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Monde - Arménie

Le président refuse de limoger le chef de l’armée, la crise s’aggrave

Erevan fait face à une crise politique depuis l’acceptation en novembre de l’accord de paix dans le conflit du Haut-Karabakh, entérinant ainsi une défaite humiliante face à l’Azerbaïdjan.

Le président refuse de limoger le chef de l’armée, la crise s’aggrave

À Erevan, des manifestants de l’opposition rassemblés devant l’Assemblée nationale, le 26 février, afin de demander la démission du Premier ministre, Nikol Pachinian. AFP/Karen Minasyan

Le président arménien Armen Sarkissian a refusé de signer l’ordre du Premier ministre limogeant le chef de l’armée, aggravant ainsi un peu plus la crise politique que connaît le pays, où plusieurs milliers de personnes ont à nouveau manifesté.

« Le président, dans le cadre des pouvoirs que lui confère la Constitution, a renvoyé le texte (ordonnant le limogeage du chef de l’armée) avec des objections », a expliqué la présidence dans un communiqué. La crise politique « ne peut pas être résolue par des changements fréquents de responsables », a-t-elle ajouté. Peu après, le Premier ministre Nikol Pachinian a indiqué sur sa page Facebook qu’il renverrait cet ordre à la présidence, soulignant que sa décision n’avait « pas du tout » désamorcé la crise. Cette aggravation de la situation est intervenue alors que plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Erevan pour le troisième jour d’affilée, afin d’obtenir la démission du Premier ministre, critiqué pour la défaite dans la guerre de l’automne 2020 au Haut-

Karabakh. Le pays traverse une crise politique depuis que M. Pachinian a accepté en novembre, contraint et forcé, l’accord de paix proposé par Moscou, entérinant ainsi une défaite humiliante face à l’Azerbaïdjan.

La crise qui couvait depuis lors a connu jeudi dernier un spectaculaire rebondissement avec l’appel de l’état-major à la démission de M. Pachinian. Celui-ci a alors dénoncé une tentative de coup d’État, ordonné le limogeage du chef de l’armée, Onik Gasparian, et réuni quelque 20 000 de ses partisans dans la capitale Erevan. L’opposition a répondu jeudi et vendredi en rassemblant des milliers de manifestants pour exiger la démission de M. Pachinian.

Samedi, les manifestants ont à nouveau défilé dans le centre d’Erevan, tandis que de nombreuses personnes les encourageaient à leur fenêtre ou depuis leur balcon. En début de soirée, le cortège est arrivé devant le Parlement, où certains manifestants ont établi un campement. Environ 5 000 manifestants s’y étaient rassemblés plus tôt dans la journée, appelant les parlementaires à agir. « Pachinian doit partir pour le bien de notre pays, car il est très affaibli aujourd’hui. Personne ne le prend au sérieux », a indiqué Vera Simonyan, une manifestante de 28 ans.

Accord humiliant

L’ancien Premier ministre Vazgen Manoukian, qui a été cité par l’opposition pour remplacer Nikol Pachinian, a indiqué à la foule qu’il s’attendait à ce que la crise politique soit « résolue d’ici deux à trois jours ». « Aujourd’hui, Pachinian n’a pas de soutien. J’appelle les services de sécurité et la police à rejoindre l’armée, à soutenir l’armée », a-t-il ajouté. Nikol Pachinian « doit être tenu responsable pour la défaite lors de la guerre, pour la signature d’un accord humiliant », a déclaré lors de la manifestation de samedi Arut Zakaryan, un serrurier de 53 ans.

Le Premier ministre arménien, arrivé au pouvoir en 2018 à la faveur d’une révolution pacifique, est visé par des appels à la démission depuis la défaite dans la guerre pour le contrôle de la région du Haut-Karabakh, en novembre dernier. À l’époque, confrontée au risque d’une débâcle, l’armée avait demandé au chef du gouvernement d’accepter un cessez-le-feu négocié par le président russe Vladimir Poutine et qui impliquait d’importantes pertes territoriales pour Erevan. Si l’essentiel de la région séparatiste arménienne du Haut-Karabakh a survécu, l’Arménie a perdu la ville symbolique de Choucha, ainsi qu’un glacis de territoires azerbaïdjanais entourant la région. En six semaines, la guerre a fait environ 6 000 morts.

L’armée soutenait jusqu’à présent le Premier ministre, mais l’a lâché la semaine dernière, après le limogeage d’un haut gradé ayant critiqué les déclarations de M. Pachinian selon lesquelles la défaite était en partie due à l’inefficacité d’un système d’armement russe, les lance-missiles Iskander. L’état-major arménien a alors réclamé la démission de M. Pachinian, jugeant qu’il n’était « plus en mesure de prendre les décisions qui s’imposent ».

Source : AFP


Le président arménien Armen Sarkissian a refusé de signer l’ordre du Premier ministre limogeant le chef de l’armée, aggravant ainsi un peu plus la crise politique que connaît le pays, où plusieurs milliers de personnes ont à nouveau manifesté. « Le président, dans le cadre des pouvoirs que lui confère la Constitution, a renvoyé le texte (ordonnant le limogeage du chef de...

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