L’ambassadeur de Chine au Danemark, Feng Tie, arrivant au ministère des Affaires étrangères à Copenhague, au Danemark, le 23 mars 2021. Ritzau Scanpix/Liselotte Sabroe/AFP
Ambassadeurs convoqués, dénonciation des « mensonges » dont elle se dit victime : la Chine a vivement répliqué hier après l’imposition par les Occidentaux de sanctions face au traitement de sa minorité ouïghoure. Selon des études d’instituts américains et australien, au moins un million d’Ouïghours ont été internés dans des « camps » de la région chinoise du Xinjiang (nord-ouest) et certains soumis à du « travail forcé » et à des « stérilisations ». La Chine dément catégoriquement les deux dernières accusations et affirme que les « camps » sont des « centres de formation professionnelle » destinés à éloigner la population de l’extrémisme religieux et du séparatisme, après une série d’attentats attribués à des Ouïghours. En réaction, l’Union européenne a imposé lundi des sanctions contre quatre dirigeants passés ou actuels du Xinjiang. Le Royaume-Uni et le Canada ont fait de même. Quant aux États-Unis, qui sanctionnaient déjà deux de ces responsables depuis 2020, ils ont ajouté les deux autres à leur liste. Londres a salué « un signal extrêmement clair de l’unité de la communauté internationale dans sa condamnation des violations des droits de l’homme au Xinjiang ». Pékin a répliqué en sanctionnant 10 personnalités européennes, dont cinq élus du Parlement européen, toutes accusées « de propager des mensonges » en s’appuyant sur des études que la Chine estime biaisées. Les Européens et leurs familles seront interdits de séjour en Chine continentale, à Hong Kong et Macao. Quatre fondations européennes sont également visées par Pékin, dont « l’Alliance des démocraties », une institution danoise dirigée par l’ex-secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen. Au lendemain de la décision de Pékin, l’ambassadeur de Chine au Danemark a été convoqué hier au ministère des Affaires étrangères. « Quand la Chine sanctionne des personnalités politiques, des institutions et des leaders d’opinion européens simplement parce qu’ils se sont exprimés de manière critique contre la Chine, il s’agit d’une attaque claire contre la liberté d’expression des citoyens en Europe et au Danemark. C’est évidemment inacceptable », a estimé le chef de la diplomatie danoise, Jeppe Kofod, cité dans un communiqué, s’opposant à toute « escalade ». « Permettez-moi de souligner que les sanctions européennes n’affectent que des dirigeants chinois qui sont directement responsables de graves violations des droits de l’homme », a-t-il ajouté.
« Donneuse de leçon »
Pékin a annoncé hier avoir convoqué l’ambassadrice de Grande-Bretagne ainsi que « dans la nuit » l’ambassadeur de l’UE en Chine, Nicolas Chapuis, afin de « condamner dans les termes les plus vifs » des sanctions européennes « fondées sur des mensonges et de fausses informations ». Par contraste, l’ambassadeur de Chine en France ne s’était pas rendu lundi à une convocation de la diplomatie française qui avait dénoncé ses attaques contre des parlementaires et un chercheur français. Il s’y est finalement rendu hier matin après des protestations de Paris, qui lui a fait part de ses « griefs ». Le secrétaire d’État allemand aux Affaires étrangères Miguel Berger a de son côté « convié » hier l’ambassadeur chinois à Berlin pour « une discussion urgente ». La Belgique a également convoqué l’ambassadeur de Chine à Bruxelles. « L’UE n’est pas qualifiée pour se poser en donneuse de leçon à l’égard de la Chine sur les droits de l’homme », avait opposé au représentant de Bruxelles le vice-ministre des Affaires étrangères Qin Gang. « La Chine exhorte l’UE à reconnaître la gravité de son erreur, à la corriger et à mettre fin à la confrontation, afin de ne pas causer davantage de dommages aux relations sino-européennes », a-t-il ajouté. Le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, est également monté au créneau hier lors d’une rencontre en Chine avec son homologue russe Sergueï Lavrov. « Ces derniers jours, une minorité de puissances occidentales ont chacune pris la parole pour diffamer et critiquer la Chine », a dénoncé M. Wang. « Toutefois, elles doivent savoir ceci : l’époque où elles pouvaient inventer des histoires ou fabriquer un mensonge afin de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine appartient à un passé définitivement révolu. » Les sanctions occidentales décidées lundi pourraient être le signe d’un raffermissement des liens entre les États-Unis et leurs alliés face à Pékin, après la désunion constatée durant le mandat de l’ex-président Donald Trump.
Les points de friction
« Franchement, cela ne nous inquiète pas du tout », a lancé devant la presse la porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying. Ceux qui sous-estimeraient la détermination de Pékin « paieront pour leur bêtise et leur arrogance », a-t-elle averti. Elle a en outre laissé entendre que l’accord sur l’investissement signé fin 2020 entre Pékin et l’UE pourrait pâtir des différends bilatéraux. « Les Européens ne peuvent pas obtenir des gains d’un côté et imposer des sanctions de l’autre », a-t-elle observé. Les points de friction entre l’Occident et la Chine restent nombreux : répression contre l’opposition à Hong Kong, accès du marché chinois, investissements chinois en Europe, mer de Chine méridionale ou encore Taïwan. Alors que le départ de Donald Trump aurait pu amorcer une détente entre Pékin et Washington, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a repris la qualification de « génocide » pour évoquer le traitement des Ouïghours, un terme déjà utilisé par son prédécesseur Mike Pompeo.
Source : AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Quoi ?? du « travail forcé » en Chine ?? IM-PO-SSI-BLE médisants imperialo-colonialo-faschisto occidentaux. PS : quelqu'un peut faxer cet article a Sayyed Hassan ?
17 h 27, le 24 mars 2021