques, aux velléités russes et chinoises d’influence sur le vaccin ».

Outil de « propagande »

Moscou fait de son vaccin anti-Covid Spoutnik V un outil de « propagande et de diplomatie agressive, a renchéri Jean-Yves Le Drian. La Chine, la Russie mènent une politique d’influence par le vaccin avant même de vacciner leur propre population. » Des accusations immédiatement rejetées par Moscou : « Nous ne sommes absolument pas d’accord avec (ces déclarations disant) que la Russie et la Chine mènent une guerre quelconque », a répliqué le porte-

parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Les détracteurs de Moscou et Pékin leur reprochent de communiquer à l’excès sur leurs livraisons de vaccins à des pays défavorisés, avec en arrière-plan la volonté de les rallier à leur cause sur d’autres dossiers. « On doit considérer que le vaccin, c’est un bien public mondial, et faire en sorte que l’immunité soit globale et que ce ne soit pas une immunité compétitive », a insisté le ministre français des Affaires étrangères. Lundi, le président russe Vladimir Poutine avait déjà répliqué vertement aux propos d’un commissaire européen qui affirmait que l’UE n’avait pas besoin du Spoutnik V. « Nous nous interrogeons sur les intérêts que défendent ces gens, ceux des entreprises pharmaceutiques ou ceux des citoyens européens ? » s’était-il demandé.

Source : AFP

La tension autour des livraisons de vaccins anti-Covid s’est doublée d’une guerre des mots vendredi entre la France et le Royaume-Uni, comme au plus fort du Brexit, Paris accusant Londres de « chantage » et d’exagération des succès de sa campagne vaccinale. « Le Royaume-Uni s’est enorgueilli d’avoir bien vacciné pour la première dose, sauf qu’ils ont un problème de seconde dose », a lancé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian sur la radio France Info. Engagé depuis début décembre dans une campagne massive de vaccination, le Royaume-Uni a administré 29 millions de premières doses de vaccin contre le Covid-19, touchant ainsi 55 % de sa population adulte. Par comparaison, l’Union européenne, affectée notamment par des retards de livraison du vaccin...
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