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La Serie A absente des quarts de finale, un fiasco à l’italienne

La Serie A absente des quarts de finale, un fiasco à l’italienne

Cristiano Ronaldo à terre, comme sa Juventus Turin. Un désastre pour la Juve, sortie de la C1 par un FC Porto – Petit Poucet de la compétition – réduit à dix pendant une heure au match retour (aller : 1-2, retour : 3-2 a.p.). Alberto Pizzoli/AFP

Trop lent ? Trop conservateur ? Manque de moyens ? Le football italien est entré en introspection après l’élimination de tous ses clubs avant même les quarts de finale de la Ligue des champions, une première depuis 2016. « Un échec annoncé dans lequel la victime, notre football, est aussi le coupable », a résumé le Corriere dello Sport parti, comme d’autres médias, en quête de remèdes. Les frissons du Grand Huit européen, l’Italie va les laisser aux Anglais (trois clubs qualifiés), aux Allemands (deux), aux Espagnols (un), aux Français (un) et aux Portugais (un).

Après l’Inter Milan, sortie dès décembre, les trois qualifiés des huitièmes n’auront pas été plus loin : logique pour l’Atalanta Bergame contre le Real Madrid (0-1, 1-3) et la Lazio Rome contre le Bayern Munich (1-4, 1-2), tombés contre des ogres, mais désastreux pour la Juventus contre un FC Porto réduit à dix pendant une heure au retour (1-2, 3-2 a.p.). Le déclin italien est une tendance forte, sensible depuis la finale 100 % italienne de 2003 entre Milan et la Juventus. Sur les quinze saisons ayant précédé ce sommet (1988-2003), l’Italie avait placé onze clubs en finale et remporté cinq C1. Et depuis : cinq clubs en finale pour seulement deux succès, le dernier remontant à 2010 avec l’Inter de José Mourinho. L’an dernier, l’Atalanta avait sauvé l’honneur en s’invitant dans le Final 8 à Lisbonne, battu par le Paris SG (1-2) en quarts. En 2018, la Juventus s’était aussi arrêtée en quarts (face à l’Ajax) après avoir tremblé en huitièmes contre l’Atlético Madrid.

Pour l’ex-entraîneur Fabio Capello, l’Italie ne tient tout simplement plus le rythme d’un jeu qui a fait sa révolution ailleurs, en Angleterre, en Allemagne et en Espagne notamment. « Le foot italien est lent », a fustigé le consultant de la chaîne Sky Italia. « On pense pouvoir gagner avec la tactique, mais ça devient difficile quand tu vas en Europe, contre des équipes avec une telle intensité », a-t-il ajouté, ébloui par la maîtrise du Real ou l’envie permanente du Bayern malgré une qualification quasiment en poche. Dans un football moderne où tous les joueurs défendent et attaquent ensemble, Capello a pointé l’anomalie d’avoir à la Juve un Cristiano Ronaldo « exempté d’aider les autres » à défendre. Une remarque sans doute aussi valable pour d’autres stars de la Serie A comme Zlatan Ibrahimovic à Milan ou Franck Ribéry à la Fiorentina. Le défenseur de la Lazio Francesco Acerbi s’est, lui, incliné devant la « mentalité gagnante » des Bavarois : « Ils gagnent et veulent encore gagner. »

L’argument financier

En début de saison, la Serie A avait montré des prémices d’une évolution avec davantage d’équipes joueuses (Sassuolo, Vérone, mais aussi des promus comme La Spezia), sur le modèle de l’Atalanta de Gian Piero Gasperini ou l’Italie de Roberto Mancini. Même la rigoureuse Inter d’Antonio Conte a un temps attaqué avec davantage de joueurs, quitte à prendre davantage de risques.

Mais après le revers en C1 et la nécessité des résultats en championnat, les Nerazzurri sont redevenus très « italiens », plus compact, plus attentistes et... plus victorieux en Italie.

L’Atalanta Bergame a été éliminée de la C1 par le Real Madrid (aller : 0-1, retour : 1-3). L’an dernier, l’Atalanta avait sauvé l’honneur en s’invitant dans le Final 8 à Lisbonne, battue par le PSG (1-2) en quarts. Pierre-Philippe Marcou/AFP

Au-delà du terrain, l’une des explications est évidemment financière car l’Italie n’a plus forcément les moyens d’attirer les stars. Même la Juventus (10e du baromètre 2021 du cabinet Deloitte sur la richesse des clubs) et l’Inter (14e) ont désormais du mal à rivaliser avec Barcelone, le Real, le PSG ou les grands clubs anglais. Les revenus attendus des droits TV des prochaines saisons, actuellement en cours d’attribution, devraient, au mieux, permettre un maintien de cette situation, mais il semble difficile d’espérer une vraie croissance.

Toutefois, l’argument financier ne suffit pas à expliquer la déroute des stars de la Juve contre Porto. Sont aussi évoqués, en vrac, un défaut de la formation italienne, quelques internationaux évoluant à l’étranger (Verratti, Florenzi, Jorginho), voire l’état des terrains en Italie qui ne favoriserait pas le beau jeu « à l’européenne ». Bonne nouvelle malgré tout pour la Serie A : comme l’Inter, devenue pimpante quand son calendrier s’est allégé, la Juve, la Lazio et l’Atalanta vont désormais pouvoir se consacrer au championnat. Avec pour tous un seul objectif : retrouver cette si douloureuse, mais si attractive, Ligue des champions.

Anthony LUCAS/AFP


Trop lent ? Trop conservateur ? Manque de moyens ? Le football italien est entré en introspection après l’élimination de tous ses clubs avant même les quarts de finale de la Ligue des champions, une première depuis 2016. « Un échec annoncé dans lequel la victime, notre football, est aussi le coupable », a résumé le Corriere dello Sport parti, comme d’autres médias, en...

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