C’est le taux d’occupation moyen des hôtels – 4 et 5 étoiles – de Beyrouth en 2020, contre 68 % en glissement annuel, soit le taux le plus bas de la région, alors qu’il était en sixième position en 2019 sur les quatorze capitales évaluées dans l’étude du cabinet Ernst & Young (E&Y), relayée par le Lebanon This Week de Byblos Bank. Ainsi, Beyrouth a perdu 49,5 points de pourcentage, comparé à une baisse de 28,5 points de pourcentage sur le marché régional l’année dernière. En plus de la pandémie de Covid-19 et des mesures restrictives imposées à l’international pour tenter d’enrayer sa propagation, l’instabilité politique au Liban, sur fond de crise socio-économique et financière extrêmement grave, et l’explosion au port de Beyrouth du 4 août dernier ont mis un frein à l’exploitation du secteur hôtelier par les locaux et les voyageurs internationaux.
Avec les fêtes de fin d’année et la réouverture du pays autorisée par les autorités malgré la pandémie, décembre aura toutefois servi de pain bénit pour les hôtels beyrouthins, nombre d’expatriés libanais revenant au pays durant ces vacances. De fait, E&Y note une augmentation de 10 points de pourcentage en glissement annuel, le taux d’occupation passant de 31 % à 41 % lors du dernier mois de 2020, soit le 7e plus haut taux de la région sur cette période. Sur le bilan de l’année, la fermeture de l’Aéroport international de Beyrouth du 18 mars à fin juin a entraîné une chute drastique de ce taux à 10 % en mars et 3 % en mai et juin, en passant par 2 % en avril. Celui-ci est quelque peu remonté en période estivale à 11 % en juillet et 22 % en août. Le meilleur mois de l’année est septembre avec une occupation de 43 %, même si celle-ci marque une baisse de 33,5 points de pourcentage en glissement annuel (77 % en septembre 2019). Enfin, le déclin a repris en octobre et novembre avec, respectivement, 37 % et 25 %.
Concernant le tarif moyen par chambre des hôtels beyrouthins pour l’année 2020, celui-ci s’est élevé à 171 dollars, chutant de 9,5 % par rapport à 2019 (189 dollars) et constituant le 5e plus haut taux de la région. La moyenne régionale est, elle, de 136 dollars, en baisse de 18 % en rythme annuel. En décembre, ce tarif a atteint 216 dollars, en hausse de 134,4 % comparé à 92 dollars en décembre 2019. Avec une moyenne de 283 dollars, juillet remporte la palme du tarif par chambre, suivant la réouverture des frontières du Liban, tandis que mai arrive en dernière place avec 108 dollars. Enfin, les revenus moyens par chambre à Beyrouth ont atteint 31 dollars en 2020, contre 128 dollars en 2019, soit la baisse la plus brusque au niveau régional (-76 % en glissement annuel). Néanmoins, avec 88 dollars comme revenu moyen par chambre à Beyrouth, décembre dernier marque une hausse de 210,6 % par rapport à décembre 2019, évalué à 28 dollars.
Régionalement, c’est Abou Dhabi (Émirats arabes unis) qui remporte la palme du plus haut taux d’occupation de ses hôtels en 2020 avec un score de 72 %, tandis que Koweït a enregistré le plus haut tarif moyen par chambre (210 dollars) et Dubaï (Émirats arabes unis) a généré le plus haut revenu moyen par chambre avec 90 dollars.

